Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Demichelis en terrain connu

Membre inamovible du onze de Diego Maradona à Afrique du Sud 2010, il a signé un but et se prépare à disputer un quart de finale contre la grande Allemagne... S'il avait entendu ce compte-rendu alléchant au moment de sa mise à l'écart avant l'édition 2006, Martín Demichelis aurait sûrement cru à une blague de mauvais goût.

Passé du statut du banni à celui du joueur réussissant le tournoi quasi parfait, le défenseur du Bayern Munich a pu constater le changement de visage de la sélection albiceleste ces derniers mois. La FIFA a obtenu un entretien exclusif avec cet homme très exigeant avec lui-même. Pour nous, Micho évoque ces sujets ainsi que l'adversaire de l'Argentine en quart, une équipe dans laquelle il compte quelques-uns de ses coéquipiers bavarois.

D'un point de vue personnel, comment jugez-vous votre performance dans cette Coupe du Monde de la FIFA ?D'un point de vue personnel ? Je ne joue pas au tennis ou au golf. C'est un sport d'équipe. Il est impossible d'en parler sans raisonner sur le plan collectif. Le groupe a été fantastique : quatre victoires en quatre matches. Comment ne pas être content de la situation actuelle ?

Quelle est la clé du succès ? Il fut un temps où l'équipe était la cible de nombreuses critiques. Elle semble avoir changé aujourd'hui.En Amérique du Sud, la campagne qualificative est très difficile. Il suffit de regarder le tableau des quarts de finale pour se rendre compte que la moitié des équipes viennent de cette zone. Notre jeu et les capacités de Diego Maradona faisaient l'objet de critiques. L'entraîneur a changé, le style de jeu a changé, les joueurs aussi. Ça n'a pas été facile. Mais dès la qualification assurée, l'équipe a gagné en confiance et Diego avec elle. Depuis, on travaille plus sereinement.

Malgré tout, reste-t-il des choses à améliorer ?Jusqu'ici, on a dominé les matches et on n'a encaissé que deux buts. On essaie quand même de progresser dans ce domaine afin que nos adversaires aient encore plus de difficultés à marquer. Personnellement, j'ai connu un moment difficile (une erreur contre la République de Corée, qui a permis à Lee Chung Yong de marquer) car on avait gagné deux matches et moi, je ne pouvais pas profiter pleinement de ce moment-là. Je suis très critique envers moi-même et ça me fait mal de commettre des erreurs. Mais on a gagné ce match et par la suite, j'ai eu l'occasion de me racheter en marquant un but contre la Grèce. Ça m'a mis en confiance.

Parlons de votre prochain adversaire, l'Allemagne. Vous jouez là-bas et vous connaissez le football allemand. Il existe une rivalité historique entre les deux équipes…Quand deux sélections au passé aussi riche s'affrontent, c'est normal, mais il ne faut pas non plus exagérer. Je crois qu'il n'y a pas lieu de s'envoyer des messages par presse interposée. Moi, je préfère garder mon énergie et ma rage pour le terrain, qui reste le meilleur endroit pour faire passer un message.

Il y a trois mois, vous avez justement envoyé un signal fort en battant l'Allemagne 0:1 chez elle...On a fait ce qu'on avait à faire. On a contrôlé le match et le ballon. L'Allemagne est une équipe qui n'aime pas se retrouver sans le ballon. On doit donc l'en priver, tout en prenant les précautions nécessaires car elle possède de très bons joueurs comme Klose, Podolski, Özil, Müller…

*Ce dernier joue avec vous au Bayern Munich. Que pouvez-vous nous dire au sujet de la jeune star allemande ? *C'est un garçon qui a commencé dans les catégories de jeunes du club, il s'est battu pour réaliser ses rêves. C'est ce qu'il a fait cette saison : il a eu l'occasion d'intégrer le onze titulaire de l'équipe première. En plus, il a fait preuve d'une belle constance physique pendant toute l'année. Rares sont les joueurs à pouvoir jouer tous les matches de la saison. En plus, il a démontré son sens du but. Il est toujours à l'affût dans la surface et dans cette zone, il est redoutable.

Vous venez d'un petit village et vous voilà aujourd'hui face à un défi immense. Que reste-t-il à faire pour continuer à écrire l'histoire ?Pour entrer dans les livres d'histoire, on doit aller jusqu'à la finale et la gagner. Mais d'ici là, il nous reste un chemin plein d'embûches, même si on est tout près. J'ai conscience d'être un privilégié et je mesure parfaitement la chance que j'ai d'être ici. Je n'oublierai jamais ça de ma vie.

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