Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Cannavaro : "Gagner le Mondial, c'est devenir une légende"

Ce n'est pas un hasard si Fabio Cannavaro a été choisi pour prendre part au Tirage au sort officiel de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Pendant près de deux décennies, l'international italien a collectionné les titres et les temps forts sur le terrain. Toutefois, sa participation à cet événement exceptionnel s'explique aussi et surtout par la relation très particulière qu'il entretient avec le trophée le plus convoité de la planète. Sacré champion du monde en 2006 en Allemagne, Canavaro a, dans la foulée, enlevé le titre de Joueur Mondial de la FIFA, fait extrêmement rare pour un défenseur.

FIFA.com a proposé à l'Italien de réagir à l'évocation d'une série de pays qui ont marqué le cours de sa carrière. Nous avons ainsi pu aborder le passé, le présent et l'avenir de l'un des plus grands défenseurs de l'histoire, qui envisage de s'essayer prochainement au métier d'entraîneur. Notre voyage autour du monde commence par le pays hôte de la prochaine Coupe du Monde, sur les lieux mêmes où nous avons réalisé cet entretien...

Fabio Cannavaro sur le Brésil :
On ne peut pas parler du Brésil sans penser au football. Les Brésiliens portent un regard différent du nôtre sur le ballon : ils considèrent le football comme un spectacle, comme une raison de vivre. Je suis fier d'être italien, mais notre façon d'envisager le jeu est radicalement différente. La *Seleçao *a remporté deux de ses cinq titres mondiaux en battant l'Italie en finale. Ça me rend fier car, au bout du compte, le Brésil et le football sont indissociables.

Fabio Cannavaro sur  l'Italie :**
Techniquement, nous n'avons rien à envier aux autres nations mais nous avons surtout un cœur énorme, le sens du sacrifice et la rage de vaincre à tout prix. Nous sommes prêts à proposer un jeu peu attractif, si c'est le prix à payer pour l'emporter. C'est notre secret : la victoire est ce qu'il y a de plus important pour nous. Nous avons la volonté de surmonter toutes les épreuves et tous les obstacles. L'Italie s'est toujours appuyée sur ces qualités et c'est un autre motif de fierté.

*On dit souvent que l'Italie a changé avec l'arrivée aux commandes de Cesare Prandelli. Est-elle est aujourd'hui plus offensive ?  *Le football italien a évolué, mais Prandelli n'est pas le seul responsable. Sur les 20 dernières années, l'équipe qui pratique le meilleur football en Europe, c'est l'AC Milan. C'est vrai aussi pour notre équipe nationale. Quand nous avons gagné la Coupe du Monde 2006, nous terminions souvent les matches avec quatre attaquants, deux milieux de terrains, dont Andrea Pirlo, et deux latéraux à vocation offensive, Gianluca Zambrotta et Fabio Grosso. Pourtant, les gens se souviennent toujours de l'Italie des années 30 et de l'époque du catenaccio. Aujourd'hui, nous savons défendre et attaquer. Nous sommes davantage maîtres du ballon.  

*Vous avez joué avec Pirlo et Gianluigi Buffon. Quel effet cela vous fait-il de voir qu'ils tiennent toujours un rôle important en sélection ? *Ça ne me surprend pas. Nous, les Italiens, nous avons la culture du travail et du sacrifice. Notre professionnalisme ne s'arrête pas aux abords du terrain. Grâce à leur sérieux, des joueurs comme Pirlo et Buffon restent performants à 35 ou 36 ans. En Italie, c'est normal.

  • Fabio Cannavaro sur la France :*Ma génération a entretenu une grande rivalité sportive avec la France. Nous nous retrouvions toujours face à face dans les moments importants. Parfois, la réussite nous a fait défaut, mais notre dernière rencontre s'est bien terminée et c'est bien là l'essentiel. Pourtant, la finale de l'Euro 2000 de Rotterdam me reste en travers de la gorge. Ce jour-là, nous n'avons pas joué comme des Italiens. Nous aurions dû être… peut-être pas plus truqueurs, mais plus intelligents, plus "rusés"... Nous avons perdu cette finale en l'espace de 30 secondes. Néanmoins, c'était toujours un plaisir d'affronter cette équipe, car la France comptait beaucoup de grands footballeurs dans ses rangs à l'époque : Zinedine Zidane, Lilian Thuram, Didier Deschamps, Thierry Henry, David Trezeguet... À chaque fois que nos routes se sont croisées, le défi a été corsé, mais stimulant. 

    Fabio Cannavaro sur l'Espagne :
    *
    *J'ai eu le plaisir de vivre en Espagne et de découvrir le rapport des Espagnols au football. On prépare les matches calmement, sans pression et sans stress inutiles. La victoire et le plaisir sont présents en égales mesures. C'est différent. Les Espagnols ont de la chance car, en plus de posséder une génération phénoménale, ils ont appris à être plus malins sur le terrain. Cette équipe a toujours eu du talent, mais elle ne savait pas se surpasser pour faire la différence dans les moments importants. Depuis six ou huit ans, ils ont presque tout gagné. Ils seront encore difficiles à battre en 2014.

    *Quand vous avez affronté l'Espagne en 2006, étiez-vous conscient que cette génération possédait les qualités requises pour aller si loin ? *On pouvait voir que cette équipe comptait des joueurs incroyables. On sentait qu'un travail de longue haleine commençait à payer. J'avais dit à Iker Casillas : "Vous avez gagné l'Euro 2008, mais vous allez voir qu'un titre de champion du monde, ça change tout". Avec malice, ils ont gagné la Coupe du Monde et ils sont devenus pratiquement invincibles. Comme si ça ne suffisait pas, la prochaine génération s'annonce aussi forte que sa devancière. Ça va être dur pour les autres !

