Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

7 juin - 7 juillet

France 2019 - États-Unis

Lavelle : "J'ai travaillé toute ma vie pour en arriver là"

Rose Lavelle of the USA celebrates with team-mates after scoring in the Final of the FIFA Women's World Cup France 2019™
© FIFA via Getty Images
  • Rose Lavelle s’est imposée est l’une des révélations de France 2019
  • L’internationale américaine se confie en interview avec FIFA.com
  • "Je n’ai pas encore réalisé ce qui s’est passé pendant la Coupe du Monde", assure-t-elle

Rose Lavelle fait partie des révélations de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™. Son but en finale illustre parfaitement les qualités de la milieu de terrain : créativité, énergie et talent.

Entre la tournée de l’équipe nationale américaine et la dernière ligne droite de la National Women's Soccer League (NWSL), FIFA.com a rencontré la lauréate du Ballon de bronze adidas pour évoquer ces quelques mois chargés, au cours desquels elle a réalisé son plus grand rêve.

Rose Lavelle from USA
© Getty Images

Rose Lavelle, que ressent-on au moment de disputer sa première Coupe du Monde aux côtés de joueuses expérimentées et d’anciennes championnes du monde ?

C’est fabuleux. Je suis arrivée au meilleur moment. Plusieurs jeunes joueuses ont intégré l’équipe en même temps, mais il restait encore beaucoup d’anciennes très expérimentées. J’apprends énormément à leurs côtés, sur le terrain comme en dehors. Leur expérience nous a vraiment été très utile au moment d’aborder le tournoi car la pression était énorme, tant à l’intérieur de l’équipe qu’à l’extérieur. Nous étions attendues au tournant. Le fait de pouvoir compter sur des joueuses qui avaient déjà été dans cette situation et qui avaient su en tirer parti était évidemment un gros avantage. Elles nous ont guidées vers le sommet.

Au cours des 12 mois qui ont précédé France 2019, l’équipe a semblé connaître une phase de transition. Comment le lien entre les générations s'est-il établi ?

Cette équipe possède une mentalité très spéciale, mais ça ne se limite pas à l’équipe. En fait, on retrouve le même état d’esprit au sein de la première sélection américaine, en 1985. Ensuite, il y a eu la génération 99 : aucune équipe n’a mieux incarné cette mentalité. Depuis, l’héritage se transmet de génération en génération. J’ai le sentiment que nous avons été à la hauteur de celles qui nous ont précédées. Pendant toute mon enfance, j’ai retrouvé les mêmes qualités au sein de la sélection américaine, cette rage de vaincre et cet esprit combatif. J’ai beaucoup de chance d’avoir pu l’incarner à mon tour, de l’avoir vécu de l’intérieur et de me l’être approprié.

Pendant la Coupe du Monde, vous avez toujours évolué dans des stades pleins, souvent acquis à votre cause. Votre équipe s'est-elle sentie portée par le public, ou sous pression ?

Nous avions parfois l’impression d’être l’équipe la plus aimée et la plus détestée du tournoi. Beaucoup de gens nous trouvent arrogantes ou prétentieuses, mais ils se trompent. Pour moi, c’est avant tout de la confiance. Nous avions confiance en notre plan de jeu, en nos partenaires et nous voulions vivre chaque instant pleinement. Nous avons travaillé toutes nos vies pour en arriver là. Nous avions simplement envie de prendre du plaisir sur le terrain, de profiter de l’instant et du bonheur d’évoluer à ce niveau. Mais pour être franche, nous nous sommes tenues à l’écart des réseaux sociaux. Cela nous a aidées car il y a eu beaucoup de débats et de critiques autour de nous. Le fait de prendre du recul et d’éviter de trop nous intéresser aux polémiques nous a fait du bien.

Le match contre la France en quart de finale avait des allures de finale avant la lettre. Qu’avez-vous ressenti pendant le match ?

