Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015

Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015

7 juin - 7 juillet

Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2015™

Béliveau analyse le haut niveau

FIFA's Technical Study Group poses at the FIFA Women's World Cup Canada 2015
© FIFA.com

Le football féminin se porte bien, merci pour lui. Il se porte même de mieux en mieux, comme en témoigne l’augmentation du niveau d’une Coupe du Monde Féminine de la FIFA à l’autre depuis 1991. Canada 2015 marque la septième édition de l’épreuve, 24 ans après la première en RP Chine, et apporte son lot de nouveautés, notamment le passage de 16 à 24 équipes, ou l’arrivée de la technologie sur la ligne de but.

Pour analyser l’évolution du jeu, le niveau de la compétition et les tendances qui se dessinent, qui de mieux placé que Sylvie Béliveau, dévouée au développement du football féminin depuis plus de 20 ans, et qui plus est régionale de l’étape ? L’ancienne sélectionneuse du Canada avait qualifié son pays pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Suède 1995, où elle était alors la seule femme à diriger une équipe. Vingt ans plus tard, elles sont désormais huit sur les bancs de Canada 2015, et Sylvie Béliveau occupe le fauteuil de responsable du Groupe d’Étude Technique de la FIFA (TSG) * *de la compétition. A l’issue des quarts de finale, elle revient avec FIFA.com sur les premiers enseignements à tirer de l’édition 2015.

*Le passage à 24 équipes
*
Ce changement implique un passage à six groupes, et un tour de plus - les huitièmes de finale - à disputer, et donc la possibilité pour quatre équipes sur les six groupes d’être classées troisièmes, et de quand même se qualifier. Et un match de plus en Coupe du Monde pour certaines équipes, c’est un moyen d’acquérir une expérience inestimable. C’est surtout pour celles-là que le passage à 24 équipes est favorable, pour que ces formations moins expérimentées puissent être exposées et ensuite avoir la chance d’être reconnues, que ce soit dans leur pays ou au niveau de leur confédération, pour avoir un soutien nécessaire pour leur préparation. L’élargissement du nombre d’équipes offre une place de plus par confédération, ce qui permet à plus d’équipes de croire en la qualification pour une Coupe du Monde, et d’augmenter la motivation et le niveau de compétition.

*La performance des équipes les moins expérimentées
*
La majorité des nouveaux venus en Coupe du Monde se sont bien comportés par rapport à des équipes confirmées, notamment le Cameroun, la Suisse ou les Pays-Bas qui ont tenu tête au Japon, ou le Costa Rica contre le Brésil. Mais il faut également inclure les équipes qui ont moins d’expérience. La Colombie par exemple, qui en est à sa deuxième Coupe du Monde, a moins d’expérience par rapport à des pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis, ou même l’Australie. Mais elle a beaucoup progressé depuis sa première Coupe du Monde en 2011. C’est pour cela qu’il faut accepter qu’avec 24 équipes, chacune mérite sa place, à condition qu’on leur donne le temps. Quand on change une règle comme celle-là, il faut attendre quatre ou huit ans pour voir les progrès réalisés.

*L’évolution du jeu*
**C’est intéressant de voir qu’on a une variété des styles de jeu. Certaines équipes ont des qualités individuelles qui ressortent, comme la Colombie ou le Cameroun, qui ont des joueuses qui font la différence, alors que dans les équipes qui ont davantage d’expérience, le jeu est plus collectif.

Autre tendance, les joueuses en mesure de jouer plusieurs rôles. On a de plus en plus d’arrières qui jouent dans les couloirs capables de jouer au milieu ou sur les ailes. Cela implique que les défenseuses centrales puissent être des meneuses de jeu. Elles doivent non seulement défendre, mais aussi lire le jeu, servir de bons ballons, prendre de bonnes décisions. Cette mobilité, le Japon la maîtrisait déjà, avec des milieux de terrain qui sont capables de s’intégrer dans la ligne des attaquantes. Aujourd’hui, il y a plusieurs équipes où, dès la récupération du ballon dans leur moitié de terrain, les latéraux montent et ne sont plus du tout dans un rôle de défense sur la perte du ballon. Ils montent sur la ligne médiane, voire plus haut.

