Deux mois après avoir pris les rênes de la Colombie, le sélectionneur Fabián Felipe Taborda a réussi à conduire son équipe en finale de la Copa América Féminine qui s'est disputée en Équateur en septembre 2014. La deuxième place derrière le Brésil a donné à la Colombie non seulement l'un des deux seuls billets directs en Amérique du Sud pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™, mais également la seule place disponible de la CONMEBOL - le Brésil étant automatiquement qualifié en tant que pays organisateur - pour le Tournoi Olympique de Football Féminin, Rio de Janeiro 2016. "Je suis comblé d'avoir atteint cet objectif et de voir la joie du peuple de Colombie. Nos efforts ont été récompensés", commente Taborda au sujet de cette double qualification.

Dans le tournoi qualificatif sud-américain, la sélection cafetera a en outre réussi la double prouesse d'être la seule équipe invaincue de l'épreuve et celle qui a encaissé le moins de buts (deux). Quelle est la recette d'un succès aussi immédiat pour ce diplômé en Éducation physique ? "C'est un groupe très uni, une famille. Cette équipe joue bien au ballon car elle a beaucoup de possession et elle est très consciente de ce qu'elle fait", poursuit l'entraîneur.

Lorsqu'il intègre la Fédération colombienne en 2012, Taborda a déjà fait un bout de chemin dans le football féminin de son pays. Dans sa ville de Palmira, il a mis sur pied une formation en vue des Jeux départementaux, avant de se voir confier l'équipe de Colombie U-17, qu'il a qualifiée à deux reprises pour la Coupe du Monde de la catégorie, à Azerbaïdjan 2012 et Costa Rica 2014. En juillet 2014, il succède à Ricardo Rozo, dont il avait été l'adjoint, à la tête des A colombiennes.

Une génération vaillante et talentueuse
En 2008, les Colombiennes remportent le Championnat d'Amérique du Sud U-17 et disputent en Nouvelle-Zélande l'édition inaugurale de la Coupe du Monde de la catégorie. C'est la première fois que l'on entend parler de Natalia Gaitán, des jumelles Ariza ou encore d'une certaine Yorelí Rincón, qui gagneront le surnom de Superpoderosas ("superpuissantes").

C'est le même groupe qui atteindra la quatrième place de la Coupe du Monde Féminine U-20, Allemagne 2010, et qui se retrouvera un an plus tard dans le même pays pour y disputer le Mondial seniors. Aux Jeux Olympiques de Londres 2012, les Cafeteras ne sont pas gâtées par le tirage au sort, qui les place dans le groupe des États-Uni - futurs médaillés d'or -, de la France - qui terminera quatrième - et de la RDP Corée.

Ces différentes compétitions internationales ont permis aux Colombiennes de se développer sur le plan personnel et footballistique, mais pas seulement. "Grâce à nos résultats, nous avons contribué à changer les mentalités. Quand j'ai commencé en 2011, je recevais des messages sur Facebook ou Twitter dans lesquels on me disait qu'en tant que femme, je ne devrais pas au football. Ça me surprenait beaucoup. Maintenant, je reçois des messages de soutien, même de la part des hommes. On voit bien qu'ils sont fiers de cette équipe de Colombie féminine", explique Melissa Ortiz, l'une des grandes combattantes de cette sélection cafetera.

La médaille d'argent conquise en novembre dernier au Tournoi de Football Féminin des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes, Veracruz 2014, a été une autre étape importante dans le développement de cette équipe. La finale perdue contre le Mexique mettait fin à une série de 11 matches sans défaite pour les Colombiennes. Ce résultat a notamment eu pour conséquence de pimenter le Colombie-Mexique du premier tour de Canada 2015. Cette confrontation marquera les premiers pas des deux équipes dans ce Mondial.

Les hommes sont entrés dans l'histoire en emmenant la Colombie jusqu'en quarts de finale à Brésil 2014. Les dames vont avoir deux occasions de les imiter - voire de faire mieux - en l'espace d'un an : à Canada 2015 et à Rio de Janeiro 2016.