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7 - 17 octobre

La FIFA

Pape Diouf: "Le football rassemble"

C'est un homme occupé mais un homme heureux qui a été accueilli au Siège de la FIFA à Zurich ce mardi 14 avril 2009. Pape Diouf, le Président de l'Olympique de Marseille, a rencontré le Président de la FIFA Joseph S. Blatter quelques heures après avoir vu son club prendre les commandes de la Ligue 1. Mais la lutte pour le titre de champion de France n'est pas le seul cheval de bataille actuel du Sénégalais, ancien journaliste sportif et agent de joueurs, brillamment reconverti en dirigeant du club phocéen depuis 2004.

La lutte contre le racisme, le "6+5", la gestion des clubs européens ou la compétitivité du football français sont quelques uns des sujets abordés par les deux Présidents. Après cet entretien, Pape Diouf a fait une halte devant le micro deFIFA.com.

Pape Diouf, pouvez-nous dire la raison de votre présence à la FIFA ?C'est d'abord une visite de courtoisie, car je suis en relation avec le Directeur des Relations internationales de la FIFA, Jérôme Champagne, régulièrement. Nous discutons ensemble de nombreux sujets, comme le football africain par exemple. A la suite de quoi, naturellement, nous avions pensé qu'il serait une bonne chose que je rencontre le Président de la FIFA.

De quoi avez-vous parlé avec le Président Blatter ?
J'ai donné mon avis, j'ai écouté, nous avons parlé de beaucoup de choses, cela a été une rencontre très instructive. Nous avons survolé les problèmes du football international : les nouvelles règles du football européen, de l'arrêt Bosman, de l'arrêt Webster, de la corruption, de l'Afrique d'où je suis originaire. La discussion, bien qu'avant tout amicale, a été très enrichissante.

Il faut identifier les stades où de telles actions se déroulent, trouver les coupables, les interdire d'enceinte et que les clubs qui tolèrent ces comportements soient plus durement sanctionnés

Vous avez souvent évoqué la lutte contre le racisme, qui vous tient à cœur. Quelles sont vos pistes de réflexion sur le sujet ?D'abord, je ne lutte pas contre le racisme en solitaire. Les instances internationales, dont la FIFA, et en particulier son Président, en ont fait leur cheval de bataille. Il n'est pas de discours ou d'initiative qui n'aille pas dans le sens d'éradiquer ce type de violence, car c'est bien d'une violence qu'il s'agit. La violence sur le terrain peut tuer l'esprit du jeu, mais celle dans les tribunes est terriblement néfaste également. Il faut donc la combattre.

Considérez-vous que les sanctions prises actuellement sont adéquates ?En ce qui me concerne, j'ai vécu cette violence lors de joutes européennes et les sanctions subies par les clubs en cause n'ont été que symboliques. Il est temps de passer aux sanctions lourdes. Avec l'OM, nous sommes allés à Saint-Pétersbourg (Marseille avait rencontré le Zénith en Coupe UEFA 2008) où nous avons été victimes de toutes sortes d'actes racistes et au final, le club russe a seulement du payer une amende de quelque 38 000 euros. C'est là, je crois, qu'il faudrait taper fort.

Et en profondeur, que préconisez-vous ?Il faudrait d'abord réussir ce qu'ont réussi les Anglais, c'est-à-dire chasser les éléments perturbateurs. Il faut pour cela identifier les stades où de telles actions se déroulent, trouver les coupables, les interdire d'enceinte et que les clubs qui tolèrent ces comportements soient plus durement sanctionnés, quitte à leur enlever des points. Ou si la sanction n'est que financière, qu'elle soit réellement dissuasive.

Vous pensez que cela suffirait à stopper ce fléau ?Il faut chercher dans plusieurs directions pour avoir un véritable arsenal répressif, ce qui amènerait les clubs et les fauteurs de trouble à y regarder à deux fois avant de tomber dans ces travers-là. Cela dit, il y a également à mettre en place un volet préventif important. Il faut continuer sans relâche de prêcher, d'expliquer, de démontrer que le football a une vocation d'unification, pas de division, comme le répète le Président Blatter à l'envi, d'ailleurs. Ce sport rassemble, c'est sa beauté.

