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Football féminin

Les investissements islandais font grand effet

(FIFA.com)
Fan of Iceland looks on prior the UEFA Women's Euro 2017 Group C match between Iceland and Switzerland.
© Getty Images
  • Les Islandaises ont bénéficié du programme Forward de la FIFA
  • L'Islande vise une première participation à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™
  • Résultats récents : 2 participations consécutives à l'EURO et une victoire contre l'Allemagne

La Fédération islandaise de football (KSI) n'avait jamais été à pareille fête. Ces temps-ci, il ne se passe quasiment pas un jour sans qu'elle n'accueille à son siège de Reykjavik des dirigeants et des entraîneurs venus du monde entier, cherchant à comprendre comment ce petit pays réussit à jouer de manière régulière dans la cour des grands.

"Nous recevons beaucoup de représentants d'autres fédérations ces jours-ci", confirme Klara Bjartmarz, secrétaire générale de la KSI. "Ça nous réjouit et témoigne de la qualité de ce que nous avons réalisé."

La sélection masculine a marqué l'histoire à deux reprises récemment, faisant de l'Islande le pays le moins peuplé à participer à la fois à l'UEFA EURO et à la Coupe du Monde de la FIFA™.

Moins médiatisées, les femmes ont été aussi impressionnantes. Elles ont atteint les quarts de finale de l'UEFA EURO à deux reprises, avant que leurs homologues masculins ne créent la surprise en faisant de même en 2016. Elles se sont également qualifiées l'année dernière pour la phase finale de ce tournoi pour la troisième fois consécutive. Les Islandaises ont franchi une nouvelle étape en octobre dernier avec une victoire surprise contre l'Allemagne lors des qualifications pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Elles mettent ainsi fin à la série de 63 matches sans défaite en compétition préliminaire sur 19 ans pour les octuples championnes d'Europe.

*L'exemple à suivre *Avec les succès des sélections de jeunes, l'Islande est considérée comme un exemple à suivre. "Je suis à la fédération depuis 1994 et lorsque je repense aux énormes progrès accomplis, j'ai du mal à y croire", confie Bjartmarz. "Mais toutes ces belles choses ne sont pas arrivées par hasard, ni du jour au lendemain. Toutes les réalisations de l'Islande sont le fruit d'une planification rigoureuse et d'un important investissement sur de nombreuses années. Et nous ne comptons pas nous arrêter là."

Les investissements ont été importants, et les résultats ont été à la hauteur. La sélection féminine en a grandement bénéficié au cours de l'année dernière et le programme Forward, dont l'objectif est d'améliorer la manière dont la FIFA développe et soutient le football dans le monde, a joué un rôle majeur. En octobre dernier, la FIFA a débloqué 300 000 USD dans le but de permettre un investissement total de plus de 900 000 USD afin d'encourager la sélection féminine et son désir de Coupe du Monde. Il ne s'agit pas de la première subvention du programme Forward pour le football féminin islandais ; en 2016, les équipes nationales féminines B et U-18 avaient respectivement reçu 158 000 et 202 000 USD.

Comme l'explique Bjorn Vassallo, directeur régional de la division Associations membres de la FIFA pour l'Europe, "la FIFA estime que malgré les progrès significatifs de ces dernières années, le jeu féminin n'a pas encore exploité tout son potentiel. Grâce au programme de développement Forward de la FIFA, toutes les associations membres de la planète peuvent promouvoir le football féminin. L'Islande est un bon exemple de cette évolution. La KSI a su mettre en place l'un des meilleurs modèles éducatifs et techniques. Pour la division Associations membres, c'est toujours un plaisir de la soutenir par un financement de la FIFA. Les résultats des sélections islandaises sont toujours très positifs, sur le terrain comme en dehors."

"C'était très important pour nous de compter sur le soutien de la FIFA", ajoute Bjartmarz. "Ça nous a beaucoup aidés financièrement, mais le soutien moral est tout aussi important car un message fort est envoyé à ceux qui restent encore fermés au football féminin. Lorsqu'un message de la sorte est émis par la FIFA, sur l'importance du football chez les femmes et le soutien inconditionnel qu'elle apporte, son poids est énorme à travers le monde.”

Une victoire historique
Un tel investissement procure également des avantages pratiques. La défenseure Sif Atladottir représente l'équipe nationale depuis plus d'une décennie et parle avec autorité lorsqu'elle explique les répercussions du financement. "Les joueuses ont apprécié ce qui a été fait pour elles", confie-t-elle à FIFA.com. "Par exemple, ça nous a permis de participer à un tournoi en Chine fin 2016 et nous avons également effectué un stage en janvier, chose qui était impossible depuis de nombreuses années. Nous avons également pu recruter des physiothérapeutes. Ce genre d'opportunités, qui peuvent sembler infimes pour un œil extérieur, ont été tellement importantes dans notre construction et notre progression."

"Lorsque je repense à mes débuts, la différence est énorme. Avant, on ne connaissait même pas la date du prochain match de la sélection. Nous avons progressé très rapidement mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de notre situation actuelle. Nous devons continuer de surfer sur la vague que nous avons créée.”

Les tournois, les stages, le personnel et les équipements supplémentaires s'inscrivent dans une dynamique visant à permettre à l'Islande d'accéder au tournoi qui lui a jusqu'ici échappé : la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Franchir les qualifications est l'unique façon d'assurer la progression et, une fois de plus, les Islandaises n'avaient pas la faveur des pronostics au moment d'entamer leur parcours dans un groupe promis à l'Allemagne. Mais une historique victoire 3:2 à Wiesbaden a confirmé que l'Islande était capable de battre les grands du circuit. 

Allemagne 2:3 Islande en chiffres
*
14 - Le nombre de rencontres entre les deux équipes avant ce match, toutes remportées par l'Allemagne
56:3
 - Le score cumulé de tous ces matches
19* - Le nombre d'années sans que l'Allemagne n'ait perdu un match de qualification
21
* - Le nombre d'années sans que l'Allemagne n'ait perdu un match de qualification à domicile
27* - Le nombre de victoires successives allemandes en qualification avant ce match
11
* - Le nombre de matches de qualification consécutifs sans que l'Allemagne n'ait encaissé de but*

"Je suis née en Allemagne et j'y ai joué. Je sais combien il est difficile de battre cette sélection", précise Atladottir, dont le père, Atli Edvaldsson, a joué pour le Borussia Dortmund et pour le Fortuna Dusseldorf dans les années 80. "Lorsque je raccrocherai les crampons et que je reviendrai sur mes 10 ou 15 dernières années, ce sera l'un des matches dont je serai la plus fière."

"Lorsque les gens considèrent la population et l'histoire du football féminin d'un pays, ils se disent que nous n'avons aucune chance. Mais malgré nos moyens modestes, nous voyons grand. Nous avons de l'ambition et nous cherchons sans cesse à le prouver. Bien que nous soyons un petit peuple, nous pouvons réaliser de grands exploits.", conclut-elle.

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