Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

L'Allemagne, entre tristesse et fierté

L'ambiance était morose, dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque les internationaux allemands ont rejoint leur hôtel situé dans le quartier Grunewald à Berlin. Plus aucun des protégés de Jürgen Klinsmann, transformés en héros tragiques quelques heures auparavant sur la pelouse du Stade de la Coupe du Monde de la FIFA de Dortmund, n'avait la force d'analyser les événements de la soirée. "Ils étaient tous épuisés, tristes et abattus. On ressentait une grosse déception, un énorme vide", décrit le manager de l'équipe Oliver Bierhoff.

La tristesse n'aurait pas été le seul sentiment des joueurs de la Mannschaft au moment de rejoindre leurs pénates s'ils avaient déjà eu l'occasion de profiter d'une bonne nuit de sommeil. Un sentiment de fierté les aurait également envahis. Avec un minimum de recul, le pays organisateur de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 prend en effet conscience du caractère exceptionnel des résultats obtenus par cette génération de footballeurs allemands. La défaite 0-2 en demi-finale face à une équipe d'Italie un poil supérieure n'y changera rien.

Pour faire bref, les Allemands peuvent se montrer fiers d'avoir fait bouger et changer les choses. Sur le plan sportif, bien sûr, mais aussi et surtout au sein de la population du pays. "La nation est fière de vous", a déclaré le président fédéral Horst Köhler à un Klinsmann inconsolable après la rencontre.

Même le "Kaiser" est enthousiaste

La défaite n'a laissé personne de marbre. Le regard plein de larmes d'un Michael Ballack d'habitude si fier, confiant et à la limite de l'arrogance, ainsi que le désarroi total du jeune David Odonkor, ont plongé les supporters allemands dans des profondeurs émotionnelles inconnues jusqu'alors. Et lorsque 55 000 voix ont offert à leurs idoles l'une des plus belles sorties de terrain de l'histoire sportive nationale en entonnant "You'll never walk alone", rares sont ceux qui ont encore réussi à retenir leurs larmes. "Le caractère unique de cet événement est palpable", observe Bierhoff, alors que Ballack reste inconsolable : "Pour l'instant, tout ceci ne me console pas".

Aucun doute là-dessus, les hommes de Klinsmann ont effectué une nouvelle excellente prestation contre la Squadra Azzurra. Ils ne se sont avoués vaincus qu'après 120 minutes contre une équipe d'Italie légèrement supérieure. Les Allemands, qui avaient visiblement encore dans les jambes la lutte acharnée livrée quelques jours plus tôt face aux Argentins, ont difficilement pu rivaliser en termes d'intelligence, d'expérience et d'efficacité. Ce qui n'empêche pas le "Kaiser", Franz Beckenbauer, de déclarer : "C'est le meilleur match auquel j'ai assisté ces derniers temps".

Toutes les raisons d'être fier

L'Allemagne n'aurait pu espérer une plus belle élimination. S'incliner de justesse en demi-finale contre les triples champions du monde italiens au terme d'un affrontement d'une grande intensité n'a rien de déshonorant. "Les gars ont fait un super tournoi et sont allés au bout d'eux-mêmes. Ils ont joué avec beaucoup de passion", affirme Klinsmann avec un certain degré de satisfaction.

Bien que l'ancien Monégasque n'ait pas atteint l'objectif fixé, celui d'emmener la Mannschaft jusqu'au titre suprême, il a fait taire tous ses détracteurs en leur démontrant que sa conception offensive et attrayante du football n'était pas des paroles en l'air. "Le groupe a de l'avenir et peut regarder vers 2010", nous confie avec conviction Tim Borowski, le joker de l'entrejeu.

"Nous espérons tous que Klinsmann continuera"

C'est également l'avis de Per Mertesacker : "Le concept est lancé. La voie empruntée est la bonne et doit être poursuivie." Le défenseur central, 21 ans, est pleinement conscient que cette compétition lui a permis, ainsi qu'à plusieurs de ses coéquipiers, de se faire un nom sur la scène internationale. "Nous espérons tous que Klinsmann continuera." Le principal intéressé a demandé qu'on lui laisse un peu de temps pour réfléchir à son avenir.

Après tout, le tournoi n'est pas encore terminé. L'Allemagne doit encore disputer un match, la petite finale samedi prochain à Stuttgart. "Nous voulons encore faire plaisir au public. Nous voulons jouer avec beaucoup de rythme et quitter la Coupe du Monde sur une victoire", a annoncé Klinsmann. Ce sera également l'occasion pour la Mannschaft de remercier les 80 millions de supporters qui ont contribué à faire d'Allemagne 2006 l'événement le plus extraordinaire dans l'histoire du football allemand...

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