Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™

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21 novembre - 18 décembre

Croatie

Dalic : "Ma vie a changé, mais moi non"

Head coach of Croatia motivates his team ahead of extra time the 2018 FIFA World Cup Russia Semi Final match between England and Croatia .
© Getty Images
  • Zlatko Dalic est resté à la tête de la Croatie après la finale de la Coupe du Monde
  • Il veut écrire un nouveau chapitre et a mené son équipe à la qualification pour l’UEFA EURO 2020
  • Il évoque les difficultés rencontrées et la recette du succès croate

Pour Zlatko Dalic et la Croatie, Russie 2018 restera toujours un souvenir à part. Mais alors que le rideau venait de tomber sur la Coupe du Monde de la FIFA™ et sur le parcours historique vers la finale, une question occupait déjà tous les esprits : et ensuite ?

À l’image de l’attaquant Mario Mandzukic ou du gardien Danijel Subasic, quelques cadre ont choisi de se retirer. Confronté à ces départs et aux offres de plusieurs clubs étrangers, Dalic lui-même a dû faire le point sur sa situation. "J’ai compris que je ne pourrais jamais faire mieux", lance-t-il d’entrée à FIFA.com.

Au bout du compte, son sens du devoir l'a convaincu de poursuivre l’aventure. Il s’est donc lancé dans un nouveau défi : rafraîchir et reformer son groupe. Après une petite période de turbulences au lendemain de la Coupe du Monde, la Croatie a validé son billet pour l’UEFA EURO 2020 en terminant première de son groupe.

Portée par des joueurs d’expérience, comme Luka Modric, et des jeunes prometteurs, la Croatie aborde cette compétition avec un costume qu’elle connaît bien, celui de trouble-fête. À quelques mois du tournoi, Dalic évoque les difficultés rencontrées, les changements intervenus dans sa vie et les raisons qui l’ont poussé à rester.

Croatia Portraits - Zlatko Dalic
© Getty Images

Zlatko Dalic, cette qualification pour l’Euro après avoir obtenu la première place de votre groupe vous satisfait-elle ?

C’est toujours gratifiant de remplir ses objectifs. Les qualifications ne sont jamais simples et celles-ci n’ont pas fait exception à la règle. Nous avons su répondre présent aux moments importants et nous méritons cette première place. Quand il a fallu hausser notre niveau de jeu pour prendre des points, nous l’avons fait. Ça montre que ce groupe ne manque pas de talent ou de caractère. Je suis content car nous avons introduit de nouveaux éléments dans l’équipe, sans que les performances s’en ressentent. C’est d’autant plus intéressant que nous avons su garder notre esprit d’équipe et que nos supporters sont toujours derrière nous. Cette unité avait fait la différence pendant la Coupe du Monde et elle nous sera encore très précieuse à l’avenir.

Quelles difficultés avez-vous rencontré après la Coupe du Monde et comment vous les avez résolues ?

Plusieurs joueurs très importants ont quitté l’équipe nationale, comme Mario Mandzukic. Il fallait aussi s’attendre à ce que le reste de l’équipe redescende sur terre après cette merveilleuse Coupe du Monde. Nous avons choisi de répondre à cette situation en intégrant des joueurs jeunes, ambitieux et talentueux. Je pense notamment à Josip Brekalo et Nikola Vlasic, qui ont joué un rôle essentiel pendant les qualifications. Nous avons également trouvé un excellent attaquant en la personne de Bruno Petkovic. Nous avons ainsi pu découvrir de nouveaux visages, tout en maintenant notre niveau de jeu grâce à des joueurs d’exception comme Modric, Ivan Rakitic et Ivan Perisic.

Sur le plan de la tactique ou de la motivation, vos adversaires ont-ils adopté une autre approche depuis la finale de la Coupe du Monde ?

Désormais, affronter la Croatie est devenu, pour beaucoup d’équipes, une occasion importante. On sent chez elles beaucoup d’énergie, de concentration et, surtout, l’envie de battre les vice-champions du monde. Nous en sommes conscients et nous nous préparons en conséquence. Les autres donnent toujours le meilleur contre nous, ce qui n’est pas évident à gérer sur le long terme. Bien entendu, les compétiteurs que nous sommes aiment les défis. Nous avons envie de prouver que nous méritons notre médaille d’argent. J’ai une équipe de compétiteurs qui aiment représenter leur pays et qui savent parfaitement qu’une place en équipe nationale doit être considérée comme un privilège.

