Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

7 juin - 7 juillet

France 2019

Lilly : "Les '99ers' ont changé la société"

© Getty Images
  • La légendaire Américaine pense que les '99ers' ont changé les mentalités
  • Les joueuses ont dû assurer la promotion de l'équipe en dehors du terrain, en plus de gagner leurs matches
  • Lilly : "On a vécu comme les Beatles le temps du tournoi"

Nous sommes en 1999. Les États-Unis sont sur le point d'organiser la Coupe du Monde Féminine de la FIFA pour la toute première fois. Kristine Lilly et ses coéquipières américaines avancent dans l'inconnu. La grande question : quel accueil le réserve leur public ?

Trois ans plus tôt, en 1996, les Américaines ont décroché l'or aux Jeux Olympiques d'Atlanta, sur leurs terres, la première édition comptant le football féminin dans son programme. Cependant, l'absence de championnat professionnel empêche les joueuses de continuer sur leur lancée. En 1999, la Fédération américaine doit donc décider quelle ampleur elle veut donner au tournoi mondial : les matches se joueront-ils dans des stades gigantesques ou faut-il faire preuve de prudence ?

US Soccer décide de mettre le paquet et de faire confiance à son équipe, qui compte alors dans ses rangs des joueuses comme Kristine Lilly, Mia Hamm ou encore Michelle Akers. C'est la bonne décision. Le public répond présent et dans tout le pays, les stades se remplissent de supporters avides de soccer féminin qui assistent à la transformation de leurs joueuses.

"C'était intéressant pour nous, mais le plus stressant était sans doute de savoir si on allait jouer à guichets fermés dans les grands stades", explique Lilly. "Au final, les stades étaient pleins à craquer pour nos matches, c'est comme ça qu'on s'est forgé notre réputation. On a vécu comme les Beatles le temps du tournoi."

Tout n'est cependant pas rose puisque l'équipe, en plus de s'appliquer sur le terrain, doit assurer la promotion de son sport en dehors du rectangle vert. Rappelons que nous sommes en 1999 : pas moyen d'envoyer un tweet, de créer une story Instagram ou de publier sur Facebook. Les joueuses doivent donc redoubler d'efforts et se montrer malignes. "On créait la surprise. On débarquait à l'entraînement d'autres équipes pour les surprendre."

"Je me souviens être allée à un entraînement à Boston avec Mia Hamm. Les joueuses n'en revenaient pas qu'on était là. Ça a été l'occasion de leur parler et de signer des autographes. Nous, nous aimions le contact avec les supporters" poursuit-elle. 'Ce contact, elles ne l'ont jamais perdu, il s'est même intensifié tout au long du tournoi, à mesure que l'équipe remportait des victoires, profitant également d'une pause dans la saison d'autres sports traditionnels aux États-Unis.

Lilly estime que le public a vraiment commencé à s'intéresser au tournoi après la victoire contre le Danemark en match d'ouverture dans le stade des New York Giants, et que les mentalités ont également commencé à changer. "Chaque match attirait l'attention et comme il n'y avait pas beaucoup d'autres sports en même temps, tout le monde a vu qu'on gagnait et les gens se sont mis à parler de nous : 'oh, tu as vu le soccer, les filles gagnent.' Ce tournoi a changé l'opinion des gens sur le sport féminin et pas seulement sur le football féminin."

La célèbre victoire aux tirs au but face à la Chine en finale a propulsé Lilly et ses coéquipières vers les sommets de la gloire. Plus personne ne leur demandait dans quel club elles jouaient, tout le monde voulait savoir quand était le prochain match.

À l'approche du 20e anniversaire de ce tournoi, on parle encore des '99ers' (la génération 99), un surnom qui suit Lilly et ses amies depuis deux décennies. "Je pense que nous n'avons pas fait que gagner la Coupe du Monde. Il y a eu un changement sociétal", estime la membre de la FIFA Legends Squad) pour la Coupe du Monde Féminine de cet été. "On a gagné le tournoi à une époque où le soccer n'était pas ce qu'il est maintenant, les gens ne savaient pas qui nous étions. Et on ne donnait pas d'importance aux sports pratiqués par les femmes. Les jeunes filles ont vibré avec nous, les femmes de 30 ans ont vibré avec nous. Cela a été un changement culturel."

Aujourd'hui, Lilly est mère de deux filles – Sidney (dix ans) et Jordan (sept ans) – toutes deux footballeuses, par choix et non pas parce qu'elles ont été poussées par leur maman, même si elles ont déjà vu des vidéos de Lilly sur le terrain. Cet été en France, elles ont l'intention de venir soutenir leurs joueuses préférées, Alex Morgan, Tobin Heath et Megan Rapinoe. Si ses filles souhaitent suivre le chemin tracé par leur mère, Lilly fera tout pour les encourager. Non pas pour les trophées potentiels, mais pour les rencontres effectuées.

"Les filles avec qui j'ai joué sont restées mes meilleures amies", dit-elle. "Ce sont des femmes fortes avec qui on rigolait bien, qui avaient beaucoup de compassion et qui vous permettaient d'être vous-même. C'est vraiment fort de se retrouver dans un tel environnement et j'encouragerais quiconque à vouloir accomplir cela."

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