Les Femmes dans le Football

Deux passions et une parfaite harmonie pour Götsch

Andrea Götsch - Wiener Phil in Asien 2019 Dirigent Thielemann
  • Andrea Götsch est première clarinettiste de l'orchestre philharmonique de Vienne
  • En club, elle dicte le tempo à sa défense
  • "Je profite pleinement de mes expériences sur le terrain", confie-t-elle

La question se pose souvent chez tous les amateurs de football et de musique : un match de football peut-il ressembler à une symphonie ?

"Par bonheur, il n’y a pas deux matches identiques. Les variations sont infinies. Une symphonie n’y suffirait certainement pas", estime Andrea Götsch pour FIFA.com. "Qu’est-ce qui rend ce jeu si fascinant ? Quand les débats sont équilibrés, le sort de la partie semble pencher parfois dans un sens, parfois dans l’autre. Tout peut arriver et c’est la raison pour laquelle j’aimerais un air aussi coloré que possible. Il faut éviter une composition trop linéaire, avec un développement marqué. Et pour les instruments ? C’est un sport où la puissance joue un rôle important ; j’opterais donc certainement pour des cuivres. Il y aurait sans doute des passages qui laisseraient libre cours à la virtuosité, pour illustrer la vitesse et la technique propres au football. Il faudrait aussi des percussions, pour marquer le tempo du match. En tout cas, c’est une idée qui me plaît."

Götsch est première clarinettiste au sein du célèbre orchestre philharmonique de Vienne. Elle compose également ses propres mélodies. En marge de ses activités musicales, elle officie au sein de la défense du Wiener Sport-Club, en deuxième division autrichienne. "Le football est entré dans ma vie avant la clarinette. J’y joue depuis l’âge de sept ans. Mon frère ne manquait jamais une occasion de taper dans le ballon et j’ai suivi son exemple. À sept ans, je me suis inscrite dans un club."

Des atouts précieux dans les deux disciplines

Football et musique font bon ménage chez Götsch. La pratique sportive lui a permis d’augmenter son souffle, de mieux contrôler sa respiration et de gagner en puissance. "J’apprends beaucoup de choses en jouant au football, des choses qui me sont très utiles à la clarinette. Il faut avoir une bonne vision d’ensemble, agir ou réagir rapidement, jouer avec ses partenaires, être vive et rapide, et savoir anticiper. Ce sont des atouts précieux pour une musicienne", confirme la clarinettiste, née en 1994 dans la province autonome de Bolzano.

"Il est peut-être plus facile pour moi de me concentrer uniquement sur l’instant présent quand je joue au football, par rapport à la musique. Il n’y a plus que le ballon, l’équipe, l’adversaire et l’activité physique. Pendant un concert, je suis totalement absorbée par la musique. Je ne pense à rien d’autre. Je suis assise sur mon siège et je peux à peine bouger ou alors de façon très limitée. L’air frais et la dépense physique me font énormément de bien. D'un côté, c’est une expérience très proche de celle que je vis en concert mais, mais d’un autre, c’est quelque chose de totalement différent, qui me permet de me laisser aller et de me détendre vraiment."

Andrea Götsch

Orchestre et équipe

Götsch a pu se rendre compte de la place qu’occupe le football dans son équilibre lorsque celui-ci est passé au second plan, en raison d’une forte augmentation du nombre de dates de concert. À son arrivée dans la capitale, elle n’a pratiquement plus joué au football, jusqu’à ce que d’autres membres du philharmonique de Vienne lui proposent de rejoindre leur équipe et de se mesurer à d’autres orchestres. Ce faisant, elle est devenue la première femme à intégrer l’effectif.

"Je me suis aperçue que le football me manquait, malgré la musique. J’ai pris conscience de mon envie de disputer des matches plus intenses, en intégrant une équipe compétitive. Ça m’apporte tellement, que je ne pouvais pas m’en priver. Un ancien camarade de classe qui jouait au Wiener Sport-Club m’a proposé de le rejoindre. Je me suis tout de suite sentie chez moi. Bien entendu, c’est compliqué, surtout avec le travail, car les rassemblements ont généralement lieu le soir ou les week-ends. J’essaye de venir aux entraînements aussi souvent que possible mais, certaines semaines, je dois me contenter d'une ou deux séances. Il arrive même que je m’absente plusieurs jours d’affilée. Mais l’entraîneur et mes coéquipières comprennent et acceptent cette situation", conclut-elle.

Photos publiées avec l’aimable autorisation du Wiener Sport-Club, Andrea Götsch et © Siwoung Song

Götsch © Siwoung Song

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