C’était incroyable ! Quand nous sommes sorties nous échauffer, nous avons entendu des supporters qui chantaient : "USA". Je me suis dit que nous avions de la chance. Nous étions dans un stade acquis à la cause de la France et nous avions quand même du soutien. C’était un gros obstacle à franchir. Il nous a fallu serrer les dents et défendre, mais nous n’avons jamais baissé les bras. Nous savions ce qui nous attendait, mais nous avons respecté notre plan de jeu à la lettre. Heureusement, tout s’est bien passé pour nous.

Vous avez atteint la finale dès votre première participation. Comment vous sentiez-vous ? Êtes-vous généralement nerveuse avant d'entrer sur le terrain ?

En fait, je me sentais plutôt bien. Nous venions de battre la France et l’Angleterre, deux équipes qui auraient parfaitement pu être présentes en finale. Après ces épreuves, j’avais l’impression que nous étions très confiantes, peut-être plus confiantes que jamais. J’étais en pleine forme et j’avais hâte de jouer cette finale. Personne ne pensait à ce qui arriverait en cas de défaite. Nous serions simplement rentrées chez nous et d’autres joueuses nous auraient succédé. Mais c’était un moment historique. Sur le coup, je me suis sentie envahie par le calme et la confiance. Je n’avais sans doute jamais été aussi sereine avant un match.

La première heure a été tendue puis tout a basculé en huit minutes. Comment avez-vous vécu cette souffrance et ce soulagement ?

Quand nous avons enfin réussi à percer leur défense, j’ai ressenti un énorme soulagement. Quand j’ai marqué le deuxième but, j’étais encore plus soulagée car j’avais le sentiment que le match ne pouvait plus nous échapper. Je savais que si nous défendions avec notre mentalité habituelle, il ne pouvait rien nous arriver. Heureusement, c’est ce que nous avons fait.

Parlez-nous de votre but. Qu’avez-vous ressenti en effaçant la défense néerlandaise avant de conclure ?

Je me souviens que Crystal Dunn a réussi un super tacle pour étouffer leur contre, avant de servir Samantha Mewis. Sam a réussi à attirer leur milieu à elle puis elle m’a transmis le ballon. Les Néerlandaises ne nous avaient pas laissé beaucoup d’espaces jusque-là. Je n’avais pratiquement pas eu la possibilité de dribbler qui que ce soit. Mais quand l’occasion s’est présentée, je l’ai saisie. Alex Morgan a détourné l’attention de la défense centrale en faisant un appel. J’espérais qu’au moins une joueuse viendrait me prendre au marquage pour que je la serve, mais personne ne s’est approché. Alors, j’ai tenté ma chance et le ballon est rentré. Il a fallu beaucoup de mouvement et beaucoup de petites choses pour rendre cette action possible.

Vous souvenez-vous des célébrations et des instants qui ont suivi sur le terrain et plus tard ce soir-là ?

Je m’attendais à être très émue et à fondre en larmes mais au lieu de ça, je n’ai ressenti qu’un immense bonheur. J’étais aussi soulagée car tous nos efforts avaient été récompensés. En tout cas, nous nous sommes bien amusées après. En général, je suis plutôt du genre à me poser sur un canapé, mais je sais qu'une telle occasion ne se présente qu’une fois tous les quatre ans et qu’il faut en profiter au maximum.

Une photo de vous a circulé sur laquelle on vous voit à l'école habillée comme votre idole, Mia Hamm. Mesurez-vous le chemin parcouru depuis ?

J’étais obsédée par cette équipe et par Mia Hamm, Julie Foudy, Kristine Lilly... Toutes ces joueuses étaient mes idoles et je n’avais qu’une idée en tête : marcher sur leurs traces. C’est une bonne chose d’avoir pu boucler la boucle. Aujourd’hui, c’est moi qui sers d’exemple à des jeunes filles, comme elles avant moi. J’espère que je donnerai envie à d’autres enfants de réaliser leur rêve.

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