Football féminin

Staab : "Un impact positif dans le monde arabe"

© FIFA.com

En Allemagne, Monika Staab est considérée comme "une pionnière et un moteur" du football féminin. Ancienne sélectionneuse de Bahreïn, l'instructrice de la FIFA a pris en main les rênes de l'équipe nationale féminine du Qatar en février 2013.   

Dans un entretien accordé à FIFA.com, la native de Francfort évoque ce nouveau défi, les progrès du football féminin dans le monde arabe, le rôle de modèle de Raul et l'UEFA EURO féminin en Suède.

*Monika, quelles ont été vos premières impressions sur le football féminin, en arrivant au Qatar ? *J'ai eu l'occasion de me rendre plusieurs fois sur place avant ma nomination. J'ai notamment participé à une mission de la FIFA en octobre 2012. Pour être franche, je suis impressionnée par les progrès réalisés par le football féminin dans le pays. Le travail de pionniers comme la présidente du Comité des sports féminins du Qatar Ahlam Salem Mubarak Al Mana commence à porter ses fruits. Le Qatar a évolué sur le plan social et des messages positifs sont aujourd'hui adressés aux femmes. J'aimerais aider le pays à franchir une nouvelle étape, dans le respect de la culture locale. J'ai trouvé d'excellentes conditions de travail à mon arrivée ici. Je suis convaincue que nous pourrons réaliser des choses intéressantes dans le cadre du projet de développement mis en place sur cinq ans.

*Qu'espérez-vous accomplir durant cette période ? *Au cours de ma carrière, j'ai pu suivre des matches de football féminin dans 63 pays différents. Le Qatar possède des équipements bien supérieurs à ce qui se fait dans la plupart des endroits que j'ai visités. Notre objectif est d'exploiter cet avantage dans les cinq années à venir. Si nous parvenons à créer un championnat bien structuré, l'équipe nationale en tirera profit. Pour cela, nous devons faire en sorte que tout le monde comprenne ce que le football féminin peut apporter à l'ensemble de a société. Les joueuses de la nouvelle sélection U-14 s'entraînent tous les soirs après l'école. Ces jeunes filles jouent un rôle capital car elles démontrent que le football peut faire partie de la vie de tous les jours. Sur le plan sportif, nous avons déjà posé des jalons importants. L'équipe nationale féminine a disputé ses premiers matches à l'étranger, à l'occasion d'un récent déplacement aux Maldives. Nous avons concédé deux défaites mais cette expérience est inestimable. Désormais, nos joueuses sont conscientes de l'investissement que représente un déplacement à ce niveau. Nous avons hâte d'entamer notre premier stage en Allemagne.  

*L'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2022™ bénéficiera-t-elle au football féminin qatarien ? *Nous avons entamé des discussions intéressantes avec le Comité suprême, dont les membres semblent favorables à la création d'une académie pour le football féminin. C'est encourageant, surtout si l'on considère que le football féminin est une discipline relativement nouvelle au Qatar puisqu'il n'existe que depuis 2009. Il reste cependant beaucoup à faire, notamment en termes de visibilité. La Coupe du Monde 2022 constitue une excellente occasion de montrer à toute la planète l'évolution du Qatar. Cela aura un effet très positif sur le football féminin dans le monde arabe.  

*Que représente cette échéance, pour les Qatariens ? *C'est un projet très important pour le Qatar. Les Qatariens se passionnent pour le football et l'on peut déjà voir que ce sport a une profonde influence sur la société qatarienne. Par exemple, Raul réalise un travail exceptionnel en tant qu'ambassadeur. Il incarne le football européen mais aussi des valeurs importantes, comme le fair-play et le respect. Le projet Vision 2030 pour le Qatar illustre parfaitement les attentes suscitées par cette Coupe du Monde. Je crois que ce tournoi peut changer les choses ici, notamment pour les femmes. Les femmes ont les moyens de jouer un rôle plus important dans le traitement des conflits qui pourraient menacer le monde arabe.   

*La présence de grandes joueuses internationales pourrait-elle contribuer à accélérer le développement du football dans le monde arabe ? *Raul est une source d'inspiration pour les hommes et les femmes. C'est impressionnant de voir une star de son calibre travailler si dur et faire preuve d'une telle humilité. Bien entendu, nous serions ravis de voir de grands noms comme Marta ou Lotta Schelin partager leurs expériences avec nos joueuses.

*Un pays arabe peut-il se qualifier pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ dans un avenir proche ?   *Le football féminin a connu un développement remarquable dans la région depuis 2006. La Jordanie fait partie des huit meilleures équipes d'Asie et peut encore espérer se qualifier pour l'édition 2015. Sa présence à ce niveau en dit long sur les progrès réalisés depuis dix ou 15 ans. La Palestine s'est dotée d'une équipe nationale féminine, qui se produit souvent devant un nombreux public. Globalement, le football féminin s'améliore. Les préjugés reculent. À ce rythme, les pays arabes pourraient rivaliser avec les meilleures formations européennes d'ici 30 ans.

*Vous assistez actuellement à l'UEFA EURO féminin en tant qu'observatrice. Quels enseignements tirez-vous de cette compétition ? *Ce tournoi marque un tournant pour le football féminin. Des équipes comme les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne ont livré des performances intéressantes. Il y a encore dix ans, personne ne les aurait imaginées à ce niveau. D'autres pays, comme l'Allemagne, commencent à comprendre que les écarts ne cessent de se réduire. En tant que passionnée de longue date de football féminin, je trouve cette compétition fantastique. Le pays hôte a réalisé un travail exemplaire et l'ambiance dans les stades est fabuleuse.

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