Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

7 juin - 7 juillet

Rétro 2019

Ellis et Wiegman rejouent la finale de France 2019

  • Jill Ellis et Sarina Wiegman analysent ensemble la finale de la Coupe du Monde Féminine
  • Les deux techniciennes parlent de leur tactique et de leurs analyses d'avant-match
  • "Nous avions énormément de respect"

Pour Jill Ellis et Sarina Wiegman, l'année 2019 restera à jamais dans les annales. Ellis a offert à son équipe nationale féminine des États-Unis un deuxième trophée de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ de suite en France avant de quitter son poste. Elle est la seule technicienne à avoir jamais décroché le plus grand titre mondial féminin à deux reprises, elle qui a ensuite été élue The Best – Entraîneur de la FIFA pour le football féminin.

Wiegman, de son côté, a vu ses Oranjevrouwen disputer leur toute première finale de Coupe du Monde Féminine à l'occasion de leur deuxième participation seulement. Si elles sont tombées sur plus fortes qu'elles dans la Grande Finale, les filles de Wiegman ont déployé un jeu léché qui leur a permis d'aller jusqu'au bout et de donner du fil à retordre aux championnes en titre.

Les deux femmes se sont retrouvées pour parler du plus grand événement de l'année 2019 : la finale de la Coupe du Monde Féminine.

Sarina Wiegman, Head Coach of the Netherlands shakes hands with Jill Ellis
© Getty Images

Le tournant de la finale

Jill Ellis : pour moi, ça a été le but de Rose Lavelle. À ce moment-là, j'ai eu le sentiment que nous avions enfin pris le contrôle du match. Mener seulement 1-0 ne garantit rien. Je pense que le but de Rose est un coup de génie individuel. Nous avons récupéré le ballon, grâce à Sammy Mewis qui a passé à Rose Lavelle. C'était une très belle frappe.

Sarina Wiegman : le penalty nous a porté un coup au moral, j'ai vu un changement au sein de mon équipe. Cela a aussi montré que nous avions vraiment mis beaucoup d'efforts dans le tournoi et énormément d'énergie. Nous tenions bien jusque-là, mais quand les États-Unis ont mené 1-0, je me suis dit : 'Bon, on va vraiment souffrir maintenant'.

Les ajustements tactiques

Jill Ellis : Nous savions que nous devions bien jouer contre les Néerlandaises. Vous vous concentrez sur un seul match à la fois, mais quand vous commencez à regarder des vidéos sur votre adversaire, vous commencez à comprendre le jeu des Pays-Bas. Nous avions énormément de respect pour leur capacité à faire circuler le ballon et leur bonne structure collective. Nous savions que [Vivianne] Miedema allait avoir beaucoup d'impact et nous avons apporté un changement en début de match, celui de demander à [Julie] Ertz d'évoluer un peu plus bas pour se rapprocher de Miedema et pour que son équipe ne la trouve pas. [Miedema] récupérait le ballon dans les espaces [entre le milieu et l'attaque] donc nous avons demandé à Ertz de jouer plus bas pour empêcher que le ballon lui arrive dans les pieds.

Sarina Wiegman : comme elles avaient trois attaquantes qui étaient très rapides et très confiantes balle au pied, nous avons aligné [Dominique] Bloodworth à gauche en raison de ses qualités défensives. Nous avons ensuite demandé à [Lineth] Beerensteyn de jouer en pointe, devant Miedema tandis que [Danielle] van de Donk évoluait à droite. Nous avons changé ce schéma car avec [Crystal] Dunn sur la gauche, comme elle est très rapide, nous ne pensions pas pouvoir être à la hauteur en termes de vitesse donc nous voulions que Van de Donk se trouve là.

Même si nous savions qu'elles avaient une défense solide, nous pensions que grâce à la vitesse de Lineth Beerensteyn derrière la défense, nous pourrions leur porter quelques coups. Dans notre analyse d'avant-match, Ertz jouait au milieu de terrain, un peu comme une sentinelle. Elle n'allait pas en profondeur tout le temps, donc on pensait que si Miedema était un peu plus derrière, ce serait bon car elle est très bonne dans la possession de balle et en termes de positionnement.

Julie Ertz of the USA passes the ball under pressure from Vivianne Miedema of the Netherlands
© Getty Images

Jill Ellis : nous avions prévu que Miedema joue dans l'axe, en pointe et nous savions que la menace ne serait pas vraiment verticale parce qu'elle est plus à l'aise quand elle descend chercher le ballon elle-même. Nous avons remarqué [étant donné que Beerensteyn jouait en pointe] que l'axe allait être beaucoup plus rapide. Nous avons donc demandé à Ertz d'évoluer plus bas parce que nous avions énormément de respect pour Miedema et sa capacité à dicter le jeu.

Nous savions que le milieu de terrain était le cœur du jeu, nous avons demandé à Alex Morgan de jouer un peu plus bas aussi, pour les forcer à jouer sur les côtés et à empêcher Sherida Spitse à déployer ses passes comme elle sait le faire.

Globalement, nous pensions qu'elles auraient beaucoup le ballon donc nous voulions mettre la pression, les forcer à perdre le ballon ou à prendre des décisions hâtives et ensuite récupérer le ballon et partir en contre, là où nous pensions pouvoir leur faire mal. Nos artistes leur ont posé des problèmes en un contre un. Puis Lavelle et Mewis ont combiné. Ce sont deux joueuses qui aiment attaquer et aller vers l'avant donc nous essayions presque de surcharger leur système, de leur mettre la pression et de jouer en contre aussi.

Pour d'autres analyses, regardez l'intégralité de la vidéo.

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