Les deux représentants de la CAF lors du Tournoi Olympique de Football Féminin, Rio 2016 viendront du sud du continent. À la surprise générale, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud sont sortis vainqueurs des duels disputés au meilleur des deux manches, en octobre 2015. Le sélectionneur Shadreck Mlauzi est entré dans l'histoire en devenant le premier technicien à mener les Mighty Warriors en phase finale d'une compétition mondiale. De leurs côtés, les Sud-africaines s'apprêtent à vivre leur deuxième olympiade consécutive, quatre ans après Londres 2012.

Le chemin du Zimbabwe vers Rio a pourtant parfois pris des allures de parcours du combattant. Qualifiées d'office pour le deuxième tour, les Zimbabwéennes ont d'abord écarté la Zambie grâce à une courte victoire (1:0) à domicile, le duel s'étant soldé par une égalité sur l'ensemble des deux manches (2:2). Elles ont ensuite bénéficié du forfait inattendu de la Côte d'Ivoire. Son dernier adversaire n'était autre que le Cameroun, l'un des deux représentants africains à Londres en 2012. Battues 2:1 à Yaoundé, les Zimbabwéennes ont inversé la tendance à Harare grâce à un but inscrit par Rudo Neshamba. L'attaquante s'était déjà illustrée en signant l'unique réalisation de son équipe à l'aller.

Ce succès a déclenché une véritable euphorie à travers tout le pays. Le gouvernement a promis de verser une prime aux joueuses, avant d'organiser un défilé dans un bus à impériale dans les rues de la capitale. "Dès le début, j'avais dit qu'il fallait rêver en grand. Nous avons travaillé dur pour ce rêve mais, au bout du compte, je suis heureux qu'il soit devenu réalité", confiait Mlauzi, propulsé à la tête de l'équipe avant la double confrontation face au Cameroun. En larmes au coup de sifflet final, Neshamba a, elle, eu bien du mal à trouver les mots pour décrire ses émotions. "De nombreuses équipes en rêvent depuis longtemps, sans parvenir à franchir le pas. Ça représente tellement pour nous et pour nos supporters," s'est elle réjouie.

Les Banyana au rendez-vous
Si le Zimbabwe a eu son lot d'obstacles à surmonter, l'Afrique du Sud a connu une traversée beaucoup plus calme. Passées tout près d'une qualification pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ après leur échec face à la Côte d'Ivoire en Championnat d'Afrique Féminin de la CAF, les Banyana Banyana ont remporté leurs quatre matches face au Gabon et au Kenya. Toutefois, un défi d'une autre ampleur les attendait en finale : la Guinée Équatoriale.

Cette dernière avait annoncé la couleur dès le deuxième tour en sortant sans ménagement le Nigeria, neuf fois champions d'Afrique et triple participant au Tournoi Olympique de Football Féminin. La première rencontre, en terre sud-africaine, s'est soldée par un nul vierge. Mais alors que la qualification semblait promise à la Guinée Équatoriale, Jermaine Seoposenwe a créé la surprise en inscrivant l'unique but de la partie, au grand dam du public de Bata.  

"Le temps semblait d'être arrêté. Ça n'en finissait pas. Nous avons défendu comme des folles puis, quand le coup de sifflet final a retenti, nous nous sommes écroulées au sol" a confié la capitaine Janine van Wyk au micro de FIFA.com. "C'était un sentiment incroyable mais ce qui dominait, c'était le soulagement de savoir que nos efforts n'avaient pas été vains. Nous étions heureuses de ne pas avoir à revivre la déception que nous avions connue dans les qualifications pour la Coupe du Monde."

Travail et expérience
Le directeur technique sud-africain en charge du football féminin Frank Hilton-Smith n'a pas manqué de rappeler l'importance de cette qualification pour un pays comme l'Afrique du Sud. "Nous n'étions pas présents au Canada. Nous avons donc dû nous remettre en ordre de marche et nous concentrer sur les Jeux Olympiques."

"La qualification du Zimbabwe est une excellente nouvelle pour toute la région. C'est une équipe courageuse, qui ne bénéficie d'aucun soutien financier. J'ai participé à un séminaire FIFA là-bas en décembre et je peux vous dire que les Zimbabwéennes sont motivées. Je suis d'autant plus fier d'elles que c'est une équipe avec laquelle nous entretenons des liens étroits" a-t-il ajouté.

À Londres, l'Afrique du Sud avait enregistré deux défaites et un nul. "Nous serons bien mieux préparés cette fois. Nos joueuses étaient pour la plupart déjà présentes il y a quatre ans. Elles ont de l'expérience à ce niveau. Quelques-unes ont disputé la Coupe du Monde Féminine U-17 à Trinité-et-Tobago en 2010. J'espère que nous aurons la chance d'affronter de grandes nations comme la France, l'Allemagne ou les États-Unis. Ce serait l'occasion de nous situer et de mesurer le chemin qui reste à parcourir."