Football Féminin - Pays-Bas

Van de Sanden : "Je suis une joueuse faite pour les finales"

Shanice van de Sanden and Lyon celebrate victory in the UEFA Women's Champions League final
© imago images
  • Shanice van de Sanden évoque son parcours atypique dans le football
  • Elle parle des ambitions lyonnaises au mois d'août
  • L'année 2023 sera "énorme" selon l'attaquante néerlandaise

Quand elle danse, la troupe des OranjeLeeuwinnen danse. Quand elle entre quelque part, son sourire éclaire la pièce. Et quand elle n'arbore pas l'uniforme orange des Pays-Bas, elle semble tout juste sortir d'une séance de photos de mode. Mais Shanice van de Sanden fait également parler sa créativité sur le terrain. Née dans la même ville que Wesley Sneijder et Marco van Basten, elle a offert cinq passes décisives lors de ses deux participations à la finale de la Ligue des champions féminine de l'UEFA, pour une moyenne d'une passe décisive toutes les 17,6 minutes.

Une nouvelle finale de coupe attend l'Olympique Lyonnais et Van de Sanden le 9 août face au Paris Saint-Germain en Coupe de France, avant un quart de finale européen face au Bayern Munich à la fin du mois d'août. Van de Sanden a discuté avec FIFA.com des ambitions de son club, de ses occupations pendant le confinement, de son amour pour les passes décisives, des supporters des Pays-Bas, des Jeux Olympiques de Tokyo et de la prochaine édition de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™.

Shanice, pour commencer, comment vous êtes-vous entretenue pendant le confinement ?

Il y avait pas mal de filles de l'équipe nationale ici aux Pays-Bas – Jill Roord, Lieke Martens, Danielle van de Donk, Sari van Veenendaal, Kika van Es, Inessa Kaagman, Danique Kerkdijk et quelques autres – donc on s'est entraînées ensemble. On était 10 ou 11, c'était plutôt sympa. Même si on devait rester à 1,5 m de distance, on a pu se faire des centres, des passes ou courir. Ceci dit, ça a quand même été difficile de rester en forme. On peut faire ce qu'on a fait ou aller courir un 5 km, mais ce n'est pas comme un vrai entraînement de foot. Mais si on a le bon état d'esprit, ça va. On s'est bien amusées. On s'entraînait deux fois par semaine ensemble, les autres jours, j'allais courir et je faisais du renforcement physique à la maison.

Comment vous êtes-vous occupée autrement ?

Pour être honnête, j'avais besoin de cette pause. C'était dur après la Coupe du Monde et ma vie personnelle a beaucoup changé lors des trois dernières années, donc j'avais besoin de souffler. Ça m'a fait beaucoup de bien et ça m'a aussi permis de prendre le temps de changer d'état d'esprit parce que j'ai eu quelques problèmes l'année passée. On travaille très dur pour se donner à fond sur le terrain et quand ça ne fonctionne pas, on ressent de la colère et de la tristesse. C'est ce qui m'est arrivé après la Coupe du Monde. C'est la raison pour laquelle j'avais vraiment besoin de mon espace pendant le Corona. Je me sens mieux maintenant.

Lyon est rentré dans le bain avec la Coupe de France et la finale se joue contre le Paris Saint-Germain. Comment jugez-vous cet adversaire ?

PSG - Lyon, c'est toujours un grand match. J'ai vraiment hâte d'y être. Le PSG était déjà très solide, mais il a récupéré de nouvelles joueuses. Ramona Bachmann est une joueuse qui peut faire la différence. Kadidiatou Diani et Nadia Nadim sont d'excellentes joueuses offensives. Il y a aussi Formiga au milieu. Le PSG a beaucoup de très bonnes joueuses, mais Lyon dispose de certaines des meilleures joueuses. Ce sera très intéressant de jouer ce match, mais aussi de le regarder.

Vous avez offert cinq passes décisives lors des deux dernières finales de Ligue des champions féminine de l'UEFA. Comment parvenez-vous à vous surpasser dans les grands rendez-vous ?

Je suis une joueuse faite pour les finales. Je suis bien concentrée à chaque rencontre, mais une finale vous donne une motivation en plus. On est si près de gagner un trophée, donc c'est pour ça que je donne tout ce que mon corps a à donner pour mon équipe. Pourquoi ne donnerais-je pas tout ? Je repousse mes limites. Je n'ai besoin de personne pour me pousser. Je sais ce que ça fait de gagner des trophées et j'en veux toujours plus. Parfois, je n'arrive pas à croire que j'ai fait cinq passes décisives en deux finales de Ligue des champions. J'en suis très fière. J'espère que ça arrivera encore et j'espère pouvoir marquer un but aussi.

Une passe décisive vous donne-t-elle autant de plaisir que de marquer ?

Oui, absolument. Si je pars au but, j'ai peut-être l'occasion de marquer, mais si une coéquipière est mieux placée, même un millimètre mieux placée, je vais lui donner le ballon. C'est vraiment important. Ça rapproche les joueuses et ça rend l'équipe plus forte. Je ressens de belles émotions quand je fais une passe décisive, donc pour moi, c'est comme marquer.

Lyon affronte le Bayern Munich en quart de finale de la Ligue des champions. Comment appréhendez-vous cette confrontation ?

