Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™

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21 novembre - 18 décembre

Qatar 2022 - Égypte

El Badry : "L'Égypte doit retrouver un rang digne de son passé"

Egyptian national team coach Hossam Al-Badri
  • Première partie de notre entretien avec le sélectionneur égyptien Hossam El Badry
  • Il revient sur les raisons qui ont poussé les dirigeants égyptiens à le choisir
  • Il livre son opinion sur les adversaires de l’Égypte dans la course à Qatar 2022

En 2018, l’Égypte a mis fin à 28 ans d’absence en phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA™, après leur première participation en 1990. Les Pharaons espéraient alors un retour au sommet de la hiérarchie africaine, mais l’élimination surprise en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2019 sur ses terres, a douché leur enthousiasme.

Au lendemain de cet échec retentissant, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer des changements. Le sélectionneur Javier Aguirre a été remercié et l’idée de nommer un entraîneur égyptien a fait son chemin. La Fédération égyptienne (EFF) s’est donc lancée dans la recherche d’un entraîneur renommé, titré et capable de gagner le respect des joueurs.

Hossam El Badry répondait à tous ces critères. Le technicien de 60 ans s’est fait un nom à Al Ahly, où il a officié en tant qu’adjoint de Manuel José durant l’âge d’or des Diables Rouges, avant de prendre seul les commandes. Il a lui-même collectionné les succès avec le géant du Caire, au point d’être considéré comme l’un des meilleurs stratèges du pays.

El Badry a pris ses fonctions en septembre 2019 à l’occasion des qualifications pour la CAN 2021. Depuis, il continue de dérouler son projet sur deux ans. Au micro de FIFA.com , il évoque sa nomination, ses objectifs et ses observations sur les futurs adversaires de l’Égypte dans les qualifications pour la Coupe du Monde.

M. El Badry, qu’avez-vous ressenti lorsque les dirigeants de l’EFF vous ont contacté pour devenir sélectionneur ?

J’étais fou de joie. Ça faisait longtemps que j’attendais ce moment. À chaque fois que je passais devant le siège de l’EFF, je priais pour qu’on me donne ma chance. C’est un grand honneur. En tant qu’entraîneur, ce poste constitue le point d’orgue d’une longue et riche carrière. J’espère mener à bien cette tâche difficile, mais ô combien gratifiante.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en votre faveur ?

J’ai pu exposer mes idées et mes méthodes de travail lors de plusieurs réunions. J’ai proposé des objectifs importants, à commencer par la qualification pour la Coupe du Monde 2022 et la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Je veux aussi construire une équipe qui s'inscrira dans la durée. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai un bon CV. J’ai commencé ma carrière il y a 32 ans et j’ai gagné 32 titres, dont dix en tant qu’entraîneur principal !

Vous succédez à cinq techniciens étrangers. Les supporters sont-ils prêts à soutenir un entraîneur égyptien ?

Nos plus grands succès, nous les devons à des Égyptiens : le regretté Mahmoud El Gohary nous a ramenés en Coupe du Monde après des décennies d’absence et Hassan Shehata nous a offert trois titres continentaux de suite. Ils ont donc de bonnes raisons d’être optimistes. Nous sommes conscients de l’ampleur de la tâche, mais nous voulons retrouver un rang digne de notre passé. Pour ça, j’aurai besoin du soutien de tout le monde, à commencer par celui des supporters. En tout cas, je peux leur promettre que notre équipe technique fera tout son possible pour réussir et faire honneur à nos couleurs.

Après l’élimination en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, comment restaurer la confiance des joueurs et des supporters ?

Le moral était au plus bas après ce revers, mais je sais aussi que la pression était énorme. Notre premier objectif était de retrouver un état d’esprit conquérant. Je suis certain que nos joueurs ont des ressources mentales importantes car ils ont déjà connu des périodes semblables. Ils ont des qualités qui les aideront à rebondir. J’ai une totale confiance en leur capacité à assumer leurs responsabilités.

Entraîner une sélection est différent que de travailler en club. Comment comptez-vous gérer cette situation ?

Tous les sélectionneurs aimeraient avoir plus de temps pour travailler avec leurs joueurs, ou pour mieux faire passer leur message. Je vais essayer de contourner ce problème en m’appuyant sur les qualités psychologiques et le professionnalisme de mes hommes. Nos internationaux ont de l’expérience et ils sont capables de comprendre rapidement ce que nous attendons d’eux.

Egyptian national team coach Hossam Al-Badri

Comment jugez-vous vos premiers matches officiels disputés moins de deux mois après votre nomination ?

Le calendrier aurait pu être plus favorable. Tout le monde a compris que je n’avais eu que peu de temps pour préparer ces matches de qualification pour la CAN. La recherche d’un nouveau sélectionneur s'est révélée plus longue que prévu, et le football en Égypte a été suspendu pendant 40 jours, ce qui a eu un impact négatif sur le physique et le mental des joueurs. En plus, nous n’avons pas eu de chance avec les blessures. J’ai convoqué 35 joueurs pour le premier stage, ce qui a suscité un certain étonnement. Je pense néanmoins avoir fait le bon choix. Nous sommes déçus des deux nuls concédés, mais nous restons optimistes quant à nos chances de qualification.

Dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™, l’Égypte affrontera le Gabon, l’Angola et la Libye. Comment jugez-vous ce groupe ?

Nous ne pouvons pas nous permettre de sous-estimer nos adversaires. Les écarts ne cessent de se resserrer en Afrique. Les internationaux expatriés ont permis à beaucoup d’équipes de progresser. Après notre triomphe en CAN 2010, nous n’avons pas réussi à nous qualifier pour l’édition suivante, alors que nos adversaires étaient abordables. Nous avons de bons joueurs basés en Europe actuellement. Nous pouvons donc espérer franchir ce premier obstacle et atteindre le tour final.

La participation de l’Égypte à Russie 2018 et le statut de favori ne risquent-ils pas de générer trop de pression ?

J'ai déjà connu des situations similaires par le passé. J’ai remporté la Ligue des champions et le championnat d’Égypte et à chaque fois, je n’avais qu’une envie : relever de nouveaux défis et faire encore mieux la saison suivante. Parfois, la pression est plus forte, mais l'essentiel est justement de savoir s'en servir pour pousser les joueurs à se dépasser. Il faut les encourager à toujours se battre pour atteindre, voire dépasser les objectifs qu’ils s’étaient fixés.

Selon quels critères allez-vous élaborer la reconstruction de votre équipe ?

Notre équipe technique a mis en place un système pour suivre tous les candidats potentiels. Nous évaluons leur développement physique et technique. Tout le monde peut prétendre à une place dans mon équipe et je sais parfaitement que tous les Égyptiens rêvent de représenter leur pays. Nous avons déjà donné une chance à de jeunes joueurs et la porte restera ouverte pour tout le monde. Nous voulons intégrer des jeunes, mais aussi conserver des cadres expérimentés. Nous espérons résoudre ainsi une équation difficile : mettre en place une équipe compétitive, capable de durer dix ans. Nous devons atteindre et maintenir un haut niveau de performance, en nous adaptant aux exigences techniques du football moderne.

La deuxième partie de cet entretien est disponible ICI

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