Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Baladés avec succès sur l'échiquier

Qu’ils apprécient être baladés sur le terrain ou qu’ils préfèrent la routine, de nombreux joueurs présents à la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 ne jouent pas à leur poste habituel de club avec leur équipe nationale. Voici un petit aperçu de ces grands voyageurs du rectangle vert.

Tels des Garry Kasparov du ballon rond, les sélectionneurs ont devant eux un grand échiquier sur lesquels placer leurs éléments, selon une tactique dont eux seuls sont les maîtres. Les pièces qu’ils déplacent selon leur bon vouloir, le football les nomme "joueurs polyvalents".

Certains sélectionneurs, comme Diego Maradona, ne procèdent pas à des coups d’exception, préférant simplement faire descendre ou monter d’un cran un joueur, à l’image d’un banal pion. Mais cette stratégie permet de grignoter du terrain. L’Argentin Jonas Gutierrez a ainsi dû s’adapter à son nouveau rôle d’arrière droit, lui qui est habitué à évoluer au poste de milieu droit à Newcastle. "Je ne jouerais pas à un poste si je n’y étais pas à l’aise, ça porterait préjudice à l’équipe", explique le néo-défenseur après la victoire face au Nigeria (1:0). "Je me sens bien à ce poste et au final, je pense que l’équipe a fait bonne figure en défense. C’est important de parler aux autres défenseurs sur le terrain pour éviter les mauvaises surprises. C’est l’une des clés."

Latéral qui monte ou ailier qui redescend ?Les Brésiliens Michel Bastos et Daniel Alves se retrouvent dans la même situation. Le Lyonnais se voit reculer dans l’équipe de Dunga par rapport à celle de Claude Puel, où il joue un rôle plus offensif. Le Barcelonais, lui, fait le déplacement inverse. Milieu droit sous le maillot auriverde, comme lors de son entrée en jeu face à la RDP Corée en remplacement d’Elano, il est en Catalogne un excellent arrière droit qui n’hésite pas à réaliser des dédoublements pour apporter le surnombre en attaque.

L’atout de ces joueurs : ce sont de véritables hommes à tout faire tant leur vision du jeu, leur envie offensive et leur solidité défensive sont impressionnantes. "Au Brésil, j'ai joué arrière gauche pendant presque cinq ans", explique Bastos. "Mais peu après mon arrivée à Lille, le coach a commencé à m'utiliser comme milieu gauche, parfois même ailier gauche. En fait, cela arrive assez souvent avec les arrières latéraux brésiliens qui jouent en Europe."

Certaines autres pièces du football ont davantage de chemin à parcourir sur le plateau et doivent appliquer une grande rigueur tactique pour ne pas nuire à leur équipe nationale. C’est pour cette raison que l’Allemand Thomas Müller et le Grec Giorgios Samaras ont été écartés sur les ailes, même s’ils ne quittent pas leur registre offensif.

Au Bayern Munich, Müller joue en soutien de l’attaquant alors qu’il est milieu droit avec la Nationalmannschaft pour laquelle il a marqué contre l’Australie, lors du premier match du Groupe D. "Je pense pouvoir apporter de la fraîcheur quand le rythme commence à ralentir", analyse le joueur de 20 ans. "Je peux aider l’équipe grâce à mon style direct." Au Celtic Glasgow, Samaras est attaquant de pointe. Il évolue sur l’aile gauche avec la Grèce.

Au four offensif et au moulin défensif
Maître Fabio Capello, lui, ne semble pas avoir réussi à trouver le poste idéal pour Steven Gerrard en Angleterre. N’ayant pas encore trouvé le moyen de cohabiter en milieu de terrain avec Frank Lampard, le meneur de jeu de Liverpool évoluait tantôt milieu axial, tantôt milieu gauche, un poste qu’il n’apprécie pas forcément : "Le coach m’a mis là mais avec l’ordre strict de combiner avec Wayne Rooney. Il veut que j’apporte le danger du milieu et pas seulement à gauche. Je pense qu’il comprend que je ne suis pas un ailier gauche." Beaucoup de personnes avaient surtout émis le souhait de le voir jouer juste derrière Rooney pour offrir des ballons dangereux au buteur mancunien. Ce fut le cas contre l’Algérie, sans succès (0:0).

Dans le football moderne, les sélectionneurs exigent de plus en plus de leurs pions qu’ils puissent jouer le rôle de roi, fou, tour, cavalier et reine à la fois. Tout ça pour trouver le coup parfait pour mettre l’adversaire échec et mat.

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