En quoi votre vie a-t-elle changé depuis la Coupe du Monde ?

Elle a totalement changé. Désormais, tout le monde me connaît en Croatie. En revanche, j’espère que moi, je n’ai pas changé. Mes parents m’ont appris à rester humble, à respecter tout le monde et à travailler dur. C’est la raison pour laquelle j’essaye de vivre aujourd’hui comme je le faisais avant la Coupe du Monde.

Vous estimez que le succès en Coupe du Monde n’avait pas suffisamment de retombées. Que faudrait-il faire ?

Je pense surtout aux infrastructures et aux relations que les autorités, nationales et locales, entretiennent avec le football. Je suis surpris de constater que les finalistes de la Coupe du Monde n’ont même pas un stade attitré à Zagreb, qui est tout de même la capitale de la Croatie et la ville où nous jouons la plupart de nos matches. Nos infrastructures de football restent très médiocres et bien en-dessous du niveau de notre football. Nos supporters, notre équipe, nos sélections de jeunes... nous méritons tous que le pays investisse dans le football car nous aurons bien du mal à rester au niveau des autres pays sans cet argent.

La Croatie traverse-t-elle une période de transition depuis Russie 2018 ?

Si on regarde l’équipe qui a débuté la finale de la Coupe du Monde et celle qui a terminé les qualifications pour l’Euro, il y a eu pas mal de changements. Nous sommes moins expérimentés aujourd’hui mais, dans certains secteurs, nous sommes encore plus forts. Notre victoire 4-0 en Slovaquie reste sans doute comme l’une des meilleures performances auxquelles j’ai assisté en tant que sélectionneur, y compris pendant la Coupe du Monde. Ça prouve que la Croatie peut donner du fil à retordre à n’importe quel adversaire, non seulement à l’Euro, mais dans les années à venir.

Gareth Southgate, Head Coach of England, Zlatko Dalic, Head Coach of Croatia, and Jaroslav Silhavy, Head Coach of Czech Republic pose with the Henri Delaunay Trophy after the UEFA Euro 2020 Final Draw Ceremony.
© Getty Images

Vous allez rencontrer la République tchèque, l’Angleterre et une équipe issue des barrages. Quels seront vos défis au premier tour ?

C’est un groupe difficile. Le match contre l’Angleterre sera le match le plus compliqué. Les Anglais auront l’avantage de jouer à domicile, mais la pression sera d’autant plus forte sur eux. Ce n’est pas toujours évident à gérer. Nous les avons déjà battus à Wembley, en 2007. Nous allons tenter de renouveler l’exploit. Mais il y a d’autres rencontres importantes. La République tchèque est une équipe solide et notre troisième adversaire, quel qu'il soit, nous posera certainement des problèmes. Notre objectif est de nous qualifier pour la phase suivante. Nous essaierons alors de recréer la magie qui nous avait permis d’aller si loin en Russie. Nous ne faisons pas partie des favoris, mais ça ne signifie pas grand-chose. Nous arrivons avec la conviction de pouvoir battre n’importe qui, à l’image de huit ou neuf autres pays. Tout ceci devrait nous offrir un tournoi passionnant.

Vous avez reçu des offres depuis la Coupe du Monde. Pourquoi être resté la tête de la sélection ?

J’apprécie ma fonction. Après la Coupe du Monde, je savais parfaitement que je ne pourrais jamais faire mieux, à moins de gagner l’Euro, mais j’avais le sentiment de devoir quelque chose à mon équipe et à nos supporters. Nous avons reçu tellement d’affection et d’amour de leur part que je me devais de penser à eux. Pour un entraîneur, il n’y a pas plus grand honneur que de diriger l’équipe de son pays. Ça n’a pas de prix. Il y aura toujours d’autres offres, mais se trouver en position d’apporter des moments de bonheur extraordinaires à tous vos compatriotes, c’est quelque chose d'inestimable.

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