Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 03 ™

7 juin - 7 juillet

Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2003™

L'Allemagne sur le toit du monde

© Action Images

Cette Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003 a sans douté été la plus enthousiasmante de l'histoire de l'épreuve. Les Allemandes l'ont emporté aux dépens des Suédoises à l'issue d'une finale haletante, symbole d'une compétition de très haut niveau. La Chine RP, qui organise l'épreuve 2007 après avoir du laisser sa place à cause du SRAS en 2003, compte bien héberger une compétition tout aussi séduisante.

Changement de programme
Cela semble remonter à une éternité, mais ce n'est pas si loin : le 17 juillet 2003, lors du tirage au sort des groupes, le sélectionneur chinois Ma Liangxing remettait symboliquement le trophée de la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA à April Heinrichs, son homologue américaine. La phase finale 2003 pouvait commencer, loin du continent où elle devait normalement avoir lieu.

Au cours des mois d'avril et de mai, les inquiétudes autour du SRAS avaient mis en péril le déroulement du tournoi en Chine. Le 26 mai, afin de respecter le calendrier prévu, la FIFA a eu le regret d'annoncer que la compétition se disputerait finalement aux Etats-Unis. Ce changement de dernière minute a bien sûr engendré un énorme surplus de pression, qui n'a pas empêché les organisateurs de jouer une partition sans fausse note. Le 20 septembre, les amoureux du football pouvaient tourner les yeux vers les Etats-Unis avec une seule idée en tête : voir du spectacle.

Et ils n'ont pas été déçus. En plus des Sun Wen, Mia Hamm, Bettina Wiegmann et autres Hege Riise, toutes habituées aux projecteurs, l'épreuve allait mettre en scène de nouvelles joueuses, notamment les Françaises, les Sud-coréennes et les Argentines.

Nouvelle donne
"L'écart entre les équipes ne cesse de se resserrer. Les sélections réputées comme faibles rattrapent leur retard sur les grandes puissances. Nous devrions assister à beaucoup de surprises lors de cette Coupe du Monde", déclarait le sélectionneur chinois, Ma Liangxing, lors du tirage au sort, corroborant ainsi les propos des experts de la discipline.

Le technicien asiatique ne croyait pas si bien dire... Malgré son talent et son expérience, la Chine a en effet succombé aux foudres du Canada en quarts de finale. En s'imposant sur le score de 1:0, les révélations nord-américaines ont mis fin à une série de 11 défaites face aux Roses d'Acier. Autre victime de ce nivellement : la Norvège. Les championnes olympiques en titre ont été largement battues (4:1) par un Brésil rafraîchissant, finalement éliminé par les Américaines en quarts.

Mais la plus grosse surprise de l'épreuve a sans conteste été la victoire 3:0 de l'Allemagne face aux grandes favorites américaines en demi-finale. Ce résultat, qui a mis un terme à la domination sans partage des filles à la bannière étoilée, a débouché sur une finale entre Allemandes et Suédoises. Défaites lors de leur premier match, face aux Etats-Unis, les Nordiques ont su réagir à temps, pour éliminer le Brésil et le Canada, chaque fois sur le score de 2:1.

Pour la deuxième fois, après Suède 1995, la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA allait connaître une finale 100 % européenne.

L'Europe en force
Les finales accouchent souvent de matches fermés et tendus. Pas toutes. Celle d'Etats-Unis 2003 a été une véritable fête du football féminin et du ballon rond en général. Vitesse, enthousiasme, suspense, technique, football offensif, détermination ; tout était réuni pour que les spectateurs se régalent. Au final, ce sont les championnes d'Europe en titre, les Allemandes, qui ont remporté leur premier titre mondial sur un but en or.

Avant cette victoire sur le fil, quatre des cinq sélections européennes engagées avaient passé le seuil des groupes pour accéder aux quarts de finale. Certes, la Russie et la Norvège se sont arrêtées à ce stade, tandis que la France, malgré une belle bataille, n'a pu s'extirper d'un groupe extrêmement relevé, mais elles ont toutes surpassé les performances des reines d'Asie et d'Afrique, les Nord-coréennes et les Nigérianes.

Cependant, la réussite du Vieux Continent n'a pas été une pure coïncidence. Depuis l'édition précédente, les cinq formations européennes ont effectué d'énormes progrès techniques, auxquels est venue s'ajouter l'expérience des grands rendez-vous.

Les sept merveilles
Si les joueuses aguerries comme Hamm (31 ans) et Sun Wen (30 ans) se sont encore mises en valeur, de jeunes footballeuses ont réussi à faire parler d'elles. Impressionnante d'efficacité technique dans les moments décisifs, Abby Wambach (23 ans) a été la petite vedette de l'équipe américaine. Son jeu aérien et son harcèlement constant en ont fait l'attaquante la plus redoutée de la sélection locale.

Tout juste âgée de 16 ans, la Canadienne Kara Lang en a ébahi plus d'un par sa technique, sa vivacité et son endurance exceptionnelles. La Brésilienne Marta, 17 ans, a également laissé une trace indélébile dans l'esprit des observateurs. Son excellente maîtrise du ballon et son positionnement judicieux lui ont valu les louanges de Ma Liangxing : "Par sa façon de jouer, elle montre la voie que le football doit emprunter".

A 24 ans, l'Allemande Kerstin Garefrekes s'est également fait remarquer en marquant quatre fois, tandis que la Suédoise Josefine Oeqvist (20 ans) a claqué le but de la victoire en demi-finales contre le Canada. La Nord-coréenne Jin Pyol-Hui (23 ans) a montré qu'elle faisait partie des artilleuses de demain et la Russe Elena Danilova, plus jeune joueuse de la compétition, a réussi un admirable exploit personnel contre l'Allemagne en quart de finale.

Ces sept merveilles, qui affichent une moyenne d'âge de 19 ans, seront sûrement les vedettes de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2007.

Alors merci Etats-Unis 2003, et rendez-vous à Chine 2007 !