C'est une excellente équipe, avec quelques nouvelles joueuses. J'en connais quelques-unes. Elles se sont entraînées pendant le confinement et elles ont repris les matches bien plus tôt que nous. Elles viennent de finir le championnat d'Allemagne, contrairement à la France, donc je pense qu'elles seront au niveau physiquement. Mais on s'entraîne bien depuis un mois maintenant et on sera prêtes pour le match. Ça devrait être un super match.

Étant donné la blessure d'Ada Hegerberg et vu le fait que les rencontres se disputent sur un seul match en Espagne, remporter la Ligue des champions cette année pourrait-il être le plus grand accomplissement de Lyon ?

Oui, je crois bien. D'habitude, si on ne joue pas très bien au match aller, on a la possibilité d'inverser la tendance, mais maintenant, si on perd, on est éliminées de la Ligue des champions. C'est la même chose à l'EURO ou à la Coupe du Monde. Il faudra se mettre dans le rythme. Nous, on se concentre sur le premier match. Ce sera dur contre le Bayern, mais si on gagne le tournoi, ce sera peut-être notre plus grand accomplissement effectivement.

Comment jugez-vous votre coéquipière Ada Hegerberg ?

C'est une grande joueuse. C'est dingue de savoir qu'elle vient seulement d'avoir 25 ans. Elle a accompli tellement de choses ! Elle a été un élément tellement important pour notre équipe et elle l'est encore aujourd'hui, même si elle est blessée. Ça a été dur pour elle, mais elle est forte sur le terrain et en dehors. Elle est vraiment mûre.

Comment avez-vous commencé le football quand vous étiez jeune et qui étaient vos idoles ?

À vrai dire, j'étais plutôt âgée puisque j'ai commencé le foot quand j'avais 12 ans. Un voisin est venu me voir chez ma mère pour me dire : 'Shanice, pourquoi est-ce que tu restes tout le temps à l'intérieur et que tu ne sors jamais te faire des amis ?' Je lui ai dit que je me sentais bien chez moi. Il m'a dit d'essayer le foot. Il a demandé au club de foot du coin s'ils avaient de la place pour une fille et après le premier entraînement, c'était parti. Quatre ans plus tard, je faisais mes débuts pour l'équipe nationale. Quand ma carrière sera terminée, je me dirai : 'C'était une aventure incroyable, les gens rêvent de faire ça'. Mais mon aventure n'est pas encore finie et je veux gagner d'autres trophées. Comme le foot ne faisait pas vraiment partie de ma vie, je n'avais pas vraiment d'idoles quand j'étais petite. En revanche, j'ai énormément de respect pour Cristiano Ronaldo sur le terrain et en dehors. C'est l'une de mes idoles.

Qu'avez-vous pensé de votre expérience en Coupe du Monde Féminine de la FIFA l'an dernier ?

Ça a été une expérience formidable. C'était un très beau tournoi qui a attiré beaucoup d'attention sur le football féminin. Beaucoup de choses ont changé, de façon positive, dans le football féminin depuis le tournoi. C'est quelque chose dont je suis fière. Et je suis très fière de notre deuxième place. C'était une Coupe du Monde relevée, mais on a bien joué et on est allées jusqu'en finale. Je voulais que l'équipe réussisse encore mieux. Je n'ai pas été au top, mais rien n'arrive par hasard. Et cette deuxième place est formidable.

Qu'avez-vous pensé des supporters des OranjeLeeuwinnen à France 2019 ?

On était à l'hôtel, on se concentrait sur nos matches, mais on a vu les photos, les vidéos, tout ça sur les réseaux sociaux. Toutes ces personnes dans la rue, habillées en orange, qui chantaient et qui dansaient. Ça vous donne une certaine motivation, quelque chose en plus pour bien jouer devant vos supporters. C'est quelque chose dont je suis fière. Notre pays est petit, mais nos supporters sont partout.

Avez-vous hâte de disputer les Jeux Olympiques ?

C'est déjà super d'être qualifiées pour les JO. Il va falloir attendre une année de plus, mais j'ai trop hâte. J'ai toujours voulu jouer les JO et ça va arriver. J'ai toujours regardé les JO à la télé. Je regardais tous les sports parce que c'est un tournoi vraiment super.

Les États-Unis sont-ils toujours un niveau au-dessus des Pays-Bas ?

Les Pays-Bas peuvent être à la hauteur, mais les Américaines sont à un autre niveau. Elles ont tellement d'avance sur nous dans certains domaines. Mais sur le terrain, si on arrive à rester concentrées, on peut leur poser des problèmes. JElles gagnent des trophées parce qu'elles ont des joueuses extraordinaires, elles ont beaucoup d'expérience et un soutien incroyable de la part de leur pays. J'espère que ça arrivera dans d'autres pays, mais il faut du temps pour ça.

La prochaine Coupe du Monde aura lieu en Australie et en Nouvelle-Zélande. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

J'ai toujours dit à ma mère et à mes amis que je voulais visiter l'Australie et la Nouvelle-Zélande. J'ai vraiment hâte que cette Coupe du Monde arrive. Ça a va être énorme.

Pour conclure, qui est la meilleure joueuse au monde en ce moment ?

C'est difficile à dire. Megan Rapinoe est une grande joueuse, c'est sûr. Mais Dzsenifer Marozsán, je la vois tous les jours à l'entraînement et elle fait partie des toutes meilleures joueuses au monde. Sa technique est extraordinaire. Elle sait faire de très belles choses.

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