Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

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9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Dwight Yorke sur la défensive

"Il faudra marquer contre le Paraguay", déclare Dwight Yorke, le capitaine de Trinidad et Tobago, à FIFAworldcup.com depuis le camp de base de son équipe, à Rottenburg. Toutefois, malgré le nombre incroyable de buts qu'il a inscrits dans sa carrière et son appartenance de longue date à la prestigieuse famille des artilleurs, ce n'est pas de lui que devraient venir ces buts. Reconverti dans un rôle de récupérateur-meneur de jeu, l'ancien triple champion d'Angleterre avec Manchester United fait actuellement preuve d'une polyvalence surprenante.

Après avoir attaché le cadenas de son vélo (tous les joueurs de Trinidad et Tobago se rendent à l'entraînement à vélo ; une influence néerlandaise sans doute héritée du sélectionneur Leo Beenhakker), le joueur de 35 ans parle de son nouveau rôle, du conte de fées trinidadien et du besoin de marquer contre le Paraguay le 20 juin prochain à Kaiserslautern.

Pour ceux qui ont connu Dwight Yorke dans un rôle d'attaquant pur et dur, son nouveau rôle de milieu défensif a de quoi choquer. Comment s'est faite cette mutation et d'où vient cette idée ?

Cela provient de mon expérience avec le Sydney FC (en Premier League australienne), où ma position sur le terrain a énormément évolué. Je suis tantôt au milieu, tantôt en pointe. Avec mon expérience et ma connaissance du jeu, je trouvais qu'il serait plus intéressant pour moi, en tant que capitaine, de toucher plus de ballons, d'organiser le jeu et d'occuper un rôle dominant au centre du terrain. Évidemment, cela implique un jeu plus défensif et un tacle de temps à autres, mais c'est la vie (rires).

Je ne suis plus aussi rapide qu'avant. Je trouvais juste que je serais plus utile un peu en retrait, même si je sais que je pourrais encore faire des dégâts à la pointe de l'attaque. J'aime jouer en équipe et faire les passes décisives, alors je ne me plains pas.

En avez-vous parlé avec le sélectionneur Beenhakker avant le début du tournoi ?

Je ne savais pas du tout quels étaient ses projets à mon égard. Je savais qu'il avait une idée derrière la tête, mais je ne savais pas quoi. En tant que sélectionneur, il aime garder le contrôle. Parfois, vous ne savez pas à quoi il pense, mais vous pouvez être certain qu'il pense à quelque chose de bon pour l'équipe. Je n'ai pas été surpris. Le fait qu'il ait assez d'estime pour moi pour me confier un poste aussi crucial dans ce tournoi, je l'ai pris comme un compliment.

Quelle est votre opinion générale après le match nul arraché contre la Suède (0-0) et la défaite concédée contre l'Angleterre (0-2) ?

L'un dans l'autre, on est plutôt satisfait. On savait qu'on devrait rester organisé et patient pendant ces deux rencontres. On savait qu'on affronterait des adversaires de qualité et de nombreux joueurs considérés comme des stars. Cependant, contre la Suède, notre équipe m'est apparue comme un groupe solidaire qui avait soudain mûri et qui voulait bien faire.

On a gardé la même attitude face à l'Angleterre et on a essayé de les empêcher de jouer. On a réussi à leur résister pendant 83 minutes et quand j'y repense, je me dis qu'on méritait vraiment un point. On était un peu déçu par le résultat et en même temps satisfait des progrès effectués.

Contre la Suède, Cornell Glen a frappé la barre transversale. Contre l'Angleterre, l'effort de Stern John a été stoppé au dernier moment par un John Terry très impressionnant. Il semble que vous soyez de plus en plus proche de marquer votre premier but. Croyez-vous que le déclic va se faire contre le Paraguay ?

Il le faut ! Il faut gagner ce match pour avoir un très mince espoir de disputer les huitièmes de finale. On était censé être le petit poucet de la compétition et tout le monde nous voyait déjà éliminés aujourd'hui. Toutefois, contrairement à cinq ou six autres équipes, l'espoir nous est toujours permis. C'est très excitant de penser que cette petite équipe a toujours une chance de passer au tour suivant. On sait qu'on doit attaquer et on va le faire. On n'a pas d'autre choix que de se battre et de marquer notre premier but.

Avery John sera de retour de suspension, mais on vient d'apprendre que le défenseur central Cyd Gray s'est blessé au genou et sera forfait pour le match contre le Paraguay. Qu'en pensez-vous ?

C'est génial de récupérer Avery John pour sa rigueur défensive. Cela signifie aussi que Carlos Edwards va pouvoir reprendre sa place sur le couloir. Néanmoins, l'absence de Cyd Gray, déterminant dans notre défense, sera une grosse perte pour nous. On va juste devoir se battre comme on a l'habitude de le faire et j'espère que les nouveaux montreront ce dont ils sont capables. On ne sait jamais, il suffit parfois qu'on lui laisse sa chance pour que l'homme providentiel apparaisse.

Dans une interview récente, Shaka Hislop a qualifié Leo Beenhakker de "combinaison parfaite entre organisation et décontraction". Partagez-vous son point de vue ?

C'est une excellente description de notre sélectionneur. C'est un très grand professionnel qui inspire le respect, mais en même temps il sait qu'on est humain et il essaie de trouver le juste milieu. Il y a un climat de respect mutuel entre lui et les joueurs et jusqu'à présent tout le monde adhère à ses méthodes.

Vous devez ressentir que vous êtes devenus les petits préférés d'Allemagne 2006, n'est-ce pas ?

C'est un sentiment vraiment spécial. On est vraiment des gens bien et je crois que les gens de Rottenburg et de l'Allemagne en général l'ont bien compris. On est un peuple détendu. On s'entend bien avec tout le monde, dans toutes les circonstances. On a été très bien accueilli par tout un pays ; c'est vraiment fantastique. Quand un pays aussi petit que le nôtre fournit un tel effort pour faire bonne figure, je comprends que les gens nous encouragent.

Vous avez remporté la Ligue des Champions de l'UEFA, le championnat d'Angleterre et la FA Cup avec Manchester United. A quel niveau se situe le 0-0 obtenu face à la Suède, pour vous, en termes d'importance ?

Honnêtement, cela se situe parmi les grands moments de ma carrière. Le maillot de Trinidad et Tobago rend cet exploit encore plus spécial. Un pays minuscule a réalisé un grand exploit ce jour-là et je suis fier d'y avoir participé.