Les femmes dans le football

Passion, instruction et transmission pour Jonsson

Ingrid Jonsson - FIFA Instructor
© FIFA.com
  • Ingrid Jonsson est la première femme à avoir arbitré la finale d’une compétition de la FIFA
  • Instructrice, elle fait profiter la jeune génération de son expérience
  • "J’aime voir les évolutions, à tous les niveaux", confie-t-elle à FIFA.com

L’année dernière, la France a accueilli la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ où 27 arbitres féminines et leurs 47 assistantes représentaient 42 pays différents. Pour trouver des hommes en noir, il fallait chercher du côté des 15 arbitres assistants vidéo. Pourtant, lors de l’édition inaugurale, en 1991, les choses étaient bien différentes. Seules six femmes étaient présentes en RP Chine. Ingrid Jonsson se trouvait parmi elles et, quatre ans plus tard, c’est elle qui a dirigé la finale de la Coupe du Monde Féminine 1995 entre la Norvège et l’Allemagne.

"C’était un moment très particulier, évidemment. La Coupe du Monde 1991 garde une place à part dans mon cœur. J’ai débuté ma carrière en 1983 et j’ai participé à mon premier séminaire de la FIFA en 1988. Nous attendions qu’il se passe quelque chose sur la scène internationale. Pour la Coupe du Monde 1991, la décision a été prise d’inclure six arbitres assistantes. Ça m’a marquée, car c’était la première fois que je participais à une compétition internationale", raconte Jonsson au micro de FIFA.com.

"J’avais un fils d'un an à l’époque et tout le monde me disait que j’étais folle de partir pendant tout un mois en laissant derrière moi un enfant aussi jeune. Mais j'ai vécu des choses extraordinaires. J’ai participé à la finale de la Coupe du Monde 1991 en tant qu’assistante. Après le match, je suis retournée sur le terrain. Tout le monde était déjà parti. Je suis restée là un moment, pour réfléchir. ‘Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel honneur ?’ À ce moment précis, j’ai ressenti quelque chose de plus fort qu’à l’issue de la finale suivante, quatre ans plus tard."

Vingt-huit ans séparent la première et la dernière finale de l’épreuve mondiale. Au cours de cette période le football féminin a énormément progressé, tout comme l’exigence envers les arbitres. "J’ai comparé ce que nous faisions il y a 30 ans et ce qui se fait aujourd’hui. L’arbitrage est devenu beaucoup plus professionnel", admet la Suédoise. "Au début, nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes. Nous devions nous débrouiller seules pour la formation, la théorie et tout le reste. De nos jours, les arbitres peuvent choisir entre de nombreuses options pour l’entraînement, y compris sur le plan athlétique. Nos héritières ont tout le soutien dont elles ont besoin. Nous progressons, nous sommes sur un bon rythme. Bien sûr, on peut toujours mieux faire, mais je reste persuadée que le niveau actuel est très satisfaisant."

Jonsson travaille désormais comme instructrice de la FIFA. À ce titre, elle souhaite faire profiter la nouvelle génération de son expérience et contribuer à sa formation. "Quand je suis devenue arbitre, j’étais pratiquement seule. J’avais 24 ans et j’ai presque immédiatement été contactée pour devenir instructrice dans mon pays. Je suis professeure d’éducation physique. Au fil du temps, j’ai travaillé comme entraîneur et instructrice dans différentes disciplines. Quand j’ai raccroché mon sifflet, j’ai été contactée par l’UEFA, qui m’a proposé de suivre le Championnat d’Europe Féminin U-19 en Finlande. J’ai donc passé l’été 2004 là-bas. C’est à ce moment que j’ai reçu un appel de la FIFA, qui me proposait d’assister à la Coupe du Monde Féminine U-19 de la FIFA en Thaïlande, en tant qu’assesseur", poursuit la femme en noir.

Dans la foulée, elle est devenue instructrice de la FIFA puis elle a siégé à la Commission des Arbitres de la FIFA pendant cinq ans. L’organisation a changé, ce qui lui a donné l’occasion de reprendre son activité d’instructrice. "J’ai pratiquement toujours été active dans l’enseignement du sport. C’était génial de pouvoir exercer mon métier dans le football et particulièrement dans le domaine de l’arbitrage", apprécie Jonsson. "J’aime voir les évolutions, à tous les niveaux. J’ai la chance de travailler en tant que mentor pour l’UEFA et instructrice à la FIFA. Je fais quelque chose que j’aime énormément."

C’est justement cette passion qui lui a permis de toujours croire en elle, et d'atteindre ses objectifs même quand l’horizon semblait bouché. Ses fonctions lui donnent aussi l’occasion de partager ces leçons de vie. Mais pour Jonsson, la qualité de l’arbitrage reste plus que jamais une question centrale. "Le niveau des arbitres est un sujet essentiel. Les joueurs et les joueuses travaillent tellement dur de nos jours, qu’ils méritent un arbitrage à la hauteur de leur talent. Quant à savoir si celui qui tient le sifflet est un homme ou une femme, ça ne m’intéresse pas vraiment. Ce qui compte, c’est la qualité", conclut-elle

Cet article s’inscrit dans le cadre de notre nouvelle série "les femmes dans le football", qui nous invite à découvrir les coulisses du beau jeu. **La semaine prochaine, nous partirons à la rencontre de Tempa Rosalie N’Dah (Bénin).

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