Afrique du Sud

Van Wyk, l'excellence par la polyvalence

Janine Van Wyk of South Africa poses for a portrait during the official FIFA Women's World Cup 2019 portrait session at Royal Barriere Hotel on June 05, 2019 in Le Havre, France. 
© Getty Images
  • La capitaine sud-africaine Janine van Wyk est une figure incontournable dans son pays
  • Elle contribue au développement du football à travers son club et un championnat scolaire
  • Au micro de FIFA.com, elle revient sur la création du JVW FC et sur son avenir

Nombreux sont les footballeurs qui ne veulent pas se contenter de courir, de sauter et de taper dans le ballon. Mais en règle générale, leurs grands projets se conjuguent au futur. Lorsqu’ils en parlent, ils commencent par préciser : "Quand j’aurais raccroché les crampons..."

Janine van Wyk fait exception à la règle. Capitaine et joueuse la plus capée d’Afrique du Sud, elle a réussi à associer une carrière au plus haut niveau (qui plus est, menée principalement à l’étranger) et la création, le financement et la gestion d’un club de l’élite, ainsi que d’une structure de formation en plein essor.

Et le JVW FC n’est pas un club comme les autres, remarque qui vaut également pour son centre de formation. Créé il y a cinq ans à peine, il compte déjà deux titres de champion à son actif. Il a également vu passer dans ses rangs plusieurs internationales. Enfin, il fait partie des principaux pourvoyeurs des différentes sélections de jeunes. Le JVW a été le premier club admis dans le nouveau championnat national féminin de la Fédération sud-africaine de football (SAFA) à sa création, en 2019.

JVW FC celebrate winning the South African title.

L'ambition dans le cent

"En réalité, tout remonte à 2012", explique van Wyk. "J’avais créé à l’époque un championnat scolaire (la JVW Girls School League, toujours en activité). En ce temps-là, les jeunes filles n’avaient d’autres solutions que de jouer dans des équipes de garçons. Cette situation présente certains avantages. Je l’ai fait, moi-même. Néanmoins, je voulais leur proposer un environnement bien à elles, plutôt que de les forcer à s’intégrer ailleurs."

"Au fil du temps, j’ai repéré beaucoup de joueuses talentueuses,' poursuit-elle. "Malheureusement, elles ne pouvaient pas aller plus loin car il n’existait pas de clubs féminins pour les accueillir. En voyant tout ce talent gâché, j’ai décidé de fonder le JVW FC en 2015. J’ai payé de ma poche une franchise pour intégrer le championnat féminin. Mon objectif était de recruter ces joueuses et de les aider à accéder au plus haut niveau. Nous avons commencé avec 13 joueuses ; aujourd'hui, nous en avons plus de cent. La croissance a été rapide. Le club a eu dans ses rangs des internationales A, U-20 et U-17. C’est très satisfaisant, évidemment. Quand je repense aux premiers jours, je suis fière de pouvoir vous dire que nous comptons désormais parmi les meilleurs clubs féminins d’Afrique du Sud."

Semenya en recrue

Indépendamment de l’identité de la propriétaire du club, la liste des exploits du JVW FC a de quoi laisser rêveur. Néanmoins, une question se pose : compte tenu des exigences d'une carrière professionnelle à l'étranger, comment van Wyk a-t-elle réussi à mener son club vers les sommets ?

"Je me suis impliquée personnellement dès le début et je reste très présente aujourd’hui", souligne l'intéressée. "Bien entendu, j’ai besoin de gens sur place pour m’aider à gérer le club, mais j’ai la chance d’avoir des employés passionnés à mes côtés. En coulisses aussi, nous essayons de mettre des femmes en avant. Tout notre personnel, à l’exception de l’entraîneur des gardiennes, est exclusivement féminin. Nous sommes en contact régulièrement et je participe pleinement aux décisions stratégiques."

L’une de ces décisions concerne une arrivée qui a fait sensation. L’an dernier, la championne olympique sur 800 mètres Caster Semenya, véritable idole dans son pays, a annoncé qu’elle porterait les couleurs du JVW lors de la saison 2020. Une fois encore, on se demande comment van Wyk a bien pu réussir un tel coup.

"Caster et moi sommes amies de longue date", répond-elle. "Nous nous sommes rencontrées aux Jeux Olympiques et nous sommes restées en bons termes. Elle m’a confié qu’elle aimerait vraiment jouer au football. Au début, je pensais qu’elle plaisantait, mais elle m’a raconté qu’elle avait beaucoup joué dans sa jeunesse. Elle aimait le football mais, en voyant à quel point elle était rapide, son entourage l’a convaincue de se lancer dans l’athlétisme."

"Tout est venue d’elle, en fait. Elle m’a appelée pour me dire qu’elle cherchait un club et m’a demandé si nous voulions lui faire passer un essai. Je n’ai pas hésité une seconde" ajoute-elle. "Je connaissais déjà son énorme potentiel athlétique ; j'étais impatiente de voir ce qu’elle pouvait faire balle au pied. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de l’aligner à cause de la pandémie, mais elle a déjà participé à quelques entraînements. Ses prestations sont très intéressantes et je peux vous dire qu’elle a hâte de jouer. Elle préfère évoluer au milieu de terrain ou en défense car elle se sent capable de rattraper n’importe quelle adversaire.

Janine Van Wyk playing for Glasgow City.

Et après ?

Sur le plan personnel, van Wyk a fait les beaux jours de Houston Dash, en NWSL. Elle a également eu le plaisir de porter le brassard de capitaine lors de la première participation de l’Afrique du Sud à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Plus récemment, elle a fait ses grands débuts en Ligue des champions féminine de l'UEFA avec Glasgow City. À 33 ans, elle semble loin d’en avoir fini avec sa propre carrière, ce qui ne l’empêche pas de se projeter dans un avenir où le club qui porte ses initiales tient évidemment une place importante.

"J’essaye de m’impliquer dans tous les aspects du JVW, mais je suis plus attirée par la partie technique. C’est quelque chose que j’aimerais explorer davantage. De toute façon, je ne me vois pas travailler dans un bureau. Le terrain me manquerait trop," confie van Wyk. "J’ai passé mes diplômes d’entraîneur en Afrique du Sud, et j’aimerais obtenir une Licence UEFA pendant mon séjour en Écosse. Je voudrais travailler dans ce domaine, à l’avenir. Mais je ne souhaite pas me contenter d’entraîner mon club ; j’aimerais aussi prendre en main l’équipe nationale, un jour." Elle n'est plus à casquette près.

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