Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

L'Espagne a rendez-vous avec l'histoire

Emilio Butragueno of Spain consoles a teammate at Mexico 1986
© Getty Images

Le 16 juin dernier, les joueurs espagnols quittent le vestiaire du stade de Durban la tête basse, visiblement peu pressés d'expliquer aux journalistes présents comment les champions d'Europe en titre ont pu mordre la poussière dès leur entrée à lice, face à la Suisse. Pourtant, aucun d'entre eux n'affiche cette expression de désarroi caractéristique des équipes qui ont manqué leurs débuts. Au contraire, du stratège Xavi au jeune Pedro, en passant par le guerrier Carles Puyol, tous semblent sûrs de leur fait. "C'était un match bizarre", lâche David Villa au micro de FIFA.com.

Malgré ses douze participations à la phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA, l'Espagne a souvent cédé sous les poids des attentes. Tous les quatre ans ou presque, la *Roja *débarque avec le statut de favori. Tous les quatre ans, elle quitte prématurément la compétition...

La courte défaite (0:1) concédée face à une sélection helvète très défensive aurait donc pu être interprétée comme le dernier épisode d'une longue série de rendez-vous manqués. Mais, cette fois, les Espagnols ont su faire face à l'adversité. Ils ont retrouvé ce football plein de maîtrise qui leur avait permis d'être sacrés champions d'Europe deux ans auparavant, en Autriche et en Suisse. L'Allemagne, le Paraguay et le Portugal en ont fait les frais.

"La défaite nous a rendus plus forts"
A l'heure d'aborder la finale, l'Espagne semble avoir définitivement vaincu ses vieux démons. "Cette défaite contre la Suisse nous a rendus plus forts", assure Fernando Llorente. Il y a quatre ans, le grand avant-centre découvrait l'équipe première de l'Athletic Bilbao. A cette époque, l'Espagne survole les débats au premier tour d'Allemagne 2006 avant d'être fauchée en plein vol par la France, dès les huitièmes de finale.

Incontestablement, Carles Puyol a été l'un des grands artisans du renouveau espagnol. Il faut dire que le défenseur barcelonais a connu bien des déboires, avant de goûter enfin au succès en sélection. En 2002, malgré la présence dans ses rangs de Raul et Fernando Hierro, l'Espagne s'incline face à la République de Corée en quart de finale, à l'issue de la séance de tirs au but. A 32 ans, Puyol incarne désormais cette *Roja *qui ne veut plus se contenter d'aligner les joueurs de talent. Son coup de tête rageur et victorieux contre l'Allemagne marque peut-être la fin d'une époque.

David Villa a lui aussi brillé tout au long du tournoi. Déjà auteur de cinq réalisations en six matches, il pourrait bien repartir d'Afrique du Sud avec le titre de meilleur buteur. Le néo-Barcelonais est né à Langreo, dans les Asturies. Luis Enrique est lui aussi originaire de cette région minière. On se souvient qu'en 1994, l'homme à tout faire du Real Madrid et du *Barça *s'était cassé le nez dans un choc avec l'Italien Mauro Tassotti et avait perdu près d'un demi-litre de sang dans l'affaire. Quatre ans plus tard, l'Espagne arrive en France avec de grandes ambitions, ce qui ne l'empêche pas de mordre la poussière dès son entrée en lice (2:3) contre le Nigeria. Après le nul concédé au Paraguay, les Espagnols se livrent à une véