Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

7 juin - 7 juillet

France 2019 - Angleterre

Houghton : "Nous voulons aller encore plus loin"

Il suffit de s’entretenir quelques minutes avec Steph Houghton pour ressentir le calme et la concentration qui se dégagent de sa personne. Sur le terrain, ces qualités sont encore plus évidentes, que ce soit sous le maillot de Manchester City ou de l’équipe d’Angleterre. En club comme en sélection, ses coéquipières affichent un profond respect à son égard. Il faut dire qu’au-delà de son caractère bien trempé, Houghton possède un palmarès particulièrement fourni.

Le tirage au sort officiel de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ a réservé aux Lionesses trois adversaires aux profils très différents : l’Écosse, leur rivale de toujours, le Japon, champion du monde 2011, et l’Argentine, l’un des invités-surprises de France 2019. Désormais, Houghton peut enfin se consacrer entièrement à ces prochaines échéances.

FIFA.com a rencontré la jeune femme de 31 ans pour évoquer ses expériences dans l’épreuve suprême, ses ambitions et ses espoirs de voir l’Angleterre franchir un nouveau palier.

© Getty Images

Steph Houghton, où étiez-vous au moment du tirage au sort et qu’avez-vous pensé en découvrant les noms de vos premiers adversaires ?

J’ai suivi la cérémonie à la télévision, tout en discutant avec ma cousine et son bébé sur FaceTime. Elle aimerait venir en France avec sa famille. Dès que nous avons eu le résultat, nous avons essayé de voir comment nous organiser. Et puis, les SMS ont commencé à pleuvoir...

On imagine que vos coéquipières de Manchester City ont été nombreuses à vous écrire. Vous allez certainement vous retrouver en duel contre Caroline Weir durant le match face à l’Écosse. Quels sont ses atouts ?

Caz a vécu sa première saison à Manchester City [en 2018/19] et elle nous a déjà apporté beaucoup. Avec elle, notre jeu a pris une dimension supplémentaire. C’est une joueuse très technique, qui possède un pied gauche extraordinaire. Nous savons de quoi elle est capable, puisque que nous la côtoyons tous les jours à l’entraînement. Il va falloir trouver le moyen de la contrer car je pense qu’elle va tenter de mener le jeu de son équipe. Elle est extrêmement adroite sur coups de pied arrêtés et, comme si ça ne suffisait pas, elle est aussi capable de marquer. Nous aurons tout intérêt à la tenir à l’œil.

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Jusqu’où peut aller l’Angleterre dans ce tournoi ?

J'espère jusqu’au bout. C’est notre objectif en tout cas. Ces dernières années, nous avons participé à de nombreux tournois. Nous avons joué deux demi-finales de l’UEFA EURO féminin et une autre en Coupe du Monde 2015. Nous sommes reparties du Canada avec le bonze. Désormais, nous voulons aller encore plus loin et disputer la finale.

Cette nouvelle édition s’annonce-t-elle très différente de la précédente, que ce soit au niveau de l’ambiance au sein de l’équipe d’Angleterre ou de l’intérêt des médias et du public ?

Pour ce qui est de l’intérêt, oui, ça ne fait aucun doute. Tout le monde savait que nous étions en Coupe du Monde il y a quatre ans. On en parlait, mais ça ne suscitait qu’un intérêt mesuré. Depuis, nous avons pris la troisième place en 2015, nous avons joué une demi-finale [de l’UEFA EURO féminin] en 2017 et, récemment, nous avons gagné la SheBelieves Cup... désormais, on attend beaucoup de nous dans les grandes compétitions.

De notre côté, nous voulons tirer le maximum de cette expérience, de cette pression. Quand l’effectif est au complet, nous avons des atouts à faire valoir. Nous prenons plaisir à jouer, nous progressons à chaque match depuis l’arrivée du nouveau sélectionneur et, chaque jour, nous nous régalons à l’idée de relever le défi et de ramener la Coupe du Monde en Angleterre.

Ce n’est pas un souvenir très agréable, mais qu’avez-vous ressenti en voyant le ballon passer la ligne dans le temps additionnel lors de cette fameuse demi-finale contre le Japon, en 2015 ?

Sur le coup, je me suis sentie vidée. Nous avions travaillé tellement dur pour atteindre cette demi-finale, la première de notre histoire en Coupe du Monde. Qui plus est, nous avons bien joué. C’était sans doute notre meilleur match. Je me disais que si nous pouvions atteindre le coup de sifflet final, nous étions sûres de prendre l’avantage en prolongation. Quand j’ai vu le ballon rentrer, tout s’est effondré. Nous n’avions plus le temps de réagir.

C’était un moment difficile, surtout pour Bass [Laura Bassett, buteuse contre son camp], qui avait fait un tournoi extraordinaire. C’était une joueuse incontournable en 2015. Mais on gagne ensemble et on perd ensemble. C’était très dur, mais je pense que ça nous a poussées à gagner le match pour la médaille de bronze. Nous avons su nous servir de toutes ces émotions pour nous dépasser et prendre la troisième place, en battant l’Allemagne pour la première fois.

Mais sur le moment, c’était un cauchemar. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas changer le passé. Cet épisode nous a rendues plus fortes.

Houghton à propos de ses adversaires en #FIFAWWC

Écosse :

Nous avions rencontré les Écossaises en ouverture de l’Euro 2017. Je me suis dit : "Oh, non ! Encore !" Mais c’est un match excitant. C’est une affiche très importante pour les deux pays et je m’attends à ce qu’il y ait du spectacle.

Japon :

Les Japonaises ont des joueuses expérimentées. Elles ont plusieurs internationales à Lyon, [Saki] Kumagai est incroyable depuis plusieurs années maintenant. Elle sera encore très importante pour elles.

États-Unis :

Au bout du compte, notre nul contre les États-Unis en SheBelieves Cup nous a déçues. Nous avons eu des occasions de l’emporter mais, au moins, nous avons montré que nous pouvions faire jeu égal avec les meilleures équipes au monde.

Phil Neville vous considère comme "une joueuse incroyable, capable de combler le fossé" entre jeunesse et expérience, d’autant que vous avez déjà disputé une Coupe du Monde Féminine. Sur quelles expériences comptez-vous vous appuyer pour guider les joueuses qui n’ont pas encore eu la chance de se produire à ce niveau ?

Je crois qu’il faut garder le groupe à un certain niveau, de façon à ce que, quand nous gagnons, l’émotion ne prenne pas le dessus. De même, nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser abattre après une défaite.

Nous formons une équipe soudée, agressive. Nous prenons du plaisir à jouer. Il ne faut surtout pas perdre de vue ces fondamentaux. Au bout du compte, c'est important de s’amuser sur le terrain. Pour tirer le meilleur d’un groupe, il faut que les filles prennent du plaisir. Si elles arrivent à l’entraînement avec le sourire, elles n’en travailleront que plus dur. Il est essentiel de savoir aussi se détendre.

Je crois qu’il ne faut pas non plus écouter tout ce qui se dit. Avec les réseaux sociaux et les nombreuses sollicitations extérieures, comme la télévision, il convient de savoir s’entourer. Que ce soit ses coéquipières, ses parents ou ses entraîneurs, il faut choisir ses interlocuteurs et éviter de prendre les choses trop à cœur.

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