Brésil-Espagne : une affiche qui a des airs de finale… et qui en sera une, en quelque sorte, après le match nul concédé par la Roja face au Costa Rica pour sa première sortie dans la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™. Affronter une équipe emmenée par la quintuple Joueuse mondiale de la FIFA et meilleure buteuse de l'histoire de cette compétition, à savoir Marta, cela n'est jamais simple. FIFA.com a donc pris le pouls de la défense espagnole et posé quelques questions à trois de ses représentantes au sujet de la stratégie à adopter pour neutraliser la Canarinha.

"Nous avons analysé leur premier match. Nous devrons profiter du moindre espace qu'elles nous laisseront et contrôler leur entrejeu, qui est très dynamique. Mais je n'en dis pas plus", lance Marta Torrejón avec son éternel sourire. Pas question de dévoiler l'intégralité des plans espagnols au moment d'affronter le Brésil ! "Nous allons surveiller en particulier leurs joueuses les plus expérimentées, car elles sont très rusées et peuvent toujours faire basculer une partie sur un détail", explique la joueuse polyvalente du FC Barcelone.

Sa coéquipière Veronica Boquete a endossé le costume d'espionne. Et pour cause, elle a été la coéquipière de Marta à Tyreso, en Suède. Les deux joueuses sont d'ailleurs de grandes amies dans la vie et si la Brésilienne a des points faibles, Boquete est bien placée pour les connaitre. Et puis, il y a aussi la petite guerre psychologique que l'on peut mener par SMS interposés. "L'âge donne forcément de l'expérience mais dans le cas de Marta, il y a aussi une qualité de jeu phénoménale. Cela vaut pour elle et pour plusieurs de ses coéquipières. Cette équipe du Brésil est très complète dans toutes les lignes", analyse Ruth García. "Ce sont des joueuses très au point physiquement et qui travaillent beaucoup. Les Brésiliennes aiment avoir le ballon et elles savent l'utiliser. Elles dégagent une joie de jouer assez semblable à celle de l'équipe masculine."

Complicité et fluidité
Il y a effectivement de bonnes raisons de redouter ce Brésil qui sort d'un stage long et intensif concocté par le sélectionneur Vadão. Les Brésiliennes ont débuté leur préparation début 2015. "Ça se voit. Il y a une complicité et une fluidité évidentes entre toutes ces joueuses. On peut dire ça de notre équipe également, mais ce n'est pas aussi poussé que pour le Brésil", insiste Irene Paredes. "Ce n'est pas la même chose de s'entraîner quotidiennement ou seulement quatre jours par semaine. Il y a aussi une différence entre se consacrer exclusivement à la préparation et s'entraîner après les études ou le travail", insiste la joueuse de l'Athletic Club Neskak.

Les Espagnoles parlent en connaissance de cause. Irene étudie pour devenir professeur d'éducation physique, tandis que Ruth prépare un diplôme de physiothérapie et Marta Torrejón de biologie. "Nous avons fait beaucoup d'efforts pour atteindre un niveau très professionnel, mais comparé aux joueuses qui se consacrent à 100% au foot, il y a une différence et ça se remarque", poursuit Marta Torrejón.

"Nous devons avoir confiance en nous-mêmes. Nous nous sommes qualifiées pour cette Coupe du Monde de cette façon, avec un mélange d'humilité et de sacrifices", confirme sa coéquipière du Barça, Ruth. Cette native de Valence a par ailleurs une arme secrète pour affronter les Canarinhas. Elle est ceinture noire de Taekwondo. "Je l'ai vue à l'œuvre", plaisante Torrejón. À l'âge de 17 ans, Ruth a mis de côté sa passion pour les arts martiaux afin de se consacrer au football. Elle a participé à sa première Coupe du Monde à Thaïlande 2004. "Ouf, les choses ont bien changé depuis, pas très vite, mais progressivement. Aujourd'hui, le football féminin est beaucoup plus soutenu."

Il y a 11 ans, il était particulièrement difficile de justifier une absence à l'école d'un mois pour cause de football. "Une prof m'a fait repasser l'examen d'histoire car j'avais été absente trop souvent. Mon absence était justifiée, mais elle n'a rien voulu entendre", explique Ruth. "Moi, c'est mon professeur d'éducation physique qui a failli m'exclure à cause de mes absences, alors que je m'absentais à cause du football. Aujourd'hui, l'approche est complètement différente. Si une étudiante participe à une Coupe du Monde, on la soutient, on l'encourage et on essaie de lui faciliter la tâche."

Lentement mais sûrement, la situation évolue. Mais la réalité va bien vite rattraper les Espagnoles : contre le Brésil, la tâche sera difficile...

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