Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™

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7 juin - 7 juillet

France 2019 - Japon

Utsugi : "Je me concentre sur la préparation mentale"

Rumi Utsugi in action for Japan.
© imago
  • Rumi Utsugi est l’une des internationales japonaises les plus expérimentées
  • Elle faisait partie de l’équipe sacrée championne du monde en 2011
  • La milieu de terrain nippone répond aux questions de FIFA.com

Les bons résultats enregistrés lors des Coupes du Monde Féminines de la FIFA U-17 et U-20 laissent à penser qu’une nouvelle génération de Nadeshiko est aujourd’hui prête à se lancer à la conquête de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™.

L’enthousiasme de la jeunesse est un atout précieux, mais dans les grandes compétitions internationales, il doit être contrebalancée par l’expérience. C’est précisément le rôle dévolu à Rumi Utsugi. La trentenaire a disputé trois éditions de l’épreuve mondiale. Pour les jeunes joueuses de la sélection nippone, elle est la preuve vivante que rien n’est impossible : le Japon peut remporter la Coupe du Monde car Utsugi l’a fait.

A Francfort, ce 17 juillet 2011, Homare Sawa a soulevé le trophée. Quelques minutes plus tôt, le Japon s’était imposé 3-1 aux tirs au but devant les États-Unis pour devenir le premier pays asiatique à inscrire son nom au palmarès du tournoi. Quelques mois après le tremblement de terre et le tsunami qui avaient dévasté la Japon, ce triomphe inattendu a pris une signification symbolique importante. Le titre mondial conquis en 2011 a eu un impact énorme sur l’évolution du football féminin japonais.

Incontournable en 2007 en RP Chine, elle a souvent été reléguée sur le banc en 2011. Depuis, Utsugi a reconquis ses galons de titulaire. De retour dans le onze type lors de Canada 2015, elle a mené son équipe en finale, sans toutefois parvenir à reproduire l’exploit face aux Stars and Stripes (5-2).

Outre son expérience en Coupe du Monde Féminine, Utsugi peut également faire valoir ses six années de présence à Montpellier, qui font d’elle la première Japonaise de l’histoire de l’élite féminine française. Elle porte aujourd’hui les couleurs de Seattle Reign en National Women’s Soccer League (NWSL) américaine, où elle côtoie régulièrement de nombreuses joueuses qu’elle retrouvera en France.

Les Nadeshiko feront leur entrée en lice dans le tournoi le 10 juin au Parc des Princes, contre l’Argentine. En attendant, FIFA.com a rencontré Utsugi pour évoquer la situation de son pays et la façon dont elle envisage son rôle au sein du groupe, huit ans après cette soirée magique à Francfort.

Quel impact votre victoire en Coupe du Monde Féminine 2011 a-t-il eu sur l’évolution du football féminin au Japon ?
Auparavant, les Japonaises qui jouaient au football n’étaient pas très nombreuses. Depuis 2011, de plus en plus de jeunes filles souhaitent devenir professionnelles ou pratiquer le football pour leur plaisir. Je suis heureuse de constater que le nombre de footballeuses a sensiblement augmenté au Japon depuis notre victoire.

L’équipe qui disputera le tournoi en France sera-t-elle très différente de celles que nous avons connues en 2011 et en 2015 ?
L’équipe a été considérablement rajeunie et, dans l’intervalle, nous avons changé de sélectionneur. Il souffle un vent de nouveauté sur l’équipe nationale. Dans les semaines à venir, notre plus grande force sera notre vision commune. Par ailleurs, nos joueuses s’expriment davantage sur plan individuel. C’est à la fois motivant et intéressant. À titre personnel, j’ai le sentiment de devoir encore hausser mon niveau de jeu.

Que pouvez-vous nous dire du style du Japon ?
Le football féminin japonais s’appuie traditionnellement sur une organisation rigoureuse et des appels intelligents. Nous allons essayer d’ajouter à ces éléments de la créativité et une nouvelle façon de penser, grâce aux jeunes joueuses qui ont rejoint le groupe. Ce sont certainement nos points forts. J’espère que ces atouts se retrouveront dans la façon dont nous évoluerons sur le terrain.

La mise en place d’un jeu de ce type réclame-t-elle des efforts supplémentaires ou un entraînement particulier ?
Nos internationales jouent pour la plupart dans le championnat japonais. Il leur est donc relativement facile de communiquer entre elles lorsqu’elles s’entraînent avec leurs clubs. Au quotidien, ces joueuses ont une idée assez précise de ce que l’on attend d’elles en sélection. Elles peuvent, par exemple, s’inspirer d’une session de deux heures à haute intensité avec l’équipe nationale. En revanche, pour celles qui, comme moi, jouent à l’étranger, l’équipe nationale est un rendez-vous à part. J’y retrouve un environnement très différent de celui de mon club. Et le Japon pratique un football très particulier. Il est important de nous faire une idée précise de la façon dont nous devons appliquer nos consignes. Une bonne condition physique est évidemment indispensable, mais je préfère me concentrer sur la préparation mentale. Je veux aborder ces échéances avec l’esprit clair.

Vous considérez-vous comme le leader de cette équipe relativement jeune ?
En tant que joueuse professionnelle, la question de savoir si vous "appréciez" ou non le rôle qui vous est attribué ne se pose pas vraiment. Pour ma part, j’essaye de profiter au maximum des défis et des difficultés que je suis amenée à rencontrer. La pression est naturellement plus forte pour moi car je fais partie des anciennes. J’essaye de prendre ces responsabilités plus au sérieux à mesure que les années passent.

Si vous deviez choisir, préféreriez-vous gagner sans parvenir à imposer votre jeu ou perdre en ayant livré votre meilleur football ?
Les deux réponses sont radicalement opposées. Nous sommes amenées à représenter notre pays lorsque nous portons le maillot de l’équipe nationale. Les résultats sont donc très importants. Mais, au plus haut niveau, il faut des joueuses capables de réussir les deux : imposer leur jeu et obtenir des résultats. Les autres n’ont rien à faire dans l’équipe. Je pense que toutes celles qui représentent actuellement le Japon sont en mesure d’affirmer : "Je veux faire les deux à cent pour cent de mes capacités". Je suis fière d’être polyvalente et de posséder l’intelligence et le physique nécessaires pour réaliser ces deux choses en même temps.

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