Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015

30 mai - 20 juin

Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015

Jean, les gants dans le sang

© Getty Images

Le Portugais Raphael Guzzo avait l'habitude de frapper ses pénalties au centre. Il l'avait fait une fois, deux fois, trois fois. Le dimanche 14 juin est arrivé et il a dû se charger du deuxième tir au but de la série face au Brésil à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015. Le Portugal et le Brésil étaient à 1:1 et sa réussite pouvait donner l'avantage aux siens. "Pourquoi changer ?", a dû se dire le milieu de terrain. "Pourquoi changer ?", a également dû penser Jean, le gardien brésilien, qui a donc imaginé une parade tout en simulant une autre.

"Dès le début de sa course d'élan, je n'ai eu aucun doute", confie à FIFA.com le principal artisan  de la qualification brésilienne pour les demi-finales. "J'ai analysé plusieurs tireurs avant le match. Lui, il avait tiré ses trois derniers pénalties au centre, donc j'ai feint un plongeon sur un côté et je suis resté au centre". Il a donc pu s'emparer calmement du ballon, malgré la bruine qui lui mouillait les gants et le visage. "C'est sans doute le meilleur jour de ma vie de gardien", estime-t-il.

Jouer en équipe nationale représente "un défi totalement différent", indique celui qui a récemment conquis le Campeonato Baiano avec Baía, où il a débuté il y a quelques mois. Jean est d'autant plus heureux que la victoire s'est construite dans la douleur, le Brésil n'ayant pas vraiment dominé pendant les 120 minutes de match. "On a eu de la chance. Mais un gardien doit en avoir et, aujourd'hui, je ne peux pas me plaindre !", savoure-t-il, arborant un sourire franc et radieux, avant d'avouer : "Ils ont eu énormément d'occasions. Parfois j'ai fait de bonnes interventions, parfois ce sont eux qui ont vendangé, mais on a réussi à forcer les tirs au but et décrocher la victoire".

Héritage, invincibilité et vidéos
Face à sa réussite actuelle, on peut se demander ce qu'il serait arrivé si, à 12 ans, il avait décidé de poursuivre sa carrière de milieu gauche au Futsal au lieu de chausser les gants. Mais Jean Paulo Fernades est le fils de Jean Carlos Fernandes, idole de Baía et remplaçant de Dida à Cruzeiro lors de la victoire à la Copa Libertadores 1997. "Je l'accompagnais souvent à l'entraînement. Je suis tombé amoureux du poste", se souvient-il. "Mais nous sommes un peu différents. Ma technique est proche de la sienne, mais le style a beaucoup changé. Je suis un gardien moderne, je joue avec les pieds et je suis rapide, agile. Et puis je me place bien sur la ligne de but", décrit-il sans aucune timidité.

Le jeune homme semble obsédé par sa progression. De fait, loin de se limiter aux vidéos que lui propose l'entraîneur des gardiens, il en cherche par lui-même. "J'en regarde beaucoup. Il y a souvent Manuel Neuer, qui est un emblème aujourd'hui. Je regarde aussi Dida sur des séances de tir au but. Les penalties sont très importants lors d'une Coupe du Monde. J'en ai beaucoup regardés pour comprendre quelles sont les qualités nécessaires et essayer de les mettre en pratique".

L'une des leçons qu'il semble avoir le mieux retenue est celle de la cohabitation avec l'erreur. D'ailleurs, Jean en a commis une belle dans cette épreuve. Au premier tour, une frappe du Hongrois Bence Mervo lui a glissé entre les mains et a fini sa course au fond des filets. Sans conséquence finalement, la Seleçao l'emportant 1:2. "J'essaie de penser toujours à la suite. Oui, c'est arrivé, c'est vrai. Mais c'est passé et j'ai dû le digérer pour aller de l'avant et mieux me projeter", assure-t-il. En cet après-midi froid et pluvieux de Hamilton, c'est Jean qui a endossé le costume du héros. Raphael Guzzo le sait bien : il a d'ailleurs reconnu qu'il ne frapperait plus jamais un penalty au centre. 

Le gardien a si bien digéré cette boulette qu'il en est à 412 minutes sans encaisser de buts, ce qui le situe au sixième rang dans l'histoire de la Coupe du Monde U-20, à 163 minutes du record de Portugais Mika à Colombie 2011. "Cela fait pas mal de minutes, mais le mérite ne me revient pas exclusivement, loin de là. C'est tout le groupe qui fait des efforts pour ça. Parfois, c'est moi qui les sauve, parfois ce sont les défenseurs, mais c'est le fruit d'un travail collectif".

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