Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

L'Afrique à l'heure des explications

Victor Obinna of Nigeria (L) pulls a dejected Dickson Etuhu of Nige
© Getty Images

Quel que soit le résultat du Ghana - Etats-Unis de ce soir, le continent africain va devoir s'interroger sur ses limites au moment où cinq de ses six équipes viennent de se faire éliminer lors de la phase de poules. On attendait beaucoup plus de la part de sélections très riches en joueurs talentueux.

Malgré des préparations différentes, malgré une évolution et des ambitions distinctes, les équipes africaines, restées solidaires de bout en bout, doivent désormais expliquer leur contre-performance générale, même si les Black Stars restent encore en course.

Parmi les raisons le plus souvent évoquées, on trouve la qualité de l'opposition et la marge étroite qui fait la différence au plus haut niveau entre la victoire et la défaite. Lars Lagerback, l'entraîneur suédois du Nigeria, est peut-être bien placé pour répondre à cette question, lui qui n'avait il y a quelques mois encore aucune expérience sur le continent africain. "Quand on joue à ce niveau-là, la différence se fait sur de toutes petites choses. La seule chose que je peux voir, et je ne suis pas sûr d'avoir raison, c'est qu'ils ont peut-être besoin d'un peu de plus de continuité."

Et le sélectionneur de citer l'exemple de Nwankwo Kanu, la légende des Super Eagles, comme le genre de leader expérimenté qui pourrait revenir au Nigeria et aider au développement du jeu de la sélection. Le seul sélectionneur africain présent en phase finale, l'Algérien Rabah Saâdane, est en grande partie d'accord avec l'entraîneur scandinave. "Je pense que l'Afrique est sur le bon chemin au niveau du potentiel individuel des joueurs. Maintenant, nous avons besoin d'une certaine stabilité, particulièrement en ce qui concerne les équipes nationales. Elles ont besoin de beaucoup de discipline et d'ordre", dit-il avant d'affirmer, en accord avec Lagerback, que le potentiel de ces équipes est virtuellement illimité : "Je pense que les équipes africaines, dans quelques années, seront parmi les meilleures équipes du monde."

Chez les joueurs, bien sûr, c'est la tristesse qui transparaît dans leurs réponses. "Nous sommes tristes pour l'Afrique, pour le Cameroun et les uns pour les autres", explique Jean II Makoun après l'élimination rapide des Lions Indomptables. "Nous savons qu'il y a certaines nations qui peuvent se retrouver, réunir un certain nombre de joueurs très doués et parvenir à jouer à un très haut niveau. À cet égard, certains de ces pays sont encore légèrement supérieurs à nous autres Africains. Il nous reste des choses à améliorer par rapport à certaines autres nations."

Le Nigérian Vincent Enyeama, qui est peut-être l'un des meilleurs gardiens de but du tournoi jusqu'ici, ressent les mêmes regrets et suggère une autre explication en pointant l'énorme attente autour des équipes africaines. "Je suis désolé pour l'Afrique dans son ensemble. C'est comme si on avait laissé tomber un grand nombre de personnes, il nous reste simplement à nous excuser et à dire que nous sommes désolés de décevoir un pays entier, un continent entier... Que dire d'autre ?"

L'envie de réussir, parfois écrasante pour les joueurs : c'est aussi ce que laisse entendre Salomon Kalou, la jeune star ivoirienne : "Je pense que nous nous sommes tous mis une énorme pression sur les épaules, parce que cette Coupe du Monde se joue sur notre continent. Les attentes étaient énormes et nous nous devions, vis-à-vis de nous-mêmes, de bien figurer, mais la pression a provoqué plus de stress qu'autre chose et a même inhibé l'expression de nos qualités. Quelques joueurs n'ont pas été au niveau attendu. Leurs capacités se sont trouvées annihilées par la pression qu'ils se sont eux-mêmes imposée."

Mais même à l'heure où l'on tente d'expliquer un tel échec, Didier Zokora, coéquipier de Kalou, pose sur Afrique du Sud 2010 un regard typiquement africain, teinté d'optimisme. Il insiste sur le fait que le continent a rempli sa mission principale : accueillir un grand événement de football pour le plus grand plaisir du monde entier. "Ce tournoi restera dans l'histoire. Chacun se rappellera cette première Coupe du Monde africaine. C'est le pays de Nelson Mandela et il a fait tellement de choses pour l'Afrique. Décevant ? Comparé à 2006, je pense que nous avons accompli beaucoup de progrès. Pour moi, la chose la plus importante, c'est l'image que nous avons offerte au monde."

