Football féminin

Ji, la réputation à mériter comme motivation

Ji So Yun of South Korea looks on during the AFC Women's Olympic Final Qualification Round match between China and South Korea.
© Getty Images

"C'est l'une des meilleures milieux de terrain au monde ; nos supporters vont l'adorer." Il y a deux ans et demi, Emma Hayes, la manageuse de Chelsea, accueillait sa nouvelle recrue Ji Soyun par ces paroles enthousiastes. Depuis, l'internationale sud-coréenne s'est appliquée à lui donner raison.

Les supporters des *Blues *ne s'y sont pas trompés : ils vouent un véritable culte à une joueuse qui, effectivement, possède des arguments hors du commun. De toute évidence, les écarts culturels et techniques n'ont pas posé grands problèmes à Ji, qui s'est adjugé le titre de Joueuse de l'Année dès sa première saison pleine en Angleterre. Pour quelqu'un qui n'avait jamais franchi les frontières de l'Asie, l'exploit est de taille.   

"Repousser mes limites"
Si bon nombre d'observateurs ont manifesté leur surprise devant la rapidité d'adaptation de Ji, Hayes n'a jamais douté des talents de sa protégée. Depuis la défaite (4:2) concédée par ses joueuses face à l'INAC Kobe Leonessa dans le Championnat International des Clubs Féminins 2013, la technicienne anglaise s'était forgé une opinion à toute épreuve sur la meneuse sud-coréenne. Hayes a découvert une joueuse habile, douée techniquement, capable de marquer et de faire marquer. Persuadée de tenir une joueuse de classe mondiale, elle a négocié le transfert de l'internationale de 22 ans dès le mois suivant. Ji a pleinement justifié sa confiance en se glissant cette année encore dans l'équipe-type du championnat d'Angleterre. Pourtant, Hayes est convaincue que le meilleur est encore à venir.  

"Je suis sûre qu'elle fera un jour partie des nominées pour le titre de Joueuse Mondiale", assure l'entraîneur de Chelsea. Modeste, Ji préfère éviter le sujet. Elle n'aime guère le surnom de *Messi coréenne *qui lui a si longtemps collé à la peau, du temps où elle évoluait en Asie. Pour autant, elle ne cache pas sa fierté d'avoir réussi en Angleterre. Avide de progresser et désireuse de voir son talent reconnu, la jeune femme n'a pas hésité à traverser la moitié du globe en quête de nouveaux défis à relever.

"J'étais heureuse de venir à Chelsea", confie-t-elle à FIFA.com. "En m'installant en Europe, j'ai réalisé un vieux rêve. C'était aussi l'occasion de repousser mes limites, en m'adaptant à un style de jeu radicalement différent. Je crois que j'ai apporté un vent de fraîcheur avec moi car ma façon de jouer était en décalage complet avec ce qui se fait en Angleterre. J'ai eu beaucoup de chance d'être élue Joueuse de l'Année. C'est un titre dont je suis très fière car je suis la première Asiatique à l'avoir remporté." * *

L'ascension de Ji n'avait pourtant rien d'une évidence. Sa décision de devenir footballeuse s'est heurtée au refus catégorique de son père et à l'absence de débouchés. Mais la Coupe du Monde de la FIFA 2002™ organisée dans son pays a fait naître en elle à l'âge de 11 ans une passion que rien ne pouvait éteindre. "J'étais collée à la télévision ; je suivais tous les matches." Six ans plus tard, elle faisait à son tour ses premiers pas sur une scène mondiale, à l'occasion de la première Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, organisée en Nouvelle-Zélande.   

Progression constante
Sous l'impulsion de Ji, auteure d'un doublé, la République de Corée s'est adjugé la première place de son groupe, devant le Nigeria, l'Angleterre et le Brésil. Malheureusement pour elles, les Sud-Coréennes ont ensuite subi la loi des États-Unis (4:2) en quart de finale. Sa deuxième participation à une grande compétition internationale a connu une fin plus heureuse : à l'issue de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA deux ans plus tard en Allemagne, Ji est rentrée chez elle avec le Ballon d'Or et le Soulier d'Or, après avoir marqué à huit reprises et mené son équipe sur la troisième marche du podium.

"J'étais jeune et très nerveuse à l'époque des U-17. C'était ma première Coupe du Monde. Je me suis sentie beaucoup plus à l'aise en Allemagne. J'étais mieux préparée et j'ai pu m'exprimer plus librement. Je conserve un bien meilleur souvenir de ce second tournoi. J'étais satisfaite car nous avons obtenu de bons résultats sur le plan collectif. À titre individuel, j'ai commencé à me faire un nom."

"Ces deux Coupes du Monde m'ont donné l'occasion d'affronter de grandes joueuses. J'ai pu voir qu'il me restait une grande marge de progression. Ça m'a motivée. Parallèlement, j'ai développé ma confiance car j'ai constaté que mes performances s'amélioraient grâce aux efforts que je fournissais à l'entraînement."

Ces leçons lui ont servi, tant à Chelsea qu'en Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Ji se dit pourtant "très déçue" de ne pas avoir pu exploiter pleinement son potentiel, l'année dernière au Canada. "J'étais peut-être un peu trop nerveuse. Nous avons tout de même passé le premier tour, ce qui ne nous était jamais arrivé par le passé. C'est un cap important. Je crois sincèrement que nous pouvons faire encore mieux la prochaine fois."

Si Ji et Hayes sont dans le vrai, les supporters de Chelsea et de la République de Corée sont encore loin d'avoir tout vu. 

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