L’Uruguay a douché la ferveur de tout un peuple mercredi en s’imposant (0:2) face à l’Afrique du Sud au Lotus Versfeld Stadium de Tshwane/Pretoria (Groupe A). Un succès signé Forlan.

Plus les attentes sont longues, meilleure est la joie quand intervient la délivrance. Celle de la Celeste datait de vingt ans, depuis sa dernière victoire en Coupe du Monde de la FIFA. Le pesant fantôme des matches nuls est chassé, il ne hantera plus une sélection qui, comme l’avait annoncé son entraîneur, a montré un visage bien plus séduisant que devant la France il y a six jours.

Car Oscar Tabarez est un homme de parole. Le sélectionneur uruguayen avait également promis une équipe plus offensive en 4-3-3, il a respecté son engagement en alignant d’entrée Edinson Cavani, l’attaquant de Palerme. Mais c’est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures. Et c'est des pieds de Diego Forlan qu’est venu le salut d’une frappe des 25 mètres déviée du dos par un défenseur sud-africain. Itumeleng Khune est lobé (0:1, 24').

D'un F qui veut dire Forlan
Les Bafana Bafana sont sonnés, à l’image d’un Steven Pienaar aux jambes décidément bien lourdes de fatigue. Luis Suarez (33’) est proche du K.O. mais son tir puissant à l’extrémité de la surface atterrit dans le petit filet. C’est encore du "serial-buteur" de l’Ajax Amsterdam que vient le danger en début de seconde période. Son rush sur l’aile gauche lui permet de délivrer un centre fuyant devant Khune, mais Cavani est trop court.

Katlego Mphela (66’) tente bien de réveiller les hôtes en coupant la trajectoire au premier poteau, en vain. Deux minutes plus tard intervient le premier tir cadré des héros locaux, preuve de la solidité du verrou uruguayen. Invaincus jusque-là dans leur stade de la capitale, les Bafana Bafana ne parviennent pas à faire mentir les statistiques : jamais l’Afrique du Sud n’a remporté un match en Coupe du Monde de la FIFA après avoir été menée au score.

Et l’uppercut celeste sonne le glas des espoirs arc en ciel. Une faute de Khune dans la surface sur Suarez, complètement oublié sur un tir contré de Forlan, offre un penalty aux Uruguayens. La star de l’Atlético de Madrid ne rate pas l’occasion (80', 0:2). Le stade se vide. Il ne verra même pas le coup de grâce porté par Alvaro Pereira à bout portant (90'+5, 0:3). Forlan et les siens exultent, Carlos Alberto Parreira fait grise mine. Un contraste à l'image de la vérité du terrain.