Football Féminin - Jamaïque

Cameron, globe-trotter cherche pied-à-terre

Tiffany Cameron of Jamaica looks on
© Getty Images
  • Tiffany Cameron a brillé avec la Jamaïque à la Coupe du Monde Féminine 2019
  • Elle a notamment joué à Chypre et en Israël
  • Cameron, sans contrat actuellement, partage ses expériences avec FIFA.com

Il y a sept ans, Tiffany Cameron signait au Seattle Reign, le début d'une folle aventure qui l'a menée dans six pays différents. Elle y a porté neuf maillots, jamais plus d'un an à chaque fois. Pendant cette période, elle a aussi changé d'équipe nationale puisqu'après avoir représenté le Canada, elle est désormais internationale jamaïcaine.

À 28 ans, la joueuse née à Toronto est prête à enfin poser ses valises. "Je veux de la stabilité aujourd'hui", explique l'attaquante à FIFA.com. "Ce serait idéal si je pouvais aller quelque part, signer un contrat à long terme, m'installer durablement et marquer des buts. Je voyage à travers le monde depuis que je suis ado, je m'adapte aux différentes cultures et je vis des expériences fascinantes. Mais ça peut parfois être fatigant de partir et de recommencer à zéro", admet celle qui a connu une participation à la Coupe du Monde, des records de buts et trois relégations.

Son parcours : un club, une phrase

2009-2012 : Ohio State Buckeyes (USA)
"J'yai joué quatre ans, ce qui est une éternité pour moi. J'ai battu le record historique de buts de l'équipe, c'était génial."

2013 : Seattle Reign (USA)
"C'est là que j'ai signé mon premier contrat pro. L'entraîneur Laura Harvey m'a dit : 'Tu es une super joueuse, mais tu as besoin de plus d'expérience'. J'étais bouleversée, j'avais l'impression d'avoir été virée d'un job que j'adorais. Mais je comprends maintenant que je n'étais pas prête à ce moment-là pour la NWSL."

2013 : FC Kansas City (USA)
"L'une des premières choses que j'ai faites a été d'écrire le nom d'un club pour lequel je voulais jouer. Ce club était Kansas City. Je l'ai écrit sur un papier que j'ai glissé sous mon oreiller et quelques jours plus tard, je recevais un coup de fil du club! J'ai gardé ce bout de papier. À l'époque, Vlatko Andonovski, l'actuel sélectionneur des États-Unis, était à la tête de l'équipe, ça a été génial d'apprendre à ses côtés."

Tiffany Cameron celebrates a goal for 1899 Hoffenheim.
© imago images

2014 : Hoffenheim (GER)
"Hoffenheim a été mon premier club étranger, un défi autant professionnel que social. L'entraîneur ne parlait pas anglais, la plupart des joueuses non plus, et moi, je ne parlais pas un mot d'allemand. Mais parfois, on ne peut pas progresser à moins de sortir de ta zone de confort. J'ai énormément appris, sur moi et sur le foot."

2015 : Apollon Limassol (CYP)
"Chypre était une destination de certaines joueuses de NWSL pendant la trêve, pour disputer la Ligue des champions. Malheureusement, même si j'ai marqué quelques buts et que ça a plutôt bien marché pour moi, on n'a jamais passé la phase de groupes."

2015-16 : F.C Ramat HaSharon (ISR)
"Avant d'y aller, je me suis fixé l'objectif de finir meilleure buteuse du championnat et d'aider mon équipe à gagner son premier titre de champion. Les deux sont arrivés (38 buts en 24 matches). Sur le plan personnel, c'était une belle expérience aussi. J'ai pu aller voir la mer Morte et Jérusalem."

2016-17 : Borussia Mönchengladbach (GER)
"En Israël,ils voulaient me prolonger pour que je joue en Ligue des champions. Je gagnais bien ma vie aussi. Mais j'ai dit à mon agent que j'aimerais retourner en Allemagne. Le Borussia fêtait son retour en première division, mais malheureusement, on est redescendues immédiatement."

2017 : FF USV Iéna (GER)
"J'ai signé après la relégation du Borussia pour pouvoir rester au plus haut niveau. Mais on a aussi été reléguées à la fin de la saison !"

2018 : Vittsjo GIK (SWE)
"Un court passage dans un club qui avait besoin d'une attaquante pour le reste de la saison. Je venais de me faire opérer en Allemagne et je me suis trop précipitée. Du coup, ils n'ont jamais vu mes meilleures prestations en Suède."

2019 : Stabaek (NOR)
"La Norvège a été une autre expérience intéressante. Même si on a encore été reléguées ! Mais en dehors du terrain, la Norvège est un magnifique pays."

2020 : ?
"Je suis assez ouverte sur les endroits où j'atterris ! Mais je ne veux pas retourner dans un club qui lutte pour le maintien, qui ne fait que survivre. J'espère trouver un club qui veut se battre pour le titre et qui souhaite construire quelque chose, et y rester un bout de temps."

Tiffany Cameron of Jamaica poses for a portrait during the official FIFA Women's World Cup 2019 portrait session.
© Getty Images

Des Canucks aux Reggae Girlz

Cameron faisait partie des futures pépites du Canada à la première édition de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA en Nouvelle-Zélande en 2008. Mais la buteuse n'a pas réussi à s'imposer comme partenaire offensive de Christine Sinclair - "la joueuse la plus modeste avec laquelle j'ai joué" - et elle a peu à peu disparu du paysage international.

"En 2014 Hubert Busby, l'actuel sélectionneur de la Jamaïque, m'a contactée pour que je fasse le changement", se souvient Cameron, dont les deux parents sont nés dans le pays antillais. "Ça m'a intéressée, mais à l'époque, je faisais toujours partie des sélectionnables pour le Canada et je n'étais pas prête à m'engager."

"Mais une de mes meilleures amies est Nicole McClure (la gardienne de la campagne qualificative de la Jamaïque) et après la qualification, elle me disait que c'était peut-être le moment de les rejoindre. On plaisantait, mais Busby est revenu à la charge. Je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de faire partie d'un groupe qui allait entrer dans l'histoire et j'avais le sentiment de pouvoir apporter quelque chose. Je suis heureuse d'avoir saisi cette opportunité parce que la Coupe du Monde a été sensationnelle."

Des aventures musicales

Après avoir eu vent de ses talents musicaux, la FIFA a contacté Cameron pendant France 2019 pour discuter d'un morceau de rap sur le thème de la Coupe du Monde.Diffusé dans le monde entier, il a ensuite été produit en chanson.

"C'était tellement sympa de composer 'Our Time is Now' en France. Je me suis bien amusée et mes coéquipières ont adoré. Certaines avaient même les larmes aux yeux", raconte-t-elle. "À l'école. J'adorais Missy Elliott, 50 Cent, Eminem, mais surtout Missy. En allant à la fac, j'ai commencé à prendre la musique au sérieux. Je suis allée dans un studio professionnel pour la première fois pour enregistrer Buckeyes Put Your Hands Up, un des hymnes d'Ohio State."

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