Tournoi Olympique de Football Féminin, Tokyo 2020

Tournoi Olympique de Football Féminin, Tokyo 2020

21 juillet - 6 août 2021

Tokyo 2021 (F) - États-Unis

Rampone raconte une vie de championne

Christie Rampone (#3) celebrates after winning the Gold Medal match at the Beijing 2008 Olympics
© Getty Images
  • Christie Pearce Rampone détient le record de médailles olympiques
  • Elle évoque chaque édition au micro de FIFA.com
  • Elle a coécrit le livre Be All In, dont la sortie est prévue au mois d'août

Christie Pearce Rampone est l'athlète la plus titrée de l'histoire des Tournois Olympiques de Football Masculin et Féminin, avec quatre médailles, trois d'or (2004, 2008, 2012) et une d'argent (2000), en autant d'éditions disputées.

Le 9 août 2012, à 37 ans et 46 jours, l'Américaine est devenue la joueuse la plus âgée à gagner l'or dans la compétition féminine. À Londres, les États-Unis sont montés sur la première marche du podium aux dépens du Japon, un an après leur cruelle défaite aux tirs au but devant le même adversaire en finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Allemagne 2011™.

Actuellement en tournée virtuelle pour promouvoir son livre intitulé Be All In, elle fait part de ses réflexions sur chaque édition à FIFA.com.

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Be All In - site officiel
Christie Pearce of the United States 
© Getty Images

Sydney 2000 : Le déclic

"J'ai eu un déclic en 2000. J'ai eu la chance d'assister à la cérémonie d'ouverture, ce qui a changé mon regard sur les athlètes olympiques. Je n'en revenais pas d'être là. Je me suis totalement investie dans l'épreuve. L'équipe a livré des performances exceptionnelles, et même si nous n'avons pas gagné le tournoi, nous avons tout de même décroché l'argent. Je me souviens d'avoir été galvanisée par les prestations de nombreuses joueuses et par l'exploit de Tiffeny Milbrett. Alors qu'elle était la plus petite joueuse sur le terrain, c'est elle qui, d'une tête, nous a permis d'aller en prolongation, où un but en or nous a malheureusement été fatal dès les premières minutes. Toutes ces émotions sont gravées dans ma mémoire : la douleur de la défaite, le désir de ne plus jamais vivre ça et d'apprendre de cet échec ont nourri ma volonté de perfectionnement."

Christie Rampone of the USA and Cristiane Rozeira of Brazil compete for the ball
© Getty Images

Athènes 2004 : Le bel au revoir des pionnières

"Nous voulions que les pionnières Mia Hamm, Julie Foudy et autres Joy Fawcett partent sur une victoire. Je jouais pour quelque chose de plus grand qu'une médaille d'or. Ces femmes m'avaient ouvert la voie d'une carrière dans le football et c'était tout ce qui comptait. L'énergie était palpable sur la pelouse. Nos regards disaient que quoi qu'il arrive, nous jouions pour elles. C'était plus qu'un effort collectif. Je voulais tout faire pour qu'elles terminent sur la plus haute marche du podium. Le match contre le Brésil a été très dur. Le poteau nous a sauvées plusieurs fois. Brianna Scurry a été impériale dans sa cage. C'était la finale idéale. Pour être les meilleurs, il faut battre les meilleurs. Le Brésil était une équipe d'élite et nous avons réussi à la vaincre pour permettre à nos grandes dames de quitter la scène de la plus belle des manières."

Christie Rampone, Hope Solo and Heather Mitts show off their Olympic gold medals at Beijing 2008
© Getty Images

Pékin 2008 : Victoire dans la douleur

"Le tournoi a été passionnant. Le forfait d'Abby Wambach, victime d'une fracture de la jambe juste avant les Jeux, a été dévastateur, non seulement en raison de son importance cruciale pour l'équipe, mais aussi parce qu'elle était mon roc, la personne vers laquelle je me tournais toujours dans les moments difficiles. Mentalement, c'était dur. Nous avons déjoué lors de notre entrée en lice face à la Norvège. Tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné. Les médias nous ont reléguées aux oubliettes. C'était la première fois que nous n'étions pas favorites. Une vraie douche froide.

J'ai du respect pour cette équipe parce qu'elle était relativement inconnue. Nous avons écrit notre propre histoire. Nous sommes montées en puissance au fil des matches. Les quatre attaquantes qui ont remplacé Abby ont répondu présentes. Carli Lloyd a été extraordinaire. Angela Hucles, Amy Rodriguez et Natasha Kai se sont surpassées pour nous conduire à la victoire. Nous avons eu la chance d'avoir Pia Sundhage comme nouvelle sélectionneuse. Elle nous a transmis une énergie qui a renforcé notre plaisir de jouer. Et retrouver le terrain après avoir eu deux enfants et assurer le capitanat a récompensé tous les efforts que j'avais investis dans le sport. C'était surréaliste. On en oublie presque le moment du coup de sifflet final."

Hope Solo of USA celebrates with captain Christie Rampone
© Getty Images

Londres 2012 : La fin du rêve

"Ce tournoi a surtout été riche en émotions, parce que je savais que c'était le dernier. Notre parcours nous a menées de l'Écosse à Wembley. Mes racines sont écossaises, et mon arrière-grand-père y a été gardien de but pendant dix ans. Le public local m'a accueillie comme une enfant du pays et m'a soutenue. Chaque instant m'était précieux. Notre demi-finale contre le Canada tenait plus du match de basket que de foot. Qui va marquer une fois le milieu de terrain franchi ? Nous avons gagné 4-3 grâce au but d'Alex Morgan en prolongation. C'était génial de voir une jeune joueuse monter au créneau.

Le coup de sifflet final… Je n'oublierai jamais ce son. Nous nous sommes imposées à Wembley devant une foule immense. Peu d'équipes féminines ont la chance de jouer dans ce stade. Londres 2012 a été plus compliqué sur le plan mental que physique. Nous étions de nouveau confrontées au Japon en finale, après avoir été privées du sacre mondial par le même adversaire à Allemagne 2011. Notre victoire reste un moment très fort et très spécial. Nos succès ne nous ont pas été servis sur un plateau. Nous avons toujours dû venir à bout de difficultés mentales ou physiques. Ce n'était jamais gagné d'avance, contrairement à ce que tout le monde croit. J'en prends conscience aujourd'hui."

Le village olympique

"Le public pense que disputer les Jeux ouvre les portes du village olympique. En fait, il nous a fallu atteindre la finale pour y avoir accès. Une fois à l'intérieur, il est très difficile de ne pas se laisser déconcentrer par les nombreuses distractions ! Il n'y a rien de tel que de s'asseoir à la cafétéria et de regarder autour de soi. C'est impressionnant de voir autant de grands sportifs réunis dans une salle. Je ne dérangeais jamais les athlètes. Comme tout le monde, je m'amusais à essayer de deviner la discipline pratiquée par chaque personne. Le plus drôle était d'observer ceux qui allaient au MacDonald's, parce qu'on savait qu'ils avaient fini de concourir !"

Le livre Be All In est coécrit par Christie Pearce Rampone et le Dr Kristine Keane. Il est publié par Hachette Book Group. Sa sortie est prévue le 18 août et il est disponible en précommande.

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