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Championnat du Monde Juniors de la FIFA 2005

Francisco Ferraro, l’héritier <i>albiceleste</i>

Triple championne du monde Juniors au cours des dix dernières années, l'Argentine est candidate au titre à chaque rendez-vous mondial de la catégorie. L'absence de Hugo Tocalli, qui a rejoint José Pekerman dans le staff technique de l'équipe A, fait toutefois planer le doute sur l'avenir des jeunes Albiceleste.

L'ancien entraîneur a choisi Francisco Ferraro pour le remplacer sur le banc. Fort de sa grande expérience avec les Juniors et les équipes professionnelles, ce technicien renommé ne vise pas moins que la victoire pour son premier rendez-vous mondial. A quelques jours du voyage, "Pancho", comme on le surnomme dans le milieu, s'est livré à FIFA.com sur cette nouvelle expérience, ses attentes et ses impressions à l'approche du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005.

Monsieur Ferraro, quel bilan faites-vous de ces premiers mois aux commandes de la sélection Juniors ?Je dois avouer que je suis très heureux. Je suis allé avec l'équipe au tournoi de qualification sud-américain, en Colombie, pour me familiariser avec ses méthodes de travail et partager l'intimité du groupe. Se rapprocher des joueurs, partager leur logement, leurs discussions, leurs repas : ça ne s'apprend ni dans les livres ni à la télévision. Ça a été, pour moi, une expérience très enrichissante. En ce qui concerne le poste d'entraîneur lui-même, je suis plus que satisfait. Je travaille avec des gens capables, à la tête d'un excellent groupe. Je suis extrêmement fier que l'on m'ait choisi pour ce poste.

L'Argentine a été l'une des protagonistes des dernières éditions du Championnat du Monde Juniors de la FIFA. Cela représente-t-il, pour vous, une pression supplémentaire à l'approche du tournoi ?Il y a une pression, mais je parlerais plutôt de pression positive. Ça ne va pas non plus m'empêcher de dormir. Au contraire, ça me donne envie de me mettre au travail. Participer à un Championnat du Monde et avoir dans sa sélection les meilleurs joueurs d'un grand pays, c'est une expérience formidable. Bien sûr, quand on joue pour l'Argentine, on est obligé de gagner, même en match amical.

En phase de groupe, vous affronterez l'Allemagne, l'Egypte et les Etats-Unis. Vous avez déjà joué contre certaines de ces équipes en tournoi amical. Pouvez-vous nous en dire plus ?Nous avons perdu 2:1 face aux Etats-Unis. Ils sont très ordonnés et jouent un très bon football. Ils savent ce qu'ils veulent et prennent des risques. C'est une équipe en plein essor, qui a, de plus, intégré des individualités aux gestes techniques impressionnants. L'entraîneur m'a confié qu'il lui manquait cinq joueurs du groupe qui s'est qualifié. Pour nous, c'était le contraire. Nous sommes allés à ce tournoi avec à peine cinq des joueurs ayant participé au tournoi de qualification.

Nous avons battu l'Egypte 4:0, mais elle n'en reste pas moins une très bonne équipe. Elle développe un jeu très direct, concentré en milieu de terrain et monte rapidement pour faire le pressing. Ça a été une bonne expérience de jouer contre ces deux équipes, mais je pense que ce tournoi n'a révélé qu'une partie de leur potentiel.

Et que pouvez-vous nous dire de l'Allemagne ?On a beau dire que les Européens sont de moins en moins présents dans ce type de tournoi, je ne suis pas d'accord. Une fois qu'ils sont qualifiés, ils ne lâchent pas le morceau. Ils ne viendront pas en simples spectateurs. Nous sommes, a priori, dans un groupe difficile. Une fois le Championnat terminé, j'aimerais pouvoir dire : "ça n'a pas été facile !".

Quels sont vos pronostics quant au vainqueur du titre ?Pour tout vous dire, je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire avec certitude quels pays seront en lice pour les premières places. Au vu des statistiques et des éditions précédentes, on connaît déjà les équipes qui peuvent arriver à ce stade. Mais, à l'heure qu'il est, rien n'est joué. Je ne veux pas rendre de jugement avant le début du Championnat.

Avoir une sélection Juniors formée de joueurs professionnels était auparavant un avantage. Ils sont, aujourd'hui, beaucoup moins disponibles pour les sélections nationales. Serait-ce devenu un handicap ?

Dans l'idéal, je souhaiterais avoir tous mes joueurs quarante jours avant le début du Championnat pour travailler et perfectionner certaines choses. Mais, à l'heure qu'il est, ils jouent avec leurs équipes pour le maintien en première division ou la Copa Libertadores. Je ne peux donc pas compter là-dessus. Je pense qu'il faut respecter le travail des autres entraîneurs, dans les clubs, et composer avec cet élément. Ce n'est pas un hasard si je travaille aujourd'hui avec un groupe totalement différent de celui qui a décroché la qualification. Ces footballeurs peuvent nous être utiles au moment décisif.

Vous avez beaucoup travaillé avec des équipes professionnelles. Quelles sont les principales différences entre une équipe professionnelle et une sélection Juniors pour un entraîneur ?Les footballeurs d'une équipe professionnelle ont entre 18 et 34 ans. En Juniors, ce sont tous de jeunes garçons, et il y a toujours de quoi faire dans le groupe, tant sur le plan footballistique que sur le plan humain. J'essaie en général de donner un enseignement à chaque joueur, même les plus âgés. En Juniors, c'est différent. Je m'efforce de beaucoup discuter avec les garçons et d'insister sur leurs qualités et leurs défauts. Ils n'ont pas encore développé leur jeu et sont ouverts aux suggestions. Ils peuvent enregistrer ces données, comme le ferait un ordinateur que l'on programme. Ils développeront ensuite tout cela au cours de leur carrière.

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