On a vu une évolution du jeu avec des équipes qui sont capable de jouer à une ou deux touches de balle dans des espaces réduits. Les bonnes équipes ont montré des qualités dans la variété du jeu offensif.

*Les gardiennes de but
*
C’est impressionnant de voir leur progression sur le plan athlétique, les prises de décision, la technique, et la participation au jeu autant sur le plan décisif qu’offensif. C’est probablement la meilleure compétition au niveau général des gardiennes. Certaines prennent même des coups francs loin de leur but, près de la ligne. Cela montre qu’il y a une confiance, car la joueuse doit ensuite se replacer, mais mentalement, elle est prête à prendre ce risque et faire cet effort-là.

Le rôle des sélectionneurs et sélectionneuses
Sur les 24 équipes, huit possédaient une femme comme entraineur, notamment les nouvelles équipes, comme la Suisse, l’Equateur, le Costa Rica, ou la Thaïlande. Depuis les premières Coupes du Monde, la fonction a beaucoup évolué. Pour une partie, c’est le même métier évidemment, mais ce sont deux mondes différents. Il y a désormais "une grande équipe derrière l’équipe", que l’entraîneur doit aussi gérer. S’il y a des problèmes au niveau du staff, cela a un impact sur le niveau des joueuses et de l’équipe. La difficulté auparavant, c’était de fonctionner sans personnel, pouvoir étudier l’adversaire sans outils. Aujourd’hui, tout est accessible grâce aux vidéos des matches, à l’analyse des détails, accessibles à tous les entraîneurs pour continuellement étudier son adversaire. Le jeu devient intéressant, car un entraîneur doit pouvoir s’adapter pendant le match. L’adversaire est déjà connu dans ses moindres détails, donc il faut savoir surprendre, changer, s’adapter au changement de l’autre pendant le match, c’est devenu une clé importante.

*Les décisions à prendre
*
Une étude des moyennes (âge, nombre de sélections et taille) réalisée au cours de cette compétition pour chaque équipe met en évidence que les équipes qualifiées pour les demi finales figurent dans les premiers rangs de ces classements (hormis le Japon sur la moyenne des tailles). Les statistiques ne peuvent évidemment pas déboucher sur des conclusions, mais on peut tout de même penser que pour être performant au plus haut niveau, il faut avoir une longue expérience de joueuse, avoir joué de nombreux matches internationaux, et avoir des joueuses grandes (ou comme pour le Japon, compenser sa taille par d’exceptionnelles qualités techniques et beaucoup de mobilité pour éviter les duels).

L’engagement des fédérations, pour donner aux équipes nationales les moyens de progresser, est capital.

L’objectif des fédérations est d’avoir les meilleures performances possibles à la Coupe du Monde. Pour cela, elles doivent apporter des moyens supplémentaires  dans la préparation de leur équipe, avoir le temps nécessaire entre la fin des championnats et le début de la compétition, et s’adapter à la réalité du football féminin : nous avons un mélange de professionnelles et d’amateurs.

*Le gain de reconnaissance du football féminin
*
Le Canada a joué son premier match de Coupe du Monde le 6 juin 1995. Il a joué exactement à la même date 20 ans plus tard son premier match du tournoi. Le 11 juin 2015, il jouait son deuxième match, mais le 11 juin 1995, le Canada avait déjà terminé sa Coupe du Monde. Il avait déjà joué trois matches les 6, 8 et 10. Le Canada est un exemple, qui est valable pour toutes les équipes. Auparavant, nous jouions en Coupe du Monde pour mériter notre existence, nous n’étions pas encore reconnues. Désormais, le football féminin a gagné sa place. Les femmes méritent leurs jours de repos, la technologie sur la ligne de but n’a pas de sexe et s’applique aussi au football féminin. Cela montre une certaine évolution. Nous sommes dans une époque favorable, mais où il y a encore de l’instabilité et des choses à apprendre.

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