Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

14 juin - 15 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2018™

Chhetri et l'Inde au défi

Sunil Chhetri est l'un des rares membres de l'équipe nationale indienne à avoir fait l'expérience du professionnalisme à l'étranger, lors d'un passage au Sporting Kansas City (MLS). Meilleur buteur de l'histoire de la sélection, le capitaine devance au classement Baichung Bhutia, l'idole des supporters des Blue Tigers. En 2011, son sens du but a permis à l'Inde de mettre fin à une longue absence de 27 ans en Coupe d'Asie de l'AFC. 

À 31 ans, l'attaquant reste l'un des joueurs les plus en vue du pays. Sous son impulsion, l'Inde espère bien se faire remarquer lors des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ et franchir un palier sur la scène continentale.

Les préliminaires de l'épreuve reine occupent actuellement tous les esprits, et les supporters indiens qui rêvaient d'assister à l'aube d'une nouvelle ère ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Battus par Oman et par le modeste Guam, les *Blue Tigers *vont devoir puiser dans leurs réserves pour se replacer dans un groupe composé également du Turkménistan et de l'Iran. 

"Notre route s'annonce semée d'embûches", juge Chhetri au micro de FIFA.com. "Mes partenaires étaient très abattus après le match contre Guam. Ils sont encore jeunes. Je leur ai parlé et je leur ai dit qu'il fallait prendre les matches les uns après les autres. Qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes à chaque sortie et nous verrons bien où ça nous mènera. Pour être franc, ça ne sera pas facile, mais nous sommes les seuls responsables de notre situation."

"Maintenant, il faut se concentrer sur l'Iran", poursuit le meilleur buteur des qualifications asiatiques avec quatre réalisations. "C'est une chance pour nous d'affronter cette équipe. Elle a du talent à revendre et elle compte plusieurs participations à la Coupe du Monde. Nous sommes en phase de transition. Plusieurs internationaux expérimentés nous ont quittés et nous avons appelé de jeunes joueurs pour les remplacer. Une équipe ne se construit pas en un jour."

*Partir de la base *
L'an dernier, le lancement de la Super League indienne a permis au pays de se retrouver un temps sous les feux des projecteurs. L'arrivée de grands noms du football international a contribué à rendre cette compétition très attractive aux yeux du public et des médias. Le premier tournoi FIFA organisé en Inde, la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2017, se profile également à l'horizon.

Le contexte est aujourd'hui bien différent de celui qu'a connu Chhetri à ses débuts. Le futur international indien s'est initié très jeune au ballon rond, grâce notamment à sa mère et à sa tante, anciennes internationales népalaises. Son père, quant à lui, a joué dans une équipe militaire. Mais à l'époque, le football ne pouvait rivaliser avec le cricket en termes de popularité. Depuis, le fossé s'est encore accru.

"C'est une bonne chose", répond Chhetri lorsqu'on l'interroge sur l'impact de la Super League. "Le nombre de spectateurs a augmenté et davantage de gens s'intéressent désormais au football. C'est important. Mais il ne faut pas se reposer uniquement sur un pilier, qu'il s'agisse de l'ISL, de l'I-League, de la fédération, du gouvernement, des supporters, des joueurs ou des médias. Chacun a un rôle à tenir. Si l'amélioration des infrastructures et du championnat sont au cœur de nos préoccupations, l'équipe nationale doit aussi suivre le mouvement. Les deux projets vont de pair." 

"Attention, les choses ne se feront pas par magie, prévient-t-il. "Il y a une procédure à suivre. En raison de l'immense intérêt que génère le football et du statut de l'Inde, il nous arrive de croire que tout peut changer du jour au lendemain. C'est une erreur. Ça n'arrivera pas. Sur le plan national, il nous faut des entraîneurs qualifiés à tous les niveaux pour travailler avec les enfants. La formation est un aspect capital. C'est un domaine dans lequel notre pays peut encore progresser."

"Si nous pouvons créer un environnement dans lequel tous ceux qui veulent jouer au football, garçons et filles, bénéficient du soutien d'entraîneurs de haut niveau et de bons équipements, nous aurons fait la moitié du chemin. C'est à la fois mon rêve et mon ambition pour ce pays. Si nous y parvenons, je suis certain que nous progresserons rapidement au classement mondial", conclut Chhetri.

Explorer le sujet

Articles recommandés