Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Cahill : "Nous savons à quoi nous attendre"

Australia landscape
© Getty Images

Tim Cahill est de ces joueurs qui se trouvent toujours au bon endroit au bon moment. Ce talent hors du commun lui a permis de s'élever au rang de superstar en Australie et de gagner le respect et l'affection des supporters d'Everton, qui ne se lassent pas de voir leur idole boxer le poteau de corner à chaque but marqué.

L'infatigable milieu de terrain des *Toffees *est entré à jamais dans la légende du football australien il y a quatre ans, en inscrivant le premier but des *Socceroos *en Coupe du Monde de la FIFA. Loin de se reposer sur ses lauriers, Cahill a rapidement ajouté une deuxième réalisation à sa collection naissante, synonyme de victoire contre le Japon. Sous l'impulsion de l'ancien joueur de Millwall, l'Australie a atteint les huitièmes de finale d'Allemagne 2006, avant de voir son parcours brutalement stoppé par un but de Francesco Totti dans le temps additionnel du match contre l'Italie.

Cette fois, c'est la *Mannschaft *qui se dresse sur le chemin des Australiens. Devoir affronter un adversaire de ce calibre dès le premier tour de la compétition mondiale n'a évidemment rien d'une sinécure. Toutefois, Cahill se rendra en Afrique du Sud avec la ferme intention d'écrire une nouvelle page de l'histoire de l'équipe d'Australie. Après un début de saison poussif avec Everton, le milieu de terrain international semble retrouver la forme au meilleur moment. Alors que l'un des plus importants rendez-vous de sa carrière se profile à l'horizon, Cahill évoque pour FIFA.comle match à venir contre l'Allemagne, son statut en équipe nationale, son rôle d'ambassadeur de l'UNICEF et l'héritage de la Coupe du Monde de la FIFA en Afrique du Sud.

Quels sont vos premiers souvenirs de la Coupe du Monde de la FIFA ?Je me souviens avoir vu Roberto Baggio tirer un penalty au-dessus de la barre (Etats-Unis 94) et de la percée de Schillaci au plus haut niveau (Italie 90). Il marquait à chaque occasion ! Plus tard, j'ai essayé de marcher dans les traces de joueurs comme Bebeto et Romario. J'aime beaucoup les attaquants comme Bebeto et Schillaci. Ce sont des opportunistes qui savent s'adapter à toutes les situations. Avec eux, on ne sait jamais à quoi s'attendre mais il se passe toujours quelque chose.

*Contre le Japon en 2006, vous avez vous aussi fait preuve d'un bel opportunisme. Etiez-vous déçu de débuter ce match sur le banc ? *Oh oui, j'étais très déçu ! Mais avec le recul, l'équipe était tellement forte que je peux comprendre pourquoi le sélectionneur [Guus Hiddink] a pris cette décision. En plus, cela m'a permis de réussir l'un des plus grands exploits de ma vie : entrer en jeu et marquer deux fois, dont le premier but de l'Australie en Coupe du Monde. Quatre ans plus tard, je n'ai vraiment aucun regret.

Toujours en 2006, vous avez perdu en huitième de finale contre l'Italie, sur un penalty de Francesco Totti dans le temps additionnel. Vous êtes passé tout près d'une qualification pour les quarts de finale. Comment avez-vous vécu cette défaite ?Cela nous a fait très mal, d'autant que la prolongation était vraiment à portée de main et que nos adversaires étaient réduits à dix. Je me souviens m'être vu au milieu de la pelouse, les mains sur la tête, et avoir pensé : "Mes rêves sont en train de se briser". Ma seule consolation, c'est que les Italiens ont gagné le tournoi et que nous leur avons posé beaucoup de problèmes. Les choses n'arrivent jamais par hasard. Ce match a été une bonne leçon pour nous. Si on ne fait pas rapidement la différence face à une équipe en infériorité numérique, on s'expose à ce genre de déconvenues.

