Tournois Olympiques de Football, Tokyo 2020 - Femmes

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22 juillet - 7 août

Football Féminin - Brésil

Sundhage : "Je m'amusais à m'appeler Pelé"

Brazil coach Pia Sundhage
© imago
  • Pia Sundhage idolâtrait Pelé quand elle était petite
  • La Suédoise raconte comment elle a accepté le poste de sélectionneuse
  • Elle évoque Megan Rapinoe, Cristiane et ses 'secrets' avec Marta

Dans les années 1960, les rumeurs vont bon train : le Brésil souhaiterait engager un sélectionneur étranger pour la première fois de son histoire. Mais Bela Guttmann ne voit jamais l'offre tomber sur son bureau. Ni Johan Cruyff pour venir épauler Romario, ou José Mourinho, voire Pep Guardiola alors que la situation était pourtant "urgente" lors de la Coupe du Monde de la FIFA™ organisée au Brésil.

Pia Sundhage a grandi en Suède alors que le pays s'émerveillait encore du foot samba proposé par Garrincha et Pelé, est devenue la première étrangère à prendre les rênes du pays après la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™.

FIFA.com a discuté avec la technicienne de 59 ans qui a offert aux États-Unis deux médailles d'or olympiques de suite. Elle évoque son amour pour Pelé, le fait d'être la première étrangère à diriger le Brésil et son envie d'entraîner Marta.

Pia, étiez-vous une grande fan de Pelé quand vous étiez petite ?
Quand je pense au football, le premier pays qui me vient à l'esprit, c'est le Brésil. Je m'appelle Pia, mais je m'amusais à m'appeler Pelé des fois. Je trouvais que ça se ressemblait. J'ai eu trois idoles : Cruyff, Pelé et Franz Beckenbauer.

Qu'est-ce que ça fait d'être le premier entraîneur étranger à diriger une nation obsédée par le foot ?
C'est fantastique. Pour différentes raisons et pas seulement parce que je dirige un pays formidable, avec des joueuses très techniques. Cela montre qu'une femme est capable de décrocher un boulot à l'étranger, même au Brésil. J'aimerais devenir un exemple, une ambassadrice. C'est génial pour moi d'un point de vue personnel, mais aussi pour le football féminin.

Comment est-ce arrivé ?
J'ai trouvé ça plutôt drôle en fait : les gens me félicitaient avant même les premiers contacts ! Ensuite, j'ai reçu un coup de fil de la fédération brésilienne, on m'a demandé si ça m'intéressait de devenir la sélectionneuse. J'ai dit 'Oui !' Et voilà. Je n'ai posé aucune question. Rien du tout. Je voulais le faire, c'est tout. Le Brésil respire le football, c'est un pays qui a du goût pour le foot. Quand j'ai raccroché, je me suis dit 'J'aurais peut-être dû parler du nombre d'années, du contrat, etc.' (rires). Mais quand on vous pose cette si belle question, vous ressentez quelque chose et je n'avais pas envie d'arrêter de ressentir ce bonheur en demandant à discuter des détails. C'est un grand honneur, donc c'était facile de dire oui.

Vous avez été bien reçue par les supporters brésiliens. Vous y attendiez-vous ?
Non, je ne m'y attendais pas. C'est impressionnant. C'est drôle, tout le monde en Suède me dit 'Tu es une célébrité maintenant !' C'est étonnant, mais tout le monde me reconnaît. Aujourd'hui, par exemple, je suis allée me promener sur la plage et un homme est venu me voir et on a discuté des Jeux Olympiques de 2004. Il connaissait l'histoire. J'ai donc commencé à discuter de Marta, de Rosana, de Cristiane, de Pretinha, c'était sympa comme tout. Les Brésiliens sont des gens positifs. Je suis vraiment satisfaite du message envoyé par la CBF. La fédération m'a non seulement engagée - moi, un entraîneur étranger, une femme - mais elle embauche aussi des sélectionneuses chez les U-17 et U-20. C'est très important. La CBF a fait un pas dans la bonne direction pour le football féminin.

