Tokyo 2020 - Femmes

Bell promet un bel avenir à la Corée

Korea Republic women's national team coach Colin Bell gives instructions
© KFA
  • Colin Bell a été nommé sélectionneur de la République de Corée en octobre 2019
  • L’Anglais est le premier étranger à prendre en main l’équipe nationale féminine
  • Il évoque ses ambitions, sa philosophie et ses projets

Colon Bell est un technicien expérimentés du football féminin. L’Anglais a notamment le 1.FFC Francfort ou la République d'Irlande. En octobre 2019, il est devenu le premier entraîneur étranger de l’équipe féminine de République de Corée, à quelques mois des qualifications pour le Tournoi Olympique de Football féminin.

À la veille du Championnat E-1 de la Fédération de football d’Asie de l’est (EAFF) à Busan, Bell évoque avec FIFA.com ses objectifs et ses projets pour sa nouvelle équipe, qui occupe actuellement la 20ème place du Classement mondial féminin de la FIFA.

M. Bell, lors de votre présentation, vous avez surpris en exprimant vos premiers commentaires en coréen. Pensez-vous pouvoir communiquer dans cette langue dans les prochains mois ?

Je vais tout faire pour essayer de maîtriser la langue le plus vite possible. Chaque jour, je m’efforce d’apprendre un nouveau mot ou une nouvelle phrase. La communication est un élément essentiel. C’est aussi une marque de respect pour le pays dans lequel je travaille et pour ses habitants. Je me dois d’essayer de parler leur langue. En plus, j’aime apprendre de nouveaux langages. J’espère arriver à parler assez couramment d’ici 12 mois. Le plus difficile pour moi, c’est la prononciation. Je dois aussi apprendre le hangeul, l’alphabet coréen. Si je me limite à l’alphabet latin, je n’arriverai pas à saisir toutes les subtilités de la langue. Pour le moment, je suis entre deux eaux, mais je fais de mon mieux.

Korea Republic women's national team coach Colin Bell at his introductory press conference
© KFA

Quelle est votre vision à long terme et quel rôle jouez-vous dans ce programme ?

La fédération sud-coréenne a franchi une étape importante en choisissant un entraîneur étranger pour la première fois. L’idée était de se confronter à un autre point de vue. En tout cas, on attend de moi des résultats. Tout le monde doit comprendre que, pour faire de la Corée du Sud un poids lourd du football féminin, nous devons tous tirer dans le même sens. Nous en avons les moyens. Aujourd'hui, des pays modestes, c'est à dire des pays où les jeunes filles sont peu nombreuses à jouer au football, parviennent à tirer le meilleur parti de leurs ressources. Il faut encourager plus de jeunes filles à pratiquer le football. Il y a beaucoup à faire, mais c’est passionnant. Ce pays peut produire des joueuses de classe mondiale. Ji Soyun en est la preuve.

Quels sont vos objectifs à court et long terme ?

Dans un premier temps, nous qualifier pour les Jeux Olympiques, sachant que ça ne sera pas facile car il n’y a que deux places à prendre (la République de Corée évoluera dans le Groupe A des préliminaires pour Tokyo 2020 avec la RDP Corée, le Viêt-Nam et le Myanmar). Au-delà, il faudra construire une équipe capable d’aller loin en Coupe du Monde. Nous ne pouvons plus nous contenter de participer. Je souhaite établir une nouvelle dynamique et changer un peu notre style de jeu. J’aimerais une équipe plus active, rajeunie, énergique et volontaire.

Quelles sont vos méthodes de travail et quelle sera l’identité de votre Corée ?

L’organisation revêt une grande importance. Il faut commencer par bien défendre. Je veux voir un jeu offensif et agressif, mais tout ça ne servira à rien si nous ne sommes pas capables de défendre correctement. Notre équipe doit être difficile à manœuvrer. Nous devons être en mesure de confisquer le ballon sur de longues périodes, mais aussi avoir l’intelligence de comprendre quand deux ou trois passes suffisent pour se procurer une occasion. Cette flexibilité doit être à la base de nos succès, tout en maintenant une bonne organisation défensive. Une base solide nous permettra de mieux attaquer. La clé, c’est de décider ce qu’il faut faire quand nous avons le ballon et quand nous ne l’avons pas. Je vais insister là-dessus.

Korea Republic women's national team coach Colin Bell looks on
© KFA

Lors de votre première conférence de presse, vous avez utilisé l’exemple de Boris Becker et Steffi Graff pour expliquer qu’il ne fallait pas comparer football masculin et féminin. Quel message avez-vous voulu faire passer ?

Le football est le seul sport à générer ces comparaisons. On cherche souvent à mesurer le football féminin par rapport au football masculin. Mais les genres sont différents, les qualités physiques sont différentes, le rythme est différent. Il faut regarder jouer les femmes en se concentrant sur leurs performances, et ne pas se soucier d’autre chose. Dans les années 80 et 90, BEcker et Graff sont arrivés dans le tennis. Ils étaient tous les deux formidables, mais personne n’a jamais eu l’idée de les comparer. Ils avaient l’un et l’autre énormément de talent. On pouvait prendre du plaisir à regarder Becker comme Graff. C’est la mentalité que le football féminin doit adopter pour avancer.

Comment changer les mentalités ?

La discipline est historiquement dominée par les hommes. Dans les années 70, le football féminin était encore interdit en Allemagne. En Angleterre, il a fallu attendre 1972 pour que les choses bougent. Aujourd’hui, les femmes commencent à repousser cette limite, et à un rythme impressionnant. La société évolue. Mais à quoi bon comparer Megan Rapinoe et Lionel Messi ? Si vous voulez faire des comparaisons, comparez Rapinoe à Ji Soyun, mais pas à Cristiano Ronaldo. Ça n’a aucun sens.

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