    *Pour vous, l'Espagne est-elle favorite en 2014 ? *Elle fait certainement partie des favoris. Ce sera l'équipe à battre. Elle possède un bon mélange de jeunesse et d'expérience.

    *Comment expliquer sa lourde défaite face au Brésil, en finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013 ? *Ce sont des choses qui arrivent. Personne n'est invincible. Quand vous commencez à vous croire imbattable, les ennuis ne tardent pas à arriver. Les Espagnols possèdent d'énormes qualités individuelles et peuvent compter sur un grand entraîneur mais si l'envie n'est plus là, tout peut très vite se compliquer. Ce n'est pas facile de garder sa motivation intacte. Pourtant, après avoir goûté à la victoire, après avoir fait le bonheur de tout un pays et fêté un titre avec ses coéquipiers sur le terrain, on est prêt à tout pour connaître à nouveau de telles émotions. D'un autre côté, plus vous gagnez et plus les autres ont envie de vous battre.

    Fabio Cannavaro sur l'*Afrique du Sud :
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    Pour ce qui est du football, l'année 2010 restera comme un épisode étrange dans l'histoire de l'Italie. Nous sommes arrivés avec un groupe qui mêlait vétérans de 2006 et jeunes prometteurs. Mais Gennaro Gattuso a été touché au genou, Buffon avait mal au dos et Pirlo était blessé. Nous avons disputé des matches importants sans ces trois éléments essentiels et nous avons souffert. Pour briller en Coupe du Monde, il faut des joueurs de caractère. Je suis revenu pour le dernier match, en tant que capitaine de l'équipe tenante du titre. J'étais à la fois heureux et triste : après quatre années, j'ai dû faire mes adieux à la coupe. C'était tout de même quelque chose.

    Sur le plan personnel, que représente un titre de champion du monde ? *J'ai toujours dit qu'un footballeur qui remporte la Ligue des champions, la Coupe UEFA ou d'autres compétitions internationales est un grand joueur. Mais un footballeur qui gagne la Coupe du Monde devient une légende. Je crois que ça résume bien les changements dans la vie d'un joueur après un titre mondial. *
    Fabio Cannavaro sur les Émirats Arabes Unis :**Je suis allé aux EAU en 2010, à Al Ahli, pour vivre quelque chose de différent. Au bout d'un an, j'ai commencé à avoir des problèmes de genou. Nous avons donc décidé, en accord avec le président du club, de changer mon rôle. J'ai signé un contrat de trois ans. J'ai profité des deux premières années pour passer mes diplômes d'entraîneur : B, A et Pro. L'année dernière, j'ai accepté le poste d'adjoint du nouvel entraîneur, le Roumain Cosmin Olăroiu. À l'avenir, je pense faire carrière dans cette profession. J'ai envie de devenir entraîneur, car c'est ce qui ressemble le plus à ce que j'ai fait auparavant. J'espère aider les jeunes à progresser, en leur faisant partager l'expérience que j'ai accumulée au fil des années. Je rêve de devenir un bon entraîneur, de prendre en main une équipe et de remporter un titre.

    *Durant votre carrière, vous étiez considéré comme un véritable meneur d'hommes. Avez-vous le sentiment d'avoir changé, depuis que vous avez raccroché les crampons ? *Le rôle de l'entraîneur est différent. Un joueur est plus égoïste dans sa façon de préparer les matches. Il n'a pas à s'occuper de ce qui se passe autour de lui. L'entraîneur, lui, doit motiver tout le groupe et réagir à toutes les situations. C'est un métier qui me passionne. J'étudie beaucoup et j'ai mon idée sur la façon de jouer au football. Mon séjour en Espagne m'a également permis d'élargir mes horizons sur le plan sportif. Mon contrat en tant qu'adjoint prend fin en 2014. Ensuite, je veux devenir entraîneur. J'aime connaître de nouvelles personnes et découvrir de nouvelles cultures. Je ne me pose donc pas de limites dans ma future recherche.

    *De qui avez-vous le plus appris ? *Je ne vous étonnerai pas en vous parlant des entraîneurs avec lesquels j'ai gagné mes plus grands titres : Marcello Lippi et Fabio Capello. Ils m'ont beaucoup appris. Mais j'ai aussi travaillé avec des gens comme Arrigo Sacchi, Giovanni Trapattoni... Je souhaite retenir le meilleur de chacun et le partager avec mes futurs joueurs.Quand on la chance de travailler avec des footballeurs de haut niveau, il faut savoir les gérer. On doit pouvoir en tirer le meilleur dans les moments décisifs. J'ai côtoyé des techniciens qui excellaient dans ce domaine. Mais le plus important, c'est d'être honnête et de rester fidèle à soi-même.

    *Votre immense palmarès de joueur est-il un atout ou un handicap ? *Dans un premier temps, ça me sera utile, car les gens se souviendront de mes performances sur le terrain. Mais si je ne parviens pas à faire passer mon message auprès des joueurs, ils ne mettront pas deux minutes à me laisser tomber. Les footballeurs sont comme ça. J'espère être à la hauteur de la tâche. Je suis un passionné avant tout et je travaille dur : j'ai étudié pendant deux ans. J'aime préparer les entraînements, corriger les erreurs et me trouver au cœur de l'action. C'est le début d'un nouveau chapitre. Joueur, je n'avais rien d'un meneur de jeu surdoué. Alors, j'ai dû donner le meilleur de moi-même, en m'appuyant sur le collectif. En devenant entraîneur, j'espère arriver à transmettre ma mentalité de vainqueur à mes joueurs.

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