Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

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12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Bilardo : "On a nos chances"

L'Argentine est à 90 minutes d'une nouvelle demi-finale de Coupe du Monde de la FIFA™. Lors de la précédente intrusion de l'Albiceleste dans le dernier carré, il y a 24 ans, Carlos Bilardo occupait le poste de sélectionneur.

À Italie 1990, El *Doctor *s'apprêtait à boucler un cycle exceptionnel à la tête d'une équipe qu'il avait menée jusqu'au titre mondial quatre ans plus tôt, au Mexique. Lors de la demi-finale de 1986 justement, les coéquipiers de Diego Maradona avaient dû se mesurer à la Belgique, adversaire qui croisera de nouveau le chemin des Argentins le samedi 5 juillet, à Brasilia.

Quelques heures avant le coup d'envoi du match qui pourrait permettre aux Sud-Américains de revenir sur le devant de la scène internationale, Bilardo compare les deux campagnes et aborde différents thèmes au micro de la FIFA. L'actuel coordinateur général des sélections argentines évoque notamment Lionel Messi, Maradona et le football moderne. Il estime par ailleurs que les joueurs sont conscients de l'occasion qui s'offre à eux.  

En quart de finale, l'Argentine devra se mesurer à la Belgique, une nation qu'elle avait déjà croisée en demi-finale de Mexique 1986. Que pouvez-vous nous dire sur ces deux rencontres ?
À l'époque, il s'agissait également d'un match à élimination directe. La Belgique possédait un très bon milieu de terrain et plusieurs joueurs de qualité. Je me souviens très bien de cette rencontre. Le style de jeu est similaire. Ils avaient de bons joueurs à l'époque et c'est encore le cas cette année. Le niveau est évidemment différent et il est très compliqué de comparer le football d'hier et d'aujourd'hui. Je l'avais déjà remarqué en discutant avec mon père. Il avait vu évoluer des joueurs comme Vicente de la Mata ou Alfredo Di Stefano et répétait sans cesse "ça, c'était du football".

*A-t-on trop tendance à penser que le football, c'était mieux avant ? *
Ils sont nombreux à le penser, mais mon neveu, qui a cinq ans, ne parle que du football moderne. Il sort ses jouets et nomme les joueurs de Barcelone, de Manchester United. Il les connaît tous !

Passons au petit jeu des comparaisons. Vous aviez dans vos rangs un joueur de la trempe de Diego Maradona alors qu'Alejandro Sabella peut compter sur Lionel Messi…
C'est très important d'avoir des joueurs capables de faire la différence. Ceux qui ont vu évoluer Di Stefano assurent que le fait qu'il soit ou non sur le terrain changeait la donne. C'était la même chose avec Maradona et c'est le cas aujourd'hui avec Messi. Même si tous deux ont été critiqués à un moment ou à un autre en Argentine, je pense qu'ils restent les meilleurs joueurs de leur génération.

Certaines personnes affirment que Maradona n'était pas aussi bien entouré que Lionel Messi. Etes-vous d'accord ?
Nous possédions une bonne équipe et de grands joueurs. Nous avons remporté le Mondial ! Et nous avions affronté des adversaires de talent. Je peux difficilement comparer le football de l'époque et le foot actuel. Je pourrais comparer d'autres domaines comme la médecine, la qualité de vie ou encore la science. Mais avec le football, c'est très compliqué.

*L'Argentine dépend-elle trop de Messi ?  *                                              
Je ne pense pas. De nombreuses personnes affirment qu'il possède des coéquipiers de qualité, des joueurs qui brillent sur la scène européenne. Cela contribue à élever le niveau de jeu. Si j'apprécie le joueur ? Évidemment, j'aime beaucoup. Je me souviens avoir entendu de nombreuses critiques à son égard et m'être dit "il va finir par s'énerver, par se vexer et par arrêter de venir. On va devoir aller le chercher en Espagne à genoux". Il fait la différence, il trouve toujours la faille, quel que soit le système de jeu adverse.

Le niveau affiché jusqu'à maintenant par l'Argentine sera-t-il suffisant pour passer au tour suivant ?Le niveau est très homogène et je ne pense pas qu'il y ait de différence notable entre les équipes encore en course. Il suffit de voir les résultats, tout se joue dans les dix dernières minutes ! On pense que le match est plié et bam ! c'est l'autre équipe qui s'impose. Moi je voyais l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie aller loin dans ce tournoi et regardez où ils en sont.

La défense argentine a été largement critiquée. De son côté, la Belgique pourra s'appuyer sur un joueur du niveau d'Eden Hazard. Comment voyez-vous cette opposition ?
Il est l'un des meilleurs joueurs belges mais le cours du match va dépendre de beaucoup de choses : de son niveau à lui et de celui de nos défenseurs. Mais il y a un autre élément à prendre en compte, à savoir le respect que peuvent éprouver les Belges vis-à-vis de l'Argentine.

Si l'Argentine gagne, elle disputera sa première demi-finale depuis 1990, époque à laquelle vous étiez sélectionneur. Qu'est-ce qui explique que tant d'années se sont écoulées sans que l'Argentine ne se hisse à ce stade-là ?
Le fait que les autres nations aussi aient progressé ! Regardez la Colombie. Auparavant, gagner contre cette équipe était une simple formalité. Nos principaux adversaires étaient le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay… Ça a changé. Aujourd'hui, quand on affronte la Colombie, on se dit "méfiance" !

L'Argentine peut-elle s'imposer face à la Belgique ?
On a nos chances. Les joueurs sont en forme, ils ont envie de gagner. Ça compte beaucoup. Ce que vous avez rappelé aussi est important : de nombreuses années ont passé sans que l'on atteigne les demi-finales. Les joueurs savent qu'ils peuvent changer ça, qu'ils en sont capables.

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