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Football féminin

Akers, la pionnière américaine

(FIFA.com)
USA's Michelle Akers proudly shows of her gold medal
© Getty Images

A l'occasion de l'anniversaire de Michelle Akers le 1er février, retour sur la carrière de la légendaire joueuse américaine, double vainqueur de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA et pionnière du football féminin. 

Par une chaude journée de l'été 1978, la future pionnière du football féminin a assisté à une scène terrible : victime d'une fracture ouverte, son joueur préféré des Seattle Sounders, l'équipe de sa ville natale, s'est relevé pour dégager le ballon en touche. "Il s'appelait Dave Gillet", raconte Michelle Akers à FIFA.com. "C'était un tacleur rugueux, intransigeant. Il était féroce et en plus, il était beau."

Elle n'avait alors que 12 ans, mais loin de la rebuter, le spectacle de cette détermination l'a au contraire inspirée. Née dans la pauvreté dans les faubourgs de Seattle, elle a fait preuve de compétitivité et d'engagement pour être aujourd'hui considérée comme l'une des meilleures joueuses de l'histoire du football féminin.

"J'ai dû apprendre à être moins physique", confie la double championne du monde, auteure de plus de 100 réalisations en 153 sélections et du tout premier but de l'équipe nationale féminine en 1985. "Je prenais des risques sur le terrain. Je voulais toujours me surpasser. Je chargeais même quand nous gagnions 7:0. Je rendais mes entraîneurs fous."

De l'entrejeu à la première ligne
Travailleuse infatigable, Akers était également talentueuse. "Je suis une meneuse de jeu née", poursuit la quinquagénaire dans sa ferme de Géorgie, où elle se consacre au sauvetage des chevaux maltraités et abandonnés avec la même passion qu'elle vouait au football. "J'aimais m'emparer des ballons, les distribuer et voir le jeu se déployer devant moi."

Elle ne mâche pas ses mots quant au rôle d'attaquante qui lui a été imposée en 1991, à la veille de l'édition inaugurale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. "J'ai détesté ça", admet-elle en riant. Plus encore même que le poste de gardienne qu'elle a tenu lorsqu'elle était une petite fille bourrée d'énergie, ne rêvant que de patauger dans la boue du terrain. "J'ai été forcée d'apprendre à évoluer dos au but et à l'action."

Elle a travaillé avec un groupe de joueurs locaux pour maîtriser la position d'avant-centre. "Ce n'est pas comme aujourd'hui", explique-t-elle en se remémorant le difficile chemin qu'il lui a fallu défricher. "L'équipe ne se réunissait que rarement et si on voulait garder sa place, on devait s'entraîner de son côté."

Akers, qui a évolué à trois postes différents en 15 ans de carrière, a travaillé dur. Elle a demandé aux entraîneurs quels joueurs suivre pour s'initier à son nouveau métier d'attaquante. "Rudi Völler, Marco Van Basten, Jürgen Klinsmann, Gary Lineker", énumère-t-elle. "J'ai essayé d'imiter la façon dont ils pivotaient balle au pied avant de foncer vers le but."

En 1991, Akers avait 25 ans. Elle formait un trio offensif avec April Heinrichs et Carin Jennings, qui sera élue meilleure joueuse de la première épreuve mondiale. "Je n'avais jamais regardé la Coupe du Monde masculine à la télé. Je ne savais même pas de quoi il s'agissait exactement", assure-t-elle. "Pour moi, c'était juste un tournoi et je voulais le gagner. On est entrées en lice face au Brésil", se souvient-elle à propos de son premier aperçu de la scène mondiale. "Je me suis fait massacrer. Certains tacles étaient carrément meurtriers, de vrais coups bas. Ça m'a ouvert les yeux. J'ai réalisé qu'on jouait à un tout autre niveau."

À la hauteur du défi
Elle s'est vite mise dans le bain. Elle a ouvert son compteur lors de la victoire sur le Brésil, puis a fait le siège des filets jusqu'à la finale remportée 2:1 contre la Norvège. À cette occasion, elle a signé ses neuvième et dixième buts. Elle a inscrit le premier sur une tête puissante et le second en feintant du gauche pour frapper du droit. "Nous n'avions pas conscience de participer à un événement historique", commente-t-elle. "Nous ne savions pas s'il y aurait une autre Coupe du Monde. Mais j'ai découvert ce qu'était la fierté de représenter son pays et de porter haut les couleurs nationales."

Au moment d'évouer la plus grande fierté de sa longue carrière, Akers ne cite pas un but particulier, son intronisation au Temple de la renommée du football américain, son inclusion par Pelé dans la liste des 100 meilleurs footballeurs vivants, pas plus que son rôle moteur dans l'entrée du football féminin aux Jeux Olympiques ou sa médaille d'or olympique. Ce n'est pas non plus le jour où elle a brandi le Trophée de la Coupe du Monde, son apparition sur les boîtes de céréales pour enfants, ou encore la lettre reçue du héros de sa jeunesse, l'Écossais Dave Gillet.

"Ce sont des choses qui n'intéressent personne", répond-elle avec l'humilité des grands. "Des petites choses que je suis la seule à connaître", conclut-elle. 

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