Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015

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Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2015™

Wambach : "Je n'y suis pas arrivée toute seule"

Abby Wambach #20 of the USA celebrates with her teamates after passing Mia Hamm
© Getty Images

Quand on vit pour faire parler la poudre, quoi de plus naturel que de dynamiter les records ? A la fin du mois dernier, Abby Wambach est ainsi devenue meilleure buteuse de l'histoire du football féminin d'un coup de tête au second poteau. Auteure de quatre des cinq buts assenés à la République de Corée (5:5) dans le New Jersey, la puissante attaquante s'est une fois de plus brillamment illustrée par son courage, son timing et sa technique pour battre le record de 158 buts détenu par Mia Hamm, son ancienne coéquipière. Une performance historique qu'elle n'a pas encore tout à fait assimilée.

Joueuse mondiale de la FIFA 2012 et double championne olympique, Wambach évoque pour FIFA.com ses 160 buts internationaux, ses dix ans sur le terrain et son sentiment sur l'exploit qui a détrôné son amie et mentor. Elle est à présent tournée vers le seul grand trophée absent de son tableau de chasse, la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. 

Abby, vos coéquipières semblaient plus heureuses que vous quand vous avez battu le record…
Je n'y suis pas arrivée toute seule. Je manque de mots pour exprimer ma gratitude envers toutes les joueuses que j'ai côtoyées, depuis mes camarades d'enfance jusqu'à Megan Rapinoe, qui m'a servi la passe du record. Je n'ai encore jamais traversé tout le terrain pour aller marquer en solo. Je n'aurais pas un seul but à mon compteur sans mes coéquipières.

160 réalisations, que vous inspire ce remarquable bilan ?
Beaucoup d'émotion. C'est un rappel de mon parcours et de tous les sacrifices consentis pour arriver à ce niveau. Mais j'ai eu beaucoup de chance.

Vous avez franchi la barre devant 20 000 supporters d'un coup de tête "typique Wambach". Qu'avez-vous éprouvé à cet instant précis ?
Un choc d'une force incroyable. Famille, voyages, sacrifices, coéquipières… un flot de souvenirs s'est bousculé pêle-mêle dans ma tête. Ma famille était dans les tribunes, ce qui m'a d'autant plus bouleversée. Elle soutient ma passion pour le football depuis que j'ai quatre ans. Elle a cru en mon talent bien avant moi. Elle a battu le record avec moi et nous l'avons fêté ensemble sur le terrain. Je n'ai pas de mots pour décrire l'intensité de ce moment.

Mia Hamm a été votre coéquipière pendant environ un an avant son départ à la retraire. Avez-vous parlé avec elle après le match ?
On a échangé des textos. Elle a été mon modèle et elle l'est toujours à beaucoup d'égards. Quand j'étais jeune, je n'ai pas réalisé à quel point mon expérience à ses côtés allait influer sur ma carrière.

Que ressentez-vous maintenant que votre nom devance le sien au classement des buteuses ?
Comment me comparer à quelqu'un comme Mia Hamm, qui a tant fait pour le football ? Pour moi, elle reste une joueuse et une coéquipière exceptionnelle. Elle est toujours mon idole. Elle a abattu un travail incommensurable au service du football féminin. Elle était heureuse pour moi. Et maintenant, je suis impatiente de voir quelqu'un battre mon record.

Vous semblez presque regretter votre performance.
Dans un monde parfait, et si je n'avais pas la Coupe du Monde dans mon viseur, j'aurais pris ma retraite internationale le jour où j'ai égalé son record. Mais elle, plus que tout autre, m'a appris qu'il reste toujours un nouveau chapitre à écrire. C'est l'équipe et le jeu qui comptent, pas moi.

Pourquoi les mots "harmonie" et "responsabilité" reviennent-ils souvent dans la bouche de la première génération de footballeuses américaines ?
J'ai appris auprès des meilleures joueuses du monde, de Julie Foudy à Mia et Kristine Lilly, qu'il fallait toujours faire progresser le jeu. L'équipe nationale américaine a occupé le haut du classement dès ses débuts et il nous incombe de l'y maintenir. C'est une lourde responsabilité, que nous devons prendre au sérieux.

Considérez-vous toujours les footballeuses américaines comme des pionnières et des promotrices du jeu féminin ?
Cette influence est visible dans des pays comme le Japon, l'Allemagne, la Suède et le Canada. Beaucoup d'équipes se sont améliorées. On investit davantage dans le jeu féminin. La plupart des dix premières sélections mondiales sont composées de professionnelles aujourd'hui. C'est une bonne chose. Autrefois, des joueuses comme Joy Fawcett, Mia et Julie Foudy devaient gérer elles-mêmes leur équipement.

La Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015, verra le nombre de sélections passer de 16 à 24. Est-ce une nouvelle étape dans l'essor du jeu féminin ?
Les huit formations supplémentaires ne seront peut-être pas au même niveau technique que les autres, mais le tournoi leur servira de tremplin pour monter en puissance. La sélection américaine ne défend pas seulement les couleurs de son pays, mais aussi les valeurs du jeu féminin dans le monde entier. Les capitaines d'autres équipes nationales sont toujours curieuses de savoir comment nous avons poussé notre fédération à mieux nous traiter. Nous nous devons de montrer la voie.

Vous disputerez les qualifications pour Canada 2015 sous la houlette d'un nouveau sélectionneur, Tom Sermanni. Comment l'ancien entraîneur de l'Australie a-t-il géré les quelques mois écoulés depuis qu'il a pris la relève de Pia Sundhage l'an dernier ?
Il apporte un nouveau savoir-faire. Il cherche encore ses marques et nous, nous essayons de nous adapter à ses méthodes. En Australie, le niveau technique, le budget, tout était différent par rapport à ce dont il dispose aux Etats-Unis. Nous apprenons à nous connaître petit à petit. Il a confiance dans sa philosophie du jeu et il veut nous faire progresser. Il souhaite pratiquer un beau football, comme Pia, tout en y intégrant les qualités de ténacité et de solidité pour lesquelles les athlètes américains sont réputés.

Tout semble aller pour le mieux à en juger par la neuvième Coupe d'Algarve remportée par les vôtres en mars...
Sermanni s'est servi de la Coupe d'Algarve pour évaluer l'équipe dans l'optique des tournois à venir. Il voulait notamment savoir si les joueuses étaient placées aux bons postes, si les plus âgées seraient capables de tenir 90 minutes à la Coupe du Monde ou s'il lui faudrait rajeunir le groupe. Il a une vision à long terme.

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*La Coupe du Monde Féminine de la FIFA est le seul grand titre manquant à votre palmarès. Etes-vous d'ores et déjà tournée vers l'édition canadienne, qui coïncidera sans doute avec votre dernière participation à l'épreuve reine ? *
Je ne suis pas obnubilée par la Coupe du Monde, mais j'y pense toujours quand je fais des choix. C'est mon principal objectif et l'atteindre me demandera de la discipline. J'aurai 35 ans en 2015, alors je dois m'économiser et planifier ma préparation pour arriver au tournoi au meilleur de ma forme. Il me faut être lucide et ne pas laisser laisser de place au doute.

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