Quel que soit le résultat du Ghana – Etats-Unis de ce soir, le continent africain va devoir s'interroger sur ses limites au moment où cinq de ses six équipes viennent de se faire éliminer lors de la phase de poules. On attendait beaucoup plus de la part de sélections très riches en joueurs talentueux.

Malgré des préparations différentes, malgré une évolution et des ambitions distinctes, les équipes africaines, restées solidaires de bout en bout, doivent désormais expliquer leur contre-performance générale, même si les Black Stars restent encore en course.

Parmi les raisons le plus souvent évoquées, on trouve la qualité de l'opposition et la marge étroite qui fait la différence au plus haut niveau entre la victoire et la défaite. Lars Lagerback, l'entraîneur suédois du Nigeria, est peut-être bien placé pour répondre à cette question, lui qui n'avait il y a quelques mois encore aucune expérience sur le continent africain. "Quand on joue à ce niveau-là, la différence se fait sur de toutes petites choses. La seule chose que je peux voir, et je ne suis pas sûr d'avoir raison, c'est qu'ils ont peut-être besoin d'un peu de plus de continuité."

Et le sélectionneur de citer l'exemple de Nwankwo Kanu, la légende des Super Eagles, comme le genre de leader expérimenté qui pourrait revenir au Nigeria et aider au développement du jeu de la sélection. Le seul sélectionneur africain présent en phase finale, l'Algérien Rabah Saadane, est en grande partie d'accord avec l'entraîneur scandinave. "Je pense que l'Afrique est sur le bon chemin au niveau du potentiel individuel des joueurs. Maintenant, nous avons besoin d'une certaine stabilité, particulièrement en ce qui concerne les équipes nationales. Elles ont besoin de beaucoup de discipline et d'ordre", dit-il avant d'affirmer, en accord avec Lagerback, que le potentiel de ces équipes est virtuellement illimité : "Je pense que les équipes africaines, dans quelques années, seront parmi les meilleures équipes du monde."

Chez les joueurs, bien sûr, c'est la tristesse qui transparaît dans leurs réponses. "Nous sommes tristes pour l'Afrique, pour le Cameroun et les uns pour les autres, explique Jean II Makoun après l'élimination rapide des Lions Indomptables. Nous savons qu'il y a certaines nations qui peuvent se retrouver, réunir un certain nombre de joueurs très doués et parvenir à jouer à un très haut niveau. À cet égard, certains de ces pays sont encore légèrement supérieurs à nous-autres Africains. Il nous reste des choses à améliorer par rapport à certaines autres nations."

Le Nigérian Vincent Enyeama, qui est peut-être le meilleur gardien de but du tournoi jusqu'ici, ressent les mêmes regrets et suggère à mi-mots une autre explication en pointant l'énorme attente autour des équipes africaines. "Je suis désolé pour l'Afrique dans son ensemble. C'est comme si on avait laissé tomber un grand nombre de personnes, il nous reste simplement à nous excuser et à dire que nous sommes désolés de décevoir un pays entier, un continent entier... que dire d'autre ?"

L'envie de réussir, parfois écrasante pour les joueurs : c'est aussi ce que laisse entendre Salomon Kalou, la jeune star ivoirienne : "Je pense que nous nous sommes tous mis une énorme pression sur les épaules, parce que cette Coupe du Monde se joue sur notre continent. Les attentes étaient énormes et nous nous devions, vis-à-vis de nous-mêmes, de bien figurer, mais la pression a provoqué plus de stress qu'autre chose et a même inhibé l'expression de nos qualités. Quelques joueurs n'ont pas été au niveau attendu. Leurs capacités se sont trouvées annihilées par la pression qu'ils se sont eux-mêmes imposé."

Mais même à l'heure de l'explication du fiasco, Didier Zokora, coéquipier de Kalou, pose sur Afrique du Sud 2010 un regard typiquement africain, teinté d'optimisme. Il insiste sur le fait que le continent a rempli sa mission principale : accueillir un grand événement de football pour le plus grand plaisir du monde entier. "[Ce tournoi] restera dans l'histoire. Chacun se rappellera cette première Coupe du Monde africaine. C'est le pays de Nelson Mandela, et il a fait tellement de choses pour l'Afrique. Décevant ? Comparé à 2006, je pense que nous avons accompli beaucoup de progrès. Pour moi, la chose la plus importante, c'est l'image que nous avons offerte au monde."


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