Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

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12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Campbell, le minot du clan tico

Joel Campbell of Costa Rica celebrates scoring his team's first goal
© Getty Images

En général, le benjamin d'une équipe passe son temps à suivre les débats depuis le banc et à retenir les leçons prodiguées par les vétérans. Plus jeune joueur du Costa Rica à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, Joel Campbell, 22 printemps, apprend pourtant à nager dans le grand bain. Titulaire lors des quatre matches de la Sele, il s’affirme comme l’une des révélations de la compétition.

"Il est encore jeune, mais ce n’est pas un enfant", précise le milieu de terrain Christian Bolanos au micro de FIFA.com après une nouvelle séance d’entraînement animée. Le doyen de l’effectif centraméricain esquisse un sourire lorsqu’on l’interroge sur l'étoile montante du football costaricain. "Joel grandit vite. Dans les duels, il peut faire mal. Il est rapide et il est capable de marquer des buts."

*L’œil de Wenger *
Campbell n’a que 19 ans quand il est détecté par l’œil aiguisé d’Arsène Wenger. Le manager d’Arsenal lui fait signer un contrat de cinq ans. L’attaquant a beau être un parfait inconnu en dehors des frontières costaricaines, l’Alsacien, réputé pour avoir fait décoller les carrières des Thierry Henry, Robin van Persie et autres Cesc Fabregas, lui trouve un "truc" en plus. Depuis son engagement avec les Gunners, le natif de San José a passé trois saisons en prêt au FC Lorient (2011-12), au Betis Séville (2012-13) et à l’Olympiakos 2013-14) pour se frotter aux rigueurs du football européen. Loin de chez lui, il va apprendre le métier à la vitesse grand V.

La saison dernière avec l’Olympiakos, Campbell a fait grimper sa cote à l’échelle mondiale en signant un but face à Manchester United en huitième de finale de la Ligue des champions de l’UEFA. "On essaie de l’accompagner", assure l’élégant capitaine et meneur de jeu Bryan Ruiz, dont le style tout en retenue tranche avec la démarche un tantinet arrogante de Campbell. "Il a beaucoup de choses à apprendre, mais il joue un rôle important dans l’équipe. On fait attention à lui. Il est allé très haut, très vite".

Musclé et puissant, doté d’un centre de gravité bas, Campbell est affecté à un rôle à la fois ingrat et exigeant au Brésil. Seul en pointe dans un dispositif tourné vers le contre, il se retrouve à ferrailler avec des armadas de défenseurs aguerris. Sa mission consiste à contrôler le ballon, le protéger et attendre l’arrivée du soutien. Dans cet exercice qui requiert patience, maîtrise de soi, puissance physique et équilibre, le jeune homme affiche l’assurance et le calme d’un vieux briscard.

Égal à lui-même, Campbell promène sa silhouette pleine d’orgueil, d’enthousiasme et de bravoure dans le camp de base costaricain. Le garçon est très sûr de lui, voire effronté. Quand il réussit un geste d’exception à l’entraînement, ses coéquipiers plus âgés échangent petits coups de coude et regards entendus. "C’est un niveau nouveau pour moi", reconnaît l’intéressé. "C’est la Coupe du Monde, il n’y a rien de plus grand. Je veux être performant ici. Je veux marquer des buts et aider mon équipe d’une façon ou d’une autre. Ce n’est pas parce que je suis jeune que l’on attend moins de choses de moi."

Un vrai rôle
Campbell fait partie de ces joueurs capables de transformer une bonne équipe en grande équipe. Face à l’Uruguay, il a marqué un but et a poussé à bout le défenseur *charrua *Maxi Pereira, exclu pour lui avoir donné un mauvais coup. Contre l’Italie, il a fait passer 90 minutes très délicates au grand défenseur central de la Juventus Giorgio Chielini. En huitième, face à la Grèce, il a su garder son sang-froid pour réussir son tir au but sans sourciller. "On a une équipe extraordinaire", lance Campbell, qui est encore novice dans l’art de la langue de bois. Brut de décoffrage, le garçon dit ce qu’il pense. "On a travaillé très dur et on a certains des meilleurs joueurs que le Costa Rica ait jamais vus."

Jetant un coup d’œil au banc de touche, Campbell montre du doigt les Ruiz, Bolanos et Junior Diaz, artisans selon lui du succès sans précédent de la sélection tica. "Ces joueurs sont extraordinaires. Leur expérience n’a pas de prix", estime Campbell, qui souligne aussi l’apport de l’entraîneur assistant Paulo Wanchope, l’ancien attaquant vedette des Ticos, auquel il est souvent comparé. "Ils ont déjà tout connu. Ils ont joué au plus haut niveau. Ils donnent des conseils et s’assurent que les choses soient faites comme il faut."

Pour sa première coupe du Monde, le benjamin du Costa Rica s’apprête à disputer un quart de finale face aux Pays-Bas, grande puissance européenne. À la veille de ce rendez-vous de prestige, ses coéquipiers ne sont pas peu fiers de ses performances. "Il a encore beaucoup de choses à apprendre, mais on va lui donner les armes dont il a besoin", conclut le capitaine Ruiz.

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