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14 juin - 15 juillet

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Camara, le remplaçant devenu irremplaçable

Montpellier's forward Souleymane Camara (L) vies for the ball with Lyon's Henri Bedimo
© AFP

Souleymane Camara est un authentique gentil, calme, doux et posé, qui n’a jamais un mot plus haut que l’autre. Pour le mettre en colère, il faut se lever tôt. Ou connaître la formule magique…

Essayez de prononcer les mots "joker de luxe", "Supersub" ou "Ole-Gunnar Solskjær" en sa présence, et vous verrez le timide Sénégalais se métamorphoser ! "Les trois expressions m’énervent", admet le Lion de la Teranga, dont le rugissement se mélange au rire lorsque FIFA.com évoque sa réputation de remplaçant décisif. "Solskjær, je n’ai rien contre lui, c’était un grand attaquant, d’autant plus que j’aime bien Manchester United", poursuit-il. "Je ne sais pas s’il se satisfaisait d’être un super remplaçant, mais moi je ne me considère pas comme un remplaçant."

Découvrez l'interview de Souleymane Camara dans son intégralité

Reste maintenant à convaincre les autres. Son ancien entraîneur Rolland Courbis, par exemple, dit de lui qu’il est un "titulaire sur le banc" - comprendre qu’il a le niveau pour être aligné d’entrée, mais il est tellement efficace en sortant du banc qu’il serait dommage de se priver d’une telle arme. Pour l’attaquant de Montpellier, à 33 ans, il semble presque trop tard pour lutter contre ce statut. "J’ai toujours dit que je n’aimais pas ça. Je fais toujours mon boulot et je suis professionnel. A chaque fois que j’ai la chance de jouer, même si ce n’est que cinq minutes, j’essaie de me donner à fond. Et c’est vrai que souvent ça se passe bien…", se résout à constater le buteur héraultais, qui ne peut pas contester les chiffres.

Une vieille habitude
Sur les 50 buts qu’il a inscrits en Ligue 1 dans sa carrière, 23 l’ont été en entrant en jeu. Tout au long de ses 15 ans d’une carrière professionnelle commencée en 2001, le maillot a souvent changé, mais sur chacun, une étiquette solidement cousue est quasiment impossible à enlever. Celle de remplaçant idéal. "Mais ma philosophie, c’est qu’il n’y a pas à se poser la question. Dans ma tête, je me considère comme titulaire quand je débute une saison", répond le joueur arrivé à Montpellier en 2007, et qui a eu le temps d’y connaitre la deuxième division, la remontée et, surtout, l’historique titre de champion de France en 2012.

Dans chacune de ces aventures, le MHSC a pu compter sur les entrées en jeu décisives de son attaquant, une habitude qui date de bien avant ses débuts professionnels en 2001. "Ça a commencé quand j’étais tout petit, au Sénégal", se souvient le quart de finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA 2002™. "J’allais m’entraîner au centre Aldo Gentina, le centre de formation de l’AS Monaco à Dakar, mais à l’époque, je n’étais pas en internat. Je venais m’entraîner et je faisais des tests. Et quand je retournais dans mon école de football, souvent on avait des matches et j’arrivais à 15 ou 20 minutes de la fin. On me faisait rentrer et à chaque fois, je marquais…"

C’est peut-être ce qui a convaincu le club monégasque de lui faire signer un contrat en 2001, et de le conserver cinq saisons. Le temps pour Camara de voir défiler des Fernando Morientes, Oliver Bierhoff, Marco Simone, Javier Saviola, et autres Ludovic Giuly ou Emmanuel Adebayor. On accepte plus facilement le statut de remplaçant dans ces cas-là… "Je ne sais pas si c’était la meilleure formation, mais c’était exceptionnel", reconnaît l’avant-centre passé également par Nice et Guingamp. "Quand j’étais petit, je voyais Simone, Morientes ou Bierhoff  à la télé, et soudain, être dans la même équipe et le même vestiaire qu’eux, était quelque chose d’extraordinaire. A côté d’eux, j’ai beaucoup appris. Aujourd’hui encore, je récolte les fruits de ce travail-là, et jusqu’à présent, j’en parle encore à certains de mes coéquipiers."

Observation, action
Peut-être évoque-t-il ces souvenirs lorsqu’il prend place sur le banc, attendant impatiemment l’heure de montrer que sa place est de l’autre côté de la ligne de touche. "Sur le banc, j’observe beaucoup, je reste concentré sur le match, j’essaie de voir les défauts de la défense adverse, et j’essaie de penser à ce que je peux faire pour la déstabiliser", explique Camara qui, parmi ses buts inscrits en sortie de banc, cite celui de la victoire contre Nice 1:0 l’année du titre montpelliérain et, surtout, son tout premier inscrit en sélection. "C’était à la CAN 2002, contre la Zambie. On était à 0:0, et on n’avait jamais battu cette équipe. A cinq minutes de la fin, Bruno Metsu me fait entrer et sur ma première occasion, un centre de Makhtar Ndiaye, je mets la tête, et on gagne 1:0 à la 90ème..."

Cette année-là, les Lions de la Téranga atteindront la finale de la CAN, la première et unique de leur histoire, avec une génération de surdoués qui qualifiera également le Sénégal pour sa première Coupe du Monde. En Corée et au Japon, il atteindra les quarts de finale, où il sera éliminé par la Turquie (0:1 a.p.) au but en or. Ce jour-là, Camara est resté sur le banc… 

Découvrez l'interview de Souleymane Camara dans son intégralité

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