Vous allez démarrer votre parcours en Afrique du Sud par un match contre l'Allemagne. Vous vous attendez à un match difficile ?Très difficile. J'étais présent au tirage au sort et je me suis dit : "Et voilà, ça commence". Il y a quatre ans, nous étions du voyage en Allemagne. Cette rencontre va évidemment raviver de vieux souvenirs. Nous savons que les Allemands sont très rigoureux et très sérieux sur le plan tactique mais ce sera leur première sortie. Nous allons peut-être les cueillir à froid.

Il ne faut jamais oublier que les matches du premier tour de la Coupe du Monde ne durent que 90 minutes - ou 93. Ce sont des rencontres-couperets pendant lesquelles tout peut arriver. Une victoire et un nul suffisent parfois pour accéder aux huitièmes de finale, indépendamment du résultat du premier match. J'attends ça avec impatience. Le plus important pour nous, c'est de bien prendre les matches les uns après les autres et de ne pas perdre notre concentration.

On dit que les Allemands répondent toujours présent dans les grands tournois. Comment cela se fait-il ?L'explication est simple : l'Allemagne est toujours très performante dans ces tournois. Les Allemands commencent souvent lentement mais ils montent en régime au fil des matches. Je crois que cela tient à leur culture, à leur formation, à leurs joueurs et à leur rigueur sur le terrain comme en dehors. Cela en dit long sur la compétitivité de leur football. Mais nous savons à quoi nous attendre et nous serons tout aussi sérieux qu'eux.

Vous êtes souvent présenté comme l'arme secrète de l'Australie. Comment expliquez-vous cela ?Je marque beaucoup et je me trouve souvent dans les bons coups. Pourtant, je travaille également pour le bien de l'équipe. Cela me fait plaisir que l'on parle de moi en ces termes mais je dois continuer à faire mes preuves à chaque match. Ce n'est pas toujours facile d'être décisif au niveau international : le rythme est plus lent et certaines équipes préfèrent jouer le contre. Il faut alors se montrer efficace sur coup de pied arrêté ou trouver des espaces derrière la défense. Il ne faut jamais baisser les bras, en tout cas.

Vous êtes pourtant trop connu pour être vraiment considéré comme une arme secrète. En parlant de surprises, quel nouveau venu chez les *Socceroos *va crever l'écran cet été ?Plusieurs jeunes espoirs vont avoir leur chance. Dario Vidosic, qui joue à Nuremberg, est très rapide. Nous avons également Alex Brosque, qui évolue en A-League, et qui s'est très vite adapté au niveau international. Je pense aussi à Nicky Carle. Bref, nous ne manquons pas de talent dans tous les secteurs de jeu !

Vous travaillez souvent pour l'UNICEF et d'autres organisations caritatives. Selon vous, qu'est-ce que la Coupe du Monde de la FIFA peut apporter à l'Afrique du Sud ?En tant que footballeurs, nous comptons parmi les plus grandes stars de la planète. C'est agréable de servir de modèles aux enfants, de leur donner envie de vivre mieux, de bien se nourrir et d'essayer d'aller dans la bonne direction. Si on arrive à changer l'état d'esprit d'une personne sur dix, même d'une sur mille, alors on se rend utile. Si nous pouvons utiliser notre image pour faire le bien autour de nous, c'est tant mieux. J'ai la chance de jouer aux côtés de Steven Pienaar à Everton, ce qui m'a permis d'en apprendre plus sur l'Afrique du Sud.

On parle beaucoup des handicaps de l'Afrique du Sud mais tous les pays ont leurs bons et leurs mauvais côtés. La Coupe du Monde va donner un nouvel élan au football sud-africain et faire le bonheur de beaucoup de gens. C'est important. En voyant leur pays organiser l'une des plus importantes compétitions au monde, tous les Sud-africains vont se sentir pousser des ailes. C'est pour cette raison que je veux absolument que l'Australie se porte candidate à l'organisation de la Coupe du Monde. Si, le temps d'un tournoi, les enfants quittent les rues et s'interrogent sur leur avenir, je pense que l'on pourra dire que le contrat est rempli.

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