Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™

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21 novembre - 18 décembre

Qatar 2022 - Égypte

El Badry : "Salah est conscient de ses responsabilités"

Egyptian national team coach Hossam Al-Badri
  • Dans cette deuxième partie, El Badry évoque sa carrière d’entraîneur et ses modèles
  • Il revient sur le rôle des internationaux expatriés et dévoile ses projets pour Salah
  • Il tire le bilan de son passage à Al Ahly et décrit l’expérience acquise au Caire

Dans la deuxième partie de cet entretien accordé à FIFA.com, le sélectionneur égyptien Hossam El Badry revient sur les expériences qui l’ont marqué, mais aussi sur les personnalités qui ont influencé sa carrière et l’ont incité à se lancer dans le métier d’entraîneur. Il évoque également son passage sur le banc d’Al Ahly, un club qu’il considère comme sa deuxième famille. En tant que joueur, assistant ou entraîneur, il a passé plus de 40 ans chez les Diables Rouges. Il s’attarde en outre sur le rôle essentiel joué par les internationaux expatriés en Europe et sur la façon dont il échange avec eux. Enfin, il nous en dit un peu plus sur Mohamed Salah, en qui il voit un exemple à suivre pour la jeunesse égyptienne et africaine.

M. El Badry, vous avez dû mettre un terme à votre carrière de footballeur à 25 ans. Avez-vous immédiatement pensé à devenir entraîneur ?

J’ai subi une rupture des ligaments croisés qui m’a obligé à raccrocher les crampons. Au milieu des années 1880, on ne se remettait pas d'une telle blessure. À l’époque, je jouais à Al Ahly et en équipe d’Égypte. J’avais de grandes ambitions. Malheureusement, tout est parti en fumée en l’espace d’un instant. Mais je suis un homme qui aime les défis et je ne suis pas du genre à renoncer. J’ai donc décidé de devenir entraîneur. Deux d’entre eux m’ont donné envie d’embrasser cette carrière. Le regretté Mahmoud El Gohary et à Fouad Shaban, qui travaillait comme adjoint de l’ancien international hongrois Nandor Hidegkuti. J’ai eu la chance de les croiser tous les deux lorsque je suis arrivé en équipe première à Al Ahly. Un jour, j’ai discuté tactique et style de jeu avec Shaban, qui m’a dit que je ferais un bon entraîneur. Mais je ne me doutais pas que ma carrière s’arrêterait aussi rapidement et que je me retrouverais à entraîner aussi tôt.

En tant qu'entraîneur, quelle est votre philosophie ?

La personnalité est un ingrédient crucial de la recette du succès. Notre métier ne se résume pas aux titres ; il faut gagner le soutien et la confiance des joueurs et des dirigeants. Le football a énormément progressé sur le plan technique, physique, psychologique et même administratif. Il est pratiquement devenu une science. Pour se perfectionner, les entraîneurs doivent sans cesse acquérir de nouvelles connaissances. C’est là qu’interviennent le sens de l’innovation et la mise en place de nouveaux styles de jeu. Les meilleurs entraîneurs développent une stratégie, puis ils travaillent avec leurs joueurs sur le plan psychologique et technique afin de la perfectionner. Il faut donc que l’homme en charge de l’équipe soit à la fois charismatique et efficace.

Egyptian national team coach Hossam Al-Badri

Plusieurs de vos joueurs sont basés en Europe. Est-ce un atout ?

C’est une bonne chose, notre équipe nationale a tout à y gagner. Il est important de les voir jouer, progresser, et acquérir de nouvelles expériences. Leurs performances en sélection refléteront naturellement cette évolution. J’espère que d’autres Égyptiens auront l’occasion de partir à l’étranger pour découvrir ce qu’est le vrai professionnalisme.

Comment utiliser au mieux Mohamed Salah en sélection pour lui permettre d’évoluer au même niveau qu’à Liverpool ?

Il s’est hissé au plus haut niveau et beaucoup d’Égyptiens le considèrent comme une légende vivante. Il fait figure d’exemple à suivre dans le monde arabe et en Afrique. Il incarne l’ambition, le travail et la persévérance. Je sais qu’il aime beaucoup les défis et qu’il est très attaché à l’équipe nationale. Il est parfaitement conscient de ses responsabilités. Il est la clé de voûte de notre équipe mais je ne veux pas le surcharger. Le football est un sport collectif, j'aime que chacun sache ce qu'on attend de lui. Les joueurs ont des obligations offensives et défensives. La réussite de l’un d’eux rejaillit naturellement sur les autres. En sélection, il n’y a pas de place pour l’individualisme.

Qu’en est-il des autres internationaux qui évoluent en Europe ?

Nous sommes en contact régulier avec eux. Nous sommes là pour les soutenir et les encourager. Ahmed Hegazy, qui joue à West Bromwich Albion, réussit de belles choses depuis son retour de blessure. Il est très professionnel et il a un bel avenir C’est un membre important de l’équipe. Trézéguet, d'Aston Villa, a beaucoup progressé depuis son arrivée en Premier League. Il a encore une bonne marge de progression, mais il a tout ce qu'il faut pour aller encore plus loin. Ahmed Elmohamady, Mohamed Elneny et Ahmed Hassan Kouka ont aussi de la valeur à nos yeux et nous comptons sur leur aide pour les prochaines échéances. Kouka est un très bon attaquant et nous manquons d’options à ce poste. Je veux que tous les attaquants redoublent d’efforts pour se faire une place en sélection. La porte est ouverte pour tous les joueurs qui se montrent dignes de porter le maillot de l’Égypte.

Comment décririez-vous votre relation avec le club d'Al Ahly ?

C’est l’histoire d'une vie. J’ai passé plus de 40 ans dans ce club extraordinaire et je n’oublierai jamais tous les bons souvenirs qui nous lient. Avec Al Ahly, j’ai appris la patience, la persévérance et l’importance du travail au quotidien. J’ai aussi appris le sens du mot sagesse et découvert qu'il fallait assumer ses responsabilités dans toutes les situations. Al Ahly est synonyme de succès et de titres. Ici, on ne se contente pas d’atteindre le sommet ; on veut y rester. J’étais un jeune joueur quand j’ai découvert ce club. J’y ai commencé ma carrière d’entraîneur. Mon but a toujours été de lui rendre un peu de ce qu’il m’avait donné. Pendant des années, j’ai fait mon possible pour gravir les échelons et l’aider à remporter de nouveaux titres. Je n’ai jamais rien laissé au hasard car je voulais absolument faire partie de l’histoire de ce magnifique club.J’ai croisé une génération exceptionnelle, qui a dominé le football égyptien et africain. En tant qu’entraîneur, je suis extrêmement fier d’avoir contribué à son ascension. Je dois tout à ce club.

La première partie de cet entretien est disponible ICI

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