Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

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7 juin - 7 juillet

France 2019 - République de Corée

Ji So-Yun : "Rien ne me fait peur"

Soyun Ji of Korea Republic celebrates scoring a goal during the Cup of Nations match against Argentina
© Getty Images
  • Ji So-Yun va vivre sa deuxième Coupe du Monde Féminine de la FIFA
  • Le match inaugural de France 2019 opposera la République de Corée au pays hôte
  • La capitaine sud-coréenne affirme que sa sélection a progressé depuis Canada 2015

Dans le football féminin sud-coréen, le nom de Ji So-Yun s’accompagne toujours des superlatifs "la plus jeune", "la première" ou encore "la meilleure". Auteure d’un doublé contre Chinese Taipei pour ses débuts internationaux à l’âge de 15 ans et 282 jours en octobre 2006, So-Yun occupe une place centrale dans l’émergence du football féminin national depuis dix ans.

La meneuse de jeu s’est d’abord fait connaître sur la scène internationale en décrochant la troisième place avec les Guerrières Taegeuk à l’occasion de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Allemagne 2010, avant de goûter au plus haut niveau avec la sélection senior cinq ans plus tard, lors de Canada 2015.

À quelques jours du coup d’envoi de France 2019, FIFA.com s’est entretenu avec la joueuse de 28 ans, qui vient de rejoindre le Centre national de football de Paju, après une saison intense en Angleterre.

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Peut-on comparer votre statut de précurseur au parcours de Cha Bum-Kun, pionnier du football masculin sud-coréen en Europe ?
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Je suis bien sûr très honorée d’être comparée à Cha Bum-Kun et fière d’assumer un rôle similaire dans le football féminin sud-coréen. Je suis également ravie de voir que les jeunes joueuses bénéficient d’un meilleur cadre désormais. Évidemment, la pression se fait parfois ressentir, mais c’est une source de motivation.

Votre surnom de "So-Yun Messi" en République de Corée est-il aussi source de pression ?
Oui (rires). Ça fait longtemps, à vrai dire. C’est à cause de ce surnom que je fais face à de violentes critiques lorsque je ne joue pas bien. Mais je n’y peux rien si l’on attend mieux de moi. Ça ne me dérange plus maintenant. C’est comme ça. Cela dit, je préfère être appelée par mon nom plutôt que d’être comparée à un joueur masculin. À Chelsea, mes coéquipières m’appellent simplement "So-Yun".

Deux de vos coéquipières en club, à savoir Maren Mjelde et Maria Thorisdottir, feront partie de l’équipe de Norvège lors de France 2019. Avez-vous déjà discuté du match entre vos sélections ?
Pas du tout. Nous sommes très proches. Mais depuis que nous savons que nous sommes dans le même groupe, nous ne nous sommes pas parlé. C’est certainement un combat psychologique, car j’ai toujours discuté avec les autres filles qui disputeront la Coupe du Monde dans d’autres groupes !

Au cours de votre parcours en Ligue des champions féminine de l’UEFA, vous avez affronté le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais, qui comptent des éléments-clés de la sélection française. Vous avez notamment marqué un but spectaculaire sur coup franc contre Lyon, en demi-finale.
J’avais toujours rêvé de jouer contre Lyon. Comme je pouvais m’y attendre, le niveau des joueuses était très haut, mais je ne pense pas que nous étions inférieures. Nous étions capables de les bousculer. Lors du match retour, à domicile, notre prestation a été mauvaise. Lorsque nous avons obtenu le coup franc, je me suis dit que je ne devais pas gâcher cette belle occasion. L’emplacement était idéal pour moi. J’avais confiance car je m’étais entraînée à tirer de cette zone.

En quart de finale, vous avez joué contre le Paris Saint-Germain au Parc des Princes, qui accueillera le match inaugural de l’épreuve mondiale entre la République de Corée et la France. Quel souvenir en gardez-vous ?
L’ambiance était géniale. Les supporters parisiens étaient très enthousiastes. Ils se tenaient débout dans les tribunes, sautaient et chantaient tout le temps. Je me suis dit : "Ouah, ce sont de vrais passionnés !" J’étais même un peu jalouse du soutien qu’ils apportaient à leur équipe. Le stade en lui-même est impressionnant, mais rien ne me fait peur. Jouer à l’extérieur, avec un public en délire qui encourage et acclame ses joueuses, nous l’avons déjà vécu.

Faites-vous référence au match contre la RDP Corée il y a deux ans, en compétition préliminaire pour France 2019, dans un stade Kim II Sung plein à craquer (près de 50 000 supporters) à Pyongyang ?
Oui. Je me souviens de l’égalisation de Jang Selgi en deuxième période. Nous étions toutes folles de joie car ce but nous avait permis de disputer les qualifications pour espérer participer à la Coupe du Monde. Le silence avait subitement envahi les tribunes. Nous n’entendions plus que nos propres voix. Nous nous étions entraînées avec des haut-parleurs sur le bord du terrain pour reproduire le bruit de la foule. Ça nous a bien aidées. Nous avons survécu à Pyongyang. Alors pourquoi ne résisterions-nous pas à Paris ?

Il y a quatre ans, lors de Canada 2015, vous ne sembliez pas dans une forme optimale après votre blessure en phase de groupes. Avez-vous des regrets ?
Je me rappelle de chaque instant. La pression sur mes épaules était très lourde. Je reconnais que je n’étais pas à mon meilleur niveau. Nous avions surmonté toutes les difficultés pour atteindre les huitièmes de finale. Rester sur le banc face à la France a donc été douloureux pour moi. Mais nous ne pouvions pas gâcher un remplacement. Dans ma tête, j’ai encore les images de cette défaite face à ces excellentes joueuses françaises. Je suis certaine qu’elles sont encore meilleures aujourd’hui, tout comme nous. Depuis cette aventure il y a quatre ans, j’ai progressé et laissé la déception derrière moi.

Quelle est la différence entre la sélection sud-coréenne actuelle et celle d’il y a quatre ans ?
À l’exception de Kim Jungmi, nous disputions toutes notre première Coupe du Monde il y a quatre ans. Désormais, une grande partie de l’effectif jouit de cette expérience internationale. S’il est difficile de prévoir les choses, nous ferons tout pour obtenir au moins un point. Notre objectif premier est de passer la phase de groupes. Ce ne sera pas facile, mais si nous croyons en nous, nous pourrons y parvenir. Une fois cette étape passée, nous en voudrons encore plus.

Et sur le plan personnel ?
Lorsque je me fixe un objectif personnel, ce n’est jamais une grande réussite. J’essaierai donc de jouer comme je sais le faire et mieux qu’il y a quatre ans. Je ne me préoccupe pas des statistiques, des buts et des passes décisives. Peu importe si je marque ou pas. Je me concentre uniquement sur le collectif et espère profiter de chaque seconde sur le terrain.

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