Il ne s'agit pas d'isoler le football du reste de la vie active, mais il a des particularités, des propriétés que d'autres activités n'ont pas et il me paraît essentiel de conserver cela

Un autre grand débat du football actuel concerne le nombre de joueurs "non-éligibles" en club, quelle est votre opinion sur cette question ?Le "6+5" que propose la FIFA me paraît être une solution de bon sens. Il faut laisser au sport en général et au football en particulier sa spécificité. A ouvrir trop les vannes, on risque de tuer le football national, ici ou là. Or ce n'était pas le but originel de l'arrêt Bosman. Si le football a pu devenir un sport universel, c'est parce qu'il avait des spécificités. Sous couvert d'adaptation à des règles politiques nouvelles, on ne peut pas oublier tout ce qui a fait le football. Il ne s'agit pas d'isoler le football du reste de la vie active, mais il a des particularités, des propriétés que d'autres activités n'ont pas et il me paraît essentiel de conserver cela. De fait, mettre en place la règle du "6+5" me semblerait un bon compromis.

Le football de club français est en déclin sur la scène européenne depuis plus de dix ans. Comment expliquez-vous ce phénomène ?La première explication est économique. Aujourd'hui, nous évoluons en deuxième division sur ce plan là. Le football anglais peut, par exemple, dégager des recettes énormes, qui sont inatteignables pour nous que ce soit en termes de droits télévisuels ou de billetterie. Le deuxième élément est l'existence d'une instance de régulation en France, la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) qui n'autorise les clubs à faire des dépenses que s'ils peuvent les assumer. Ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays. En Angleterre, en Espagne, en Italie, certains clubs sont en déséquilibre financier et ont des problèmes pour payer leurs joueurs en fin de mois. Ce ne pourrait pas arriver en France.

Cela signifie-t-il qu'il faut une instance de régulation sur le Vieux Continent ?Je ne sais pas si on pourrait mettre en place une DNCG à l'échelle européenne, mais il me semble qu'il faudrait au minimum uniformiser les règles. Cependant, je pense que le football français a de toutes les manières une puissance économique moindre que les quatre autres championnats européens.

Est-ce aussi lié à l'exode des meilleurs joueurs français ?Pourquoi la France a-t-elle pu remporter la Ligue des champions en 1993, l'unique trophée majeur européen remporté par un club français ? L'Olympique de Marseille avait alors pu regrouper les meilleurs joueurs français sous sa bannière. Imaginez un club français actuel, que ce soit Lyon, Paris, Marseille ou un autre, qui aurait dans ses rangs Ribéry, Vieira, Gallas, Henry, Nasri, il serait compétitif au plan européen. Le football français n'a pas la capacité de garder ces joueurs-là, parce que nous ne pouvons pas nous aligner sur les émoluments proposés dans les grandes écuries européennes, et d'autre part, la DNCG mettrait son véto si nous sortions des clous.

L'équipe qui gèrera le mieux mentalement les sept rencontres à venir sortira vainqueur. Et j'ai grande confiance dans mon équipe dans ce domaine !

Au plan national, Marseille vient de passer devant Lyon et tout le peuple marseillais croit au titre. Est-ce aussi votre cas ?Marseille a une particularité, pour le meilleur et pour le pire : un œuf devient très facilement un bœuf, comme dans la fable de La Fontaine. A sept journées de la fin, nous avons un petit point d'avance sur Lyon. Pour certains sur la Canebière, la compétition est jouée, l'OM est champion ! Moi je reste les pieds sur terre : nous sommes dans une position favorable où il est légitime de réaffirmer notre confiance et nos objectifs élevés tout en restant conscient que la lutte sera ardue. Lyon, sept fois consécutivement champion, ne lâchera pas son titre sans lutter et Bordeaux est toujours très compétitif, tout proche.

Qu'est ce qui fera la différence ?Tout se jouera au mental. L'équipe qui aura les nerfs les plus solides l'emportera. Les débats technico-tactiques n'ont plus lieu d'être, nous sommes complètement dans le psychologique. L'équipe qui gèrera le mieux ces sept rencontres à venir mentalement sortira vainqueur. Et j'ai grande confiance dans mon équipe dans ce domaine !

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