Football féminin

Chan, l'intuition féminine du champion masculin

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Entraîner une équipe professionnelle masculine n'est pas un rôle que l'on associe généralement à une femme, et encore moins quand elle n'a pas encore fait ses preuves. Pourtant, Chan Yuen Ting a défié les conventions en emmenant, à l'âge de 27 ans, le club d'Eastern au sacre dans la Premier League de Hongkong.

En offrant à Eastern son cinquième titre national, Chan a inscrit son nom dans les annales du football en devenant semble-t-il la première femme entraîneur à remporter un championnat de première division nationale à la tête d'une équipe masculine. "Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse d'un record du monde. Je n'ai pas encore vérifié", explique Chan à FIFA.com. "Je me sens fière, pas de moi-même, mais de mon équipe, qui a été à son meilleur niveau et a prouvé tout son professionnalisme et son dévouement à la tâche. Je ne m'attendais pas à devenir entraîneur principale aussi vite", poursuit Chan, qui était l'adjointe de l'ancien entraîneur Yeung Ching-kwong, avant de le remplacer en décembre dernier. "J'ai pris sa succession au milieu de la saison. Mais le club et l'équipe m'ont beaucoup aidée. C'est grâce à leur soutien que tout s'est si bien passé."

Chan a décidé de tenter une carrière dans le football lorsqu'elle était étudiante, après avoir vu David Beckham en action. "Il était tellement élégant sur le terrain et il jouait tellement bien. C'était plus fort que moi. J'étais obsédée par le football", raconte Chan. L'espoir de devenir professionnelle semblant de moins en moins réaliste, Chan se lance dans le coaching en 2010, où elle rejoint l'encadrement technique du Pegasus FC, alors dirigé par Chan Hiu Ming. Deux ans plus tard, elle rejoint le Southern District FC où elle occupe de nouveau un poste d'adjointe. C'est alors qu'elle est invitée par l'entraîneur Yeung à s'engager avec Eastern.

Fraîchement débarquée dans le milieu des entraîneurs du football de Hongkong, Chan apprend vite. "Chan Hiu Ming et mon prédécesseur Yeung m'ont enseigné beaucoup de choses au sujet du métier", reconnaît Chan. "J'ai également beaucoup appris des joueurs et j'ai très envie de continuer à découvrir les ficelles du métier. Quand j'ai une question, je n'hésite pas à demander à un collègue ou à un joueur. Jusque-là, le chemin n'a pas été facile et j'ai même parfois pensé à changer de voie, mais je n'ai jamais abandonné. Travailler dans le football est le plus beau métier, car c'est ma passion."

Le travail et la confiance
Les progrès de Chan ont été tels qu'elle s'est vu confier les rênes d'Eastern de façon inattendue après le départ de Yeung. Elle est ainsi devenue la première femme à entraîner un club de première division dans le football masculin asiatique. "L'opportunité s'est présentée trop tôt", estime-t-elle. "J'avais pensé faire entre trois et cinq années supplémentaires d'apprentissage, mais d'un seul coup, je me suis retrouvée aux commandes du plus grand club de Hongkong. La pression était telle au début que je dormais et mangeais mal. J'avais peur de mal faire et de compromettre ainsi la situation des gens avec lesquels je travaillais."

En tant que femme, sa plus grosse difficulté était de ne savoir ce que les joueurs pensaient en raison de la différence de sexe. Son approche a donc été d'observer et de communiquer. "J'ai tenu à faire preuve de beaucoup d'ouverture avec mes adjoints et les joueurs", assure l'admiratrice de José Mourinho. "Je leur ai accordé ma confiance et j'ai essayé de créer des relations saines. Pour gagner leur confiance, mon seul outil a été le travail, beaucoup de travail. Si je faisais bien mon travail, ils auraient confiance en moi et reconnaîtraient que ce que je faisais était pour le bien de l'équipe."

Avec un sacre en Hong Kong Senior Challenge Shield 2016 et un championnat national remporté dans a foulée, le message semble passé...

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