Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015

Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015

30 mai - 20 juin

Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015

Correa, à coeur vaillant...

Angel Correa of Argentina takes a breath during a match between Argentina and Paraguay
© Getty Images

À première vue, le milieu de terrain argentin Angel Correa ne paie pas de mine. De taille modeste, il est plutôt du genre taciturne en dehors des terrains. Mais lorsqu'on lui met un ballon dans les pieds, ce n'est plus le même. Sur un terrain de football, le natif de Rosario est capable de tout, comme par exemple réduire au silence un stade Centenario de Montevideo plein à craquer. Petit rappel des événements : l'Argentine affronte l'Uruguay en finale du Championnat d'Amérique du Sud U-20. D'abord menée par le frère ennemi, l'Albiceleste égalise. À neuf minutes du terme, Correa fausse compagnie aux défenseurs charruas, contrôle la passe, pivote et arme une frappe imparable pour le portier uruguayen.

Douze ans après son dernier triomphe, l'Argentine retrouve le sommet continental de la catégorie. "Tous les éléments étaient contre nous, mais nous avons réalisé une belle compétition que nous avons eu la chance de remporter. Ça a été un grand moment", explique à FIFA.com le milieu argentin, qui mettait fin de la plus belle des manières à six mois de souffrances et d'incertitudes : "J'étais resté un bout de temps sur le carreau. Ça ne m'était jamais arrivé d'être immobilisé pendant aussi longtemps, que ce soit pour une blessure ou pour autre chose. Cela m'a fait énormément de bien de rejouer au football".

La pensée positive
Six mois plus tôt, le milieu avait découvert qu'il souffrait d'une tumeur cardiaque, qui l'a obligé à passer sur le billard et qui aurait pu mettre fin à une carrière prometteuse. "Le jour de l'opération, j'ai pensé aux conséquences désastreuses que cela pourrait avoir pour moi et ma famille au cas où je ne pourrais plus jouer", se souvient-il. Un coup dur pour Correa alors que tout semblait lui sourire : une finale de la Copa Libertadores à disputer avec San Lorenzo et un transfert en direction de l'Atlético de Madrid.

Au bout du compte, il a assisté de loin au sacre du Ciclón et il a dû remettre à plus tard ses débuts avec les Colchoneros. Mais l'essentiel est ailleurs : l'opération a été un succès. Correa semble faire partie de ceux qui voient le verre à moitié plein : "Ça a été difficile, mais je pense que si j'avais continué à jouer, il aurait pu m'arriver quelque chose de très grave. Heureusement pour moi, cette tumeur a été détectée à temps". Un sourire se dessine sur son visage. Angelito est décidément du genre à positiver : "Comme je le dis souvent, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort".

Des épreuves, le milieu de l'Albiceleste en avait déjà vécues. À l'âge de 12 ans, il quitte Rosario pour intégrer le centre de formation de San Lorenzo. Peu de temps après, il doit affronter le décès de son père et de l'un de ses frères. Dans ces circonstances difficiles, le soutien de sa mère Marcela a été absolument déterminant. Maintenant que les problèmes de santé ne sont plus qu'un mauvais souvenir, Correa peut savourer doublement son titre de meilleur joueur du Championnat d'Amérique du Sud. Quant à Marcela, elle sera en première ligne pour aider son rejeton à relever son prochain défi : guider l'Argentine vers un septième sacre en Coupe du Monde U-20 de la FIFA. "Ma mère et mon petit frère vont m'accompagner en Nouvelle-Zélande. Ça va beaucoup m'aider, même si je sais que la concurrence sera extrêmement rude", confie l'intéressé, conscient de la tâche qui l'attend.

Un événement unique
"Des Coupes du Monde des moins de 20 ans, on n'en joue qu'une dans sa vie. C'est un événement unique et l'Argentine devra y faire honneur. Nous tâcherons de faire aussi bien qu'en Uruguay et d'en profiter au maximum. Nous devrons être plus soudés que jamais", souligne le capitaine.

Absente de l'édition 2013, l'Argentine fait figure de favorite cette année. Sa réussite en terre néo-zélandaise dépendra en grande partie des performances de Correa et de sa capacité à combiner avec l'avant-centre Giovanni Simeone, le fils de Diego. Au cours des qualifications, les deux joueurs ont affiché une belle complémentarité. "C'est vrai qu'on s'entend bien sur le terrain, mais ça n'a rien à voir avec le fait que son père soit mon entraîneur à Madrid. On se connaît depuis qu'on est enfants, et on a très souvent joué l'un contre l'autre en catégories de jeunes, lors des matches entre River Plate et San Lorenzo. Et ça ne plaisantait pas", sourit-il.

La Coupe du Monde U-20 de la FIFA a été un tremplin pour de nombreuses icônes du ballon rond et ce ne sont pas les fans argentins qui diront le contraire. On ne compte plus les stars albicelestes qui ont explosé lors de cet événement : Diego Maradona en 1979, Juan Román Riquelme en 1997, Javier Saviola en 2001, Lionel Messi en 2005 et Sergio Agüero en 2007. La Coupe du Monde U-20 2015 sera-t-elle celle de Correa ? "Je croise les doigts. Espérons que tout se passe bien", relativise-t-il. Avant de conclure : "Mon seul objectif est de remporter la compétition. Le reste n'a pas d'importance".

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