Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 99 ™

7 juin - 7 juillet

Etats-Unis 1999

Les USA champions à la maison

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  • Deuxième étoile pour les Américaines
  • Elles s'imposent en finale, au bout du suspense, face à la RP Chine
  • 660 000 spectateurs assistent à cette 3ème édition du tournoi

La dernière Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA du siècle marque également le début d'une nouvelle ère pour cette discipline. Désormais, les plus grandes championnes font jeu égal avec leurs homologues masculins. Ce tournoi, particulièrement réussi, fera date dans l'histoire du sport féminin de haut niveau.

Pendant trois semaines, 320 joueuses venues des quatre coins de la planète s'affrontent à travers tous les États-Unis. En termes de succès populaire et de retombées médiatiques, le tournoi est une réussite sans précédent. Les rencontres, qui se disputent dans des stades gigantesques, attirent les foules. Les médias se passionnent pour cette compétition et les audiences télévisées grimpent en flèche.

A l'issue du tournoi, on recense quelque 660 000 spectateurs et plus 2 500 journalistes. Les 32 matches de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA sont tous retransmis en direct à la télévision et attirent près de 40 millions de téléspectateurs rien qu'aux États-Unis. Le triomphe de la sélection américaine, qui remporte son deuxième titre mondial devant son public, passionne les foules. L'épopée de Mia Hamm et de ses coéquipières devient l'événement sportif de l'année.

Le 10 juillet 1999, devant 90 185 spectateurs (un record pour une compétition féminine) et sous un soleil de plomb, les États-Unis s'imposent 5 tirs au but à 4 devant la RP Chine, au terme d'une finale haletante. Pour l'occasion, le Rosebowl de Pasadena (Californie) affiche complet.

Parmi les personnalités présentes, Bill Clinton fait une apparition remarquée. "Tout le pays est sous le charme", explique l'ancien président. "Ce tournoi va marquer les esprits, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier."

Lorsque la défenseuse américaine Brandi Chastain transforme le cinquième et dernier tir au but de son équipe après 90 minutes de jeu et 30 minutes de prolongation, elle met un point final à la grande fête du football qui aura fait tourner la tête de toute une nation pendant plusieurs semaines. Toute à sa joie, Chastain tombe à genoux tel Björn Borg à Wimbledon et lance son maillot par-dessus sa tête sous les applaudissements d'une foule en délire. "C'était un instant de folie, rien de plus, rien de moins", confesse Chastain après coup. "Je ne pensais à rien. Je me souviens m'être dit : mon Dieu, c'est le plus grand moment de ma carrière !"

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Au bout du suspense

Pour se hisser jusqu'en finale, les États-Unis ont aligné cinq victoires, dont un triomphe retentissant (3-2) face à l'Allemagne en quart de finale et un succès à l'arraché (2-0) devant le Brésil en demi-finale. En finale, malgré une domination quasi-totale au milieu de terrain, les Américaines ont toutes les peines du monde à contourner une défense chinoise impénétrable.

La RP Chine aborde pourtant la finale avec la meilleure attaque du tournoi. Depuis le début de la compétition, les Asiatiques ont inscrit 19 buts et n'en ont encaissé que 2. Mais la défense très agressive des Américaines (la "100-defense") empêche les milieux chinoises de soutenir leurs attaquantes. Pourtant, il s'en faut d'un rien que les Roses d'Acier n'arrachent la décision sur un but en or.

Ironie du sort, le Rosebowl de Pasadena accueillait là sa deuxième finale de Coupe du Monde de la FIFA et, pour la deuxième fois, le résultat de la rencontre s'est finalement joué aux tirs au but. Après la victoire du Brésil sur l'Italie en 1994, c'est au tour des Etats-Unis de célébrer leur sacre mondial.

Le Brésil bronzé

Après son élimination prématurée en Suède quatre ans plus tôt, le Brésil a accompli d'énormes progrès. Il s'adjuge la médaille de bronze aux dépens de la Norvège (0-0, 5 tab 4).

Joueuse vedette de la Seleçao, Sissi confirme lors de l'épreuve reine tout le bien que l'on pouvait penser d'elle. Auteur d'un triplé contre le Mexique, elle enchaîne par un doublé contre l'Italie et démontre par la même occasion que le Brésil n'est pas venu aux Etats-Unis faire de la figuration. Elle est encore décisive en quart de finale, face au Nigeria, en inscrivant le But en or (4-3).

Si les Etats-Unis barrent finalement la route de Sissi et du Brésil dans le dernier carré, les Sud-Américaines se consolent avec une victoire aux tirs-au-but, face aux Scandinaves dans le Match pour la Troisième Place achevé sur le premier 0-0 de l'histoire de la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA.

Fortunes diverses pour les débutantes

Baptême du feu réussi pour la Russie. Elle atteint les quarts de finale, battue par la RP Chine (2-0). Précédemment, en phase de groupe, elle s'offre le scalp du Canada (4-1) et du Japon (5-0).

Pour leur première apparition à ce niveau, les Black Queens du Ghana font, de leur côté, une belle impression face à l'Australie (1-1). Hélas, trois jours plus tard, les faiblesses de la défense ghanéenne sont exposées par Sun Wen (3 buts) et Zhang Ouying (2 buts) lors de la victoire 7-0 de la Chine. Les Africaines terminent en roue libre et s'inclinent à nouveau face à la Suède (2-0).

Déception scandinave

La Norvège, championne du monde en titre, choisit quant à elle de s'appuyer sur le groupe qui lui a si bien réussi en Suède quatre ans plus tôt. Hege Riise, meilleure joueuse du précédent tournoi, la gardienne Bente Nordby, les défenseuses Anne Nymark Andersen et Linda Medalen, ainsi que l'attaquante Ann Kristin Aarønes sont toutes au rendez-vous. Après une victoire difficile contre la Russie (2-1) pour son entrée en lice, la Norvège humilie le Canada 7-1.

Le Japon (4-0) et la Suède (3-1) subissent le même sort. Pourtant, malgré un parcours impressionnant, les Norvégiennes terminent au pied du podium, battues 5 tirs au but à 4 par le Brésil au terme du match pour la troisième place. Mais c'est le Danemark qui reste la grande déception de ce tournoi. Impressionnantes lors des éliminatoires, les Danoises ne marqueront pas le moindre point aux Etats-Unis

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Participants

Brésil, Canada, États-Unis, Mexique, Ghana, Nigeria, Norvège, Suède, Danemark, Allemagne, Italie, Russie, RP Chine, Australie, RDP Corée, Japon.

Classement final

  1. États-Unis
  2. RP Chine
  3. Brésil
  4. Norvège

Sites

New York, San José, Boston, Los Angeles, Portland, Washington DC, Chicago, San Francisco.

Nombre de buts

  • 123 (soit 3,8 par match)

Prix

  • Ballon d'Or adidas : Sun Wen (RP Chine)
  • Ballon d'Argent adidas : Sissi (Brésil)
  • Ballon de Bronze adidas : Michelle Akers (États-Unis)
  • Soulier d'Or adidas : Sun Wen (RP Chine), 7 buts et 1 passe décisive
  • Soulier d'Argent adidas : Sissi (Brésil), 7 buts
  • Soulier de Bronze adidas : Ann Kristin Aarones (Norvège), 4 buts
  • Prix du Fair-play de la FIFA : RP Chine