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La FIFA et l’UNODC misent sur la coopération pour lutter contre la menace liée au crime

En signant un protocole d’accord majeur à Vienne ce lundi, la FIFA et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) ont conjointement réaffirmé leur engagement à lutter contre les menaces que le crime fait peser sur le sport, tout en mettant l’accent sur l’importance de la coopération dans ce domaine.

S’exprimant au siège de l’UNODC, à Vienne, la directrice générale de l’UNODC, Ghada Waly, a salué le rôle majeur joué par le football, au moyen notamment du réseau de 211 associations membres de la FIFA.

"Je suis convaincue que le football mondial et les Nations unies forment une alliance formidable pour assurer la promotion du développement et de la paix", a déclaré Ghada Waly, qui est à la tête de la plus importante agence de lutte contre la corruption des Nations unies. "Le football rassemble des joueurs et joueuses de différents pays, différents milieux, différentes ethnies et différentes religions au sein d’une même équipe tournée vers un même objectif. Les stars du football s’extraient de la pauvreté grâce à leur talent et à force de travail pour briller sur la scène internationale. Ce faisant, elles représentent une source d’inspiration, et suscitent un sentiment de fierté et d’appartenance. Il s’agit d’un instrument majeur pour l’autonomisation et l’inclusion des jeunes."

Selon la directrice générale de l’UNODC, la FIFA est un partenaire idéal pour protéger le football et les événements sportifs contre la corruption et le crime. "La puissance réunie par l’UNODC et la FIFA, et leur coopération vont aider les autorités et les organisations sportives à mener des actions efficaces contre la corruption, en s’appuyant sur le robuste socle apporté la Convention des Nations unies contre la corruption ainsi que les nombreuses conventions adoptées par les États parties s’agissant de la protection du sport contre la corruption", a déclaré Ghada Waly.

Cette position a été corroborée par le Président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a assuré que l’UNODC avait trouvé en la FIFA le bon coéquipier. "Je peux assurer l’UNODC de notre soutien total. Il peut compter sur la FIFA, et sur la force et la puissance du football pour atteindre ses objectifs, qui sont aussi les nôtres. Le protocole d’accord n’est pas un simple document pour avoir une belle image. C’est un document que nous allons vivre et que nous vivons déjà au jour le jour. C’est une étape majeure pour la FIFA, un signal fort pour tout le monde car il illustre l’engagement absolu de la FIFA et mon engagement personnel, en tant que Président de la FIFA, à mener une politique de tolérance zéro en matière de corruption dans le football."

En plus de s’attaquer au crime et à la corruption, ce protocole d’accord de grande ampleur envisage aussi des moyens d’utiliser le football comme un outil de renforcement de la résilience des jeunes au crime et à l’usage de substances, au moyen de formations portant sur les compétences psychosociales. "Avec le protocole d’accord, l’UNODC et la FIFA vont travailler avec des fédérations de football nationales et d’autres parties prenantes pour apporter un soutien technique aux États Membres afin qu’ils aient recours à un apprentissage axé sur le football et le sport pour lutter contre la violence criminelle et l’usage de substances", a expliqué la Directrice générale de l’UNODC.

La coopération entre la FIFA et l’UNODC portera également sur la protection des enfants et des jeunes sportifs contre la violence et l’exploitation, au moyen de programmes comme FIFA Guardians, qui utilisent également les bienfaits du sport pour les femmes et les jeunes filles, en vertu des résolutions de l’ONU.

"Nous sommes conscients que le sport et le football n’échappent malheureusement pas aux problèmes de maltraitance," a déclaré le Président de la FIFA. Gianni Infantino a ajouté que l’instance lance un processus de consultation auprès des organisations sportives, des autorités intergouvernementales, des États et des agences spécialisées avec l’objectif de mettre sur pied une entité internationale indépendante, multisport et pluri-institutionnelle habilitée à recevoir et examiner les affaires de maltraitance dans le sport. "C’est un sujet que nous occultons depuis trop longtemps. Il est temps de commencer à l’ouvrir au grand jour. Je propose d’étudier ensemble la création d’une agence indépendante, une entité mêlant organes sportifs, et organisations institutionnelles, gouvernementales et internationales, qui veille à ce que nos enfants qui veulent faire du sport puissent le faire dans un environnement sain et agréable."

La nouvelle entité proposée par le Président de la FIFA cherchera à s’appuyer sur une structure hiérarchique de confiance ; à créer un groupe d’experts pouvant être rapidement mobilisés afin de proposer une gestion des cas spécialisée et un soutien aux victimes, aux témoins et aux lanceurs d’alerte ; et à mettre en place des sanctions et mesures disciplinaires normalisées, et des processus d’identification afin de veiller à ce que les auteurs de ces actes ne puissent pas sévir dans plusieurs régions et plusieurs sports, ou échapper à la justice.

Ghada Waly a également salué les initiatives que la FIFA a déjà prises dans la promotion de l’égalité entre les sexes et le soutien du développement du football féminin dans le monde. "Par son rôle moteur, la FIFA a contribué à impulser et mener un changement positif. J’espère qu’ensemble, nous pourrons nous appuyer sur cette dynamique afin de continuer à faire tomber les barrières liées au sexe, et à autonomiser les femmes et les jeunes filles. J’invite nos partenaires de la FIFA à nous accompagner dans ces efforts. L’UNODC est là pour vous aider, pour préserver l’intégrité du football et permettre à tout le monde de le pratiquer."