Qu'avez-vous pensé des prestations du Brésil à France 2019 ?
J'ai trouvé que les Brésiliennes jouaient vraiment bien. Ça a été l'une des meilleures équipes. Mais quand elles ont arrêté de bien joué, il y a eu une grande chute. Contre la Jamaïque, elles se sont procuré beaucoup d'occasions, elles ont marqué trois buts. Mais contre l'Australie, elles ont fait beaucoup d'erreurs. Le match face à l'Italie était intéressant. C'était bien aussi de voir leur prestation face à la France qui est une très bonne équipe. J'espère que nous pourrons tirer les enseignements de ce match pour apporter quelques changements. Je ne pense pas qu'il faille en faire énormément parce que nous disposons de très bonnes joueuses. J'aimerais apporter une certaine organisation suédoise, en défense et en attaque. La Suède, c'est la solidarité, c'est une équipe qui essaie de récupérer le ballon très haut sur le terrain. Nous avons besoin d'un peu de la mentalité américaine aussi. Si vous regardez la technique des joueuses à notre disposition au Brésil, c'est impressionnant. Mais les Américaines essaient de gagner à chaque seconde du match, elles ne baissent jamais les bras, elles travaillent très dur.

Qu'avez-vous pensé des tournois de la Suède et des États-Unis à France 2019 ?
J'avais déjà été impressionnée par la façon dont Jill Ellis avait gagné la Coupe du Monde 2015 et j'ai été impressionnée par les changements qu'elle a faits pour la gagner à nouveau en 2019. Les États-Unis ont joué des matches très équilibrés, surtout celui face à la France. Ça n'a pas été facile, elles ont affronté des adversaires solides, mais c'était la meilleure équipe ! J'ai entraîné Megan Rapinoe et Tobin Heath pendant des années, ce sont des joueuses qui font la différence. Quand Rapinoe est bonne, elle est vraiment bonne. Elle est imprévisible aussi. Quant à la Suède, j'ai été très impressionnée par le coaching de Peter Gerhardsson. Il faut regarder le collectif quand on parle de la Suède. Si vous regardez les dix nommées au Prix The Best - Joueuse de la FIFA, il n'y a pas une seule Suédoise, mais elles ont joué ensemble et ont terminé troisièmes.

Avez-vous hâte d'entraîner Marta ?
Bien sûr. Ce qui est super, c'est que la plupart des joueuses brésiliennes parlent anglais, mais pas suédois, donc Marta et moi, on va pouvoir avoir des secrets ! (rires) Je lui ai déjà parlé, elle avait l'air enthousiaste. Elle m'impressionne beaucoup depuis que je l'ai vue jouer pour la première fois, à la Coupe du Monde Féminine U-20 en Thaïlande en 2004. Depuis, j'ai suivi sa carrière, les Coupes du Monde. Elle est tellement importante pour le Brésil. Si vous voyez toutes les joueuses que j'ai regardées depuis la Coupe du Monde 1991, il y a eu de grandes joueuses américaines comme Mia Hamm, mais je pense que Marta est l'une des meilleures de tous les temps.

Cristiane est blessée à l'heure actuelle. Fait-elle partie de vos projets et lui avez-vous parlé ?
Je suis tombée sur elle l'autre jour à un match. Tout le monde a l'air d'avoir envie de recommencer de zéro, y compris Cristiane. Ça a été dur pour elle parce qu'elle est blessée depuis un moment. Tout n'est pas rose. Comme tout le monde, elle va devoir travailler dur pour revenir et être convoquée en équipe nationale. Elle a été bonne à la Coupe du Monde, elle a fait de belles choses en attaque, elle a marqué un triplé, elle est très bonne dans les airs. J'espère qu'elle va revenir.

Qu'est-ce que cela fait de commencer votre règne avec un derby contre l'Argentine ?
C'est absolument parfait. Je remercie la CBF de nous donner l'opportunité de jouer chez nous à São Paulo. Tout le monde a hâte de voir l'équipe. Alors un match contre l'Argentine… il n'y a pas mieux.

Vous avez déjà gagné l'or olympique à deux reprises. Le Brésil peut-il gagner Tokyo 2020 ?
Oui, si on peut progresser chaque jour. Si vous repensez au match contre la France, la marge est très petite entre le succès et l'échec. Mais si vous regardez la qualité des joueuses brésiliennes à la Coupe du Monde et si vous regardez les joueuses qui arrivent, alors oui, nous avons une chance de gagner.

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