• Yangel Herrera a signé le but historique du Venezuela face au Japon
  • Il a été capitaine de toutes les sélections depuis la catégorie U-15
  • Il a été recruté en février par Manchester City, qui l'a prêté au New York City FC

À la 108ème minute, malgré ses jambes en plomb, la chaleur, la tension liée à l'enjeu d'une qualification historique, le stress à l'approche des tirs au but, Yangel Herrera a su garder la tête froide et conserver toute sa lucidité. Il a réfléchi et il a agi. Il a vu qu'avant chaque corner, on l'attendait au premier poteau.

"J'ai dit à Nahuel Ferraresi d'attaquer cet espace pour attirer mon vis-à-vis au premier poteau. Ainsi je me suis retrouvé seul face au but. Quand j'ai vu les filets trembler… c'est une émotion indescriptible, un rêve trop beau. Je suis fou de joie", s'exclame Herrera au micro de FIFA.com, après avoir offert au Venezuela sa première qualification pour les quarts de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA.

Ce n'est pas la première fois qu'il marque à point nommé. Dans le championnat sud-américain, il a égalisé, là aussi de la tête, à la 89ème minute d'un match contre le Pérou, pour décrocher un nul qui a permis aux siens d'accéder à la phase finale. "Nous travaillons beaucoup les ballons arrêtés pendant les entraînements. Nous avons préparé différentes tactiques", explique-t-il. "Nous avons un excellent tireur de coups de pied arrêtés, Ronaldo Lucena. Le ballon suit toujours une trajectoire directe vers la surface. Je sais où il peut tomber et je fonce."

Des soutiens de poids
Herrera orchestre le jeu depuis son poste de milieu dans le 4-2-3-1 de Rafael Dudamel. "C'est un leader-né. Il a porté le brassard en U-15 et U-17, et aujourd'hui, il termine brillamment sa carrière chez les jeunes en tant que capitaine des U-20", commente le sélectionneur, qui l'a convoqué chez les seniors dans le cadre de la Copa América Centenario 2016, et pour deux matches de qualification pour Russie 2018.

"Je l'ai mérité, j'ai travaillé dur et j'aime assurer le capitanat", affirme Herrera, qui n'a que 19 ans. "J'observe beaucoup les personnes qui imposent le respect, qui ont de l'autorité sur et hors du terrain. Et nous avons un préparateur qui donne aux cadres des cours sur le leadership pour que nous sachions comment nous comporter dans le groupe".

Son talent aurait pu rester dans l'ombre à l'Atlético Venezuela, si les recruteurs de Manchester City ne l'avaient repéré. Il a rejoint les Citizens en février dernier, avant d'être prêté au New York City FC. Fin avril, deux mois après son arrivée en MLS, Patrick Vieira l'a titularisé à la place d'Andrea Pirlo, dans une rencontre qui l'a vu inscrire l'un des deux buts de la victoire.

"Vieira et Pirlo m'ont énormément aidé. J'ai découvert un niveau de jeu nettement plus élevé à l'étranger. Je vais devoir beaucoup progresser pour parvenir à me faire une place", confie-t-il, avant de révéler que l'entraîneur français, l'Espagnol David Villa et l'Argentin Maxi Moralez lui ont envoyé des messages pour lui souhaiter bonne chance dans le tournoi. "Je suis très ému qu'ils s'intéressent à moi et à ma carrière. Nous avons un groupe génial et des joueurs talentueux, alors nous rêvons et nous avons confiance. Nous sommes conscients de pouvoir être champions du monde."