Football Féminin - Angleterre

Riise-Wilkinson, deux monuments pour les Trois Lionnes

Head coach Rhian Wilkinson of Canada gestures
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  • Hege Riise et Rhian Wilkinson prennent les rênes de l’Angleterre
  • Les deux anciennes joueuses sont devenues entraîneurs
  • Que vont-elles apporter aux Lionnes pendant cette période d’intérim ?

Après le départ de Phil Neville et en attendant d’accueillir Sarina Wiegman, l’Angleterre se tourne vers Hege Riise et Rhian Wilkinson, deux légendes du football féminin, respectivement en Norvège et au Canada.

Riise, la plus aguerrie, a collectionné les titres collectifs et des récompenses individuelles. Récemment, elle s’est distinguée sur le banc en offrant au LSK Kvinner de Lillestrøm six titres de champion d’affilée, ce qui lui a valu d’être nommée au titre de The Best – Entraîneur de la FIFA pour le football féminin 2020, finalement remporté par Wiegman.

Un changement de style devrait s’opérer avec l’arrivée de la technicienne de 51 ans, ancienne adjointe de Pia Sundhage en équipe nationale des États-Unis et ex-sélectionneuse des U-23 norvégiennes, qui n’a pas grand-chose à voir avec Phil Neville, un homme débordant de confiance. L’Américaine Carli Lloyd, qui a joué sous l’égide de Riise, décrit la Norvégienne comme une femme "un peu timide, qui parle peu" avant d’ajouter : "Mais quand elle s’exprime, les mots sont justes et utiles. Ses commentaires sont précieux. Quand elle doit transmettre une idée, elle n’y va pas par quatre chemins. Si tu as un problème et que tu vas la voir, elle a toujours les bons mots."

Cette description, Riise l’a confirmée elle-même dans un entretien avec FIFA.com. "Je suis un entraîneur qui écoute plus qu'elle ne parle", assure-t-elle. "Je cherche à impliquer mes joueuses dans les décisions, à les mettre en confiance et à leur apporter une certaine sérénité sur le terrain. J'aime être proche de l'équipe et je suis toujours disponible pour discuter avec les filles, pas seulement d'entraînement et de football, mais de tout. J’estime que c’est ma responsabilité d’apporter quelque chose à chaque joueuse avec qui je travaille et de les faire progresser d’une manière ou d’une autre. C’est ça, pour moi, le métier d’entraîneur."

Riise a évoquait alors son envie d’entraîner à nouveau une sélection et de retrouver la scène internationale. "J'ai aussi toujours eu l'ambition de prendre les rênes d'une équipe nationale dans une Coupe du Monde ou un UEFA EURO. Ces compétitions prestigieuses sont la seule chose qui me manque depuis que j'ai quitté le terrain."

Hege Riise.

HEGE RIISE EN BREF

Plus d'une corde à son arc

Wilkinson connaît bien les qualités de Riise. Pour elle, c’est un "privilège" de retrouver l’entraîneur qui l’a dirigée au milieu des années 2000 au LSK Kvinner (alors connu sous le nom de Team Strømmen). Aujourd’hui âgée de 38 ans, Wilkinson a elle aussi connu une belle carrière de joueuse : 181 sélections avec le Canada et la médaille de bronze aux Tournois Olympiques de Football Féminin 2012 et 2016.

Si Riise, maestro du milieu de terrain, avoue être dotée d’une bonne lecture du jeu ("Je voyais le match presque au ralenti", dit-elle), Wilkinson se montre plus modeste dans la description de ses propres qualités. "Moi, je n’avais qu’une corde à mon arc : je passais le ballon à Christine Sinclair", plaisante-t-elle.

Jusqu’à la semaine dernière, Wilkinson était sélectionneuse adjointe de l’équipe féminine A du Canada en plus d'en diriger les équipes de jeunes. Elle est également passée par le Programme de mentorat des entraîneurs de la FIFA où elle était guidée par l’ancienne sélectionneuse de l’Angleterre, Hope Powell.

Head coach Rhian Wilkinson of Canada poses for a portrait
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RHIAN WILKINSON EN BREF

Rhian Wilkinson #7 of Canada competes for the ball
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Caractère et talent

Sous la direction de Wilkinson, les U-17 canadiennes ont terminé quatrièmes à la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2018. Motivée par ce succès, elle a posé sa candidature au poste de sélectionneuse de l’équipe A après le départ de Kenneth Heiner-Møller. "Canada Soccer a estimé que je n’étais pas prête", explique Wilkinson tout en chantant les louanges de Beverly Priestman, la candidate finalement retenue, et qui avait demandé à Wilkinson de rester au sein de son staff.

Mais son envie de liberté était plus forte. "Comme quand j’étais joueuse, j’ai remarqué qu’il fallait parfois prendre des décisions difficiles. Il faut parfois sortir de sa zone de confort, apprendre auprès d’autres personnes et se lancer des défis", explique celle que Heiner-Møller décrit comme un entraîneur ayant "un excellent caractère, un grand talent".

En attendant l'arrivée de Wigman, ce sont donc deux anciennes grandes joueuses qui auront la responsabilité de diriger certaines des meilleures joueuses actuelles, notamment Lucy Bronze, récemment élue The Best - Joueuse de la FIFA.

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