Coupe du Monde U-20 de la FIFA, République de Corée 2017

20 mai - 11 juin

Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015

D'Areola à auréolé

© Getty Images

* *"Mettez vos tirs au but, je vais faire le boulot de mon côté". Ces mots sont ceux d’Alphonse Areola, un 13 juillet 2013, jour de finale de Coupe du Monde U-20 de la FIFA à l’Ali Sami Yen Arena d’Istanbul. France et Uruguay n’ont pas réussi à se départager dans le temps réglementaire (0:0), mais le gardien des *Bleuets *a manifestement décidé de prendre les choses en main à quelques secondes du début de la séance fatidique des penalties. Il plonge sur sa droite pour repousser la tentative du premier tireur, puis répète le même geste pour stopper celle du second Uruguayen. La France devient championne du monde et lui un héros.
 
"Un héros ? Je ne sais pas… J’ai en tout cas le sentiment d’avoir fait un gros truc, d’avoir accompli un bel exploit : sortir deux penalties comme ça, en finale, après un match plein… On se sent fort après ça !", raconte-t-il, deux ans plus tard, au micro de FIFA.com. "Mais cela reste un travail collectif. Les penalties, il faut savoir les arrêter, mais il faut aussi les mettre ! Et puis, une séance de tirs au but, c’est toujours un peu la loterie. Et ce jour-là, j’ai gagné le gros lot !"

Rien ne sera effectivement plus comme avant pour Areola, Paul Pogba, et autres Geoffrey Kondogbia. Fini l’anonymat. Le sacre transforme instantanément ces espoirs en stars. "Honnêtement, ça a changé ma vie !", confirme le gardien français. "On acquiert un autre statut. On est tout de suite davantage médiatisé, on passe soudainement moins inaperçu dans la rue. Et surtout, ça ouvre des portes…"

Troisième gardien du Paris Saint-Germain à l’époque, Alphonse Areola est ainsi prêté dans la foulée de son titre mondial. Il se voit d’abord confier les cages du RC Lens, monument du football français alors en péril. Auteur d’une saison exemplaire ponctuée d’un titre de meilleur gardien de Ligue 2, il contribue activement à le faire remonter en Ligue 1. En quête d’un successeur à l’international Mickaël Landreau, parti à la retraite, Bastia obtient à son tour le prêt du portier d’origine philippine pour la saison 2014/15. Aréola y conclut une saison plus qu’honorable avec une douzième place de Ligue 1 à la clé, mais surtout une finale de Coupe de la Ligue.

"C’est exactement la progression que je souhaitais. Après cette Coupe du Monde, l’objectif était de gravir les étapes une à une, sans vouloir les griller. C’est ce que j’ai fait", analyse-t-il, sans savoir à l’heure actuelle, où l’avenir le conduira pour la saison prochaine. "Je suis dans l’inconnu. Mais ce qui m’importe, c’est de jouer, de pouvoir enchaîner les matches et ainsi favoriser ma progression. Le choix de ma future destination ne se fera qu’en fonction de cela."

Le discours est sage malgré les 22 ans - seulement - de l’intéressé. Si Areola affiche une telle maturité c’est aussi parce qu’il a récemment connu les joies de la paternité : "C’est arrivé le 5 mai dernier. Un sacre en Coupe du Monde change la vie, mais on peut dire que ça aussi !", se marre-t-il. "Ça donne des ailes ! Je n’ai malheureusement pas l’opportunité de partager le quotidien de ma femme et de ma fille, restées à Paris, mais j’y monte dès que l’occasion se présente pour profiter d’elles et de chaque moment."

Des bains turcs au grand bain
Paris, voilà un autre challenge pour Areola. Il y est né, y a grandi, et en a porté les couleurs du club dès ses 13 ans avant donc d’être prêté ces deux dernières saisons : "Je suis un enfant de Paris, j’ai toujours été supporteur du PSG. Quand j’ai signé à Paris, c’était un rêve qui devenait réalité. Pour l’instant, ce que je recherche en priorité, c’est du temps de jeu, mais bien sûr jouer au PSG reste parmi mes objectifs de carrière." Tout comme l’équipe de France… "J’y pense, mais ça ne passera que par de bonnes performances, de la régularité, et donc du temps de jeu."

Pogba, Kondogbia, Lucas Digne, Kurt Zouma : Certains de ses anciens partenaires chez les U-20 ont d’ores et déjà ouvert la voie. Sous les couleurs de la Juventus, de Monaco, du PSG et de Chelsea respectivement, ces acteurs majeurs de la Coupe du Monde de la FIFA U-20 2013 sont passés instantanément des bains turcs au grand bain, riches d’expérience en Ligue des champions de l’UEFA. Pogba va même en disputer la finale, dans quelques jours : "Paul est très, très, très fort ! Techniquement, physiquement, mentalement, il a tout pour réussir. Il le montre à chaque sortie. On est content pour lui : il mérite vraiment tout ce qu’il lui arrive", souffle Areola.

L’hommage du gardien à son capitaine U-20 est du reste révélateur de l’ambiance qu’il pouvait régner dans le groupe sacré champion du monde. Son meilleur souvenir de la compétition également : "Paradoxalement, le moment le plus fort a été pour moi celui qui a précédé notre entrée en lice : ce moment précis où on s’est regardé dans les yeux en se disant qu’on allait remporter ce trophée… et c’est ce qu’on a fait !", confie Areola, avant de conclure : "La clé de notre succès, ça a été la solidarité entre nous." Ils ont mis leurs penalties, lui a fait le boulot de son côté, et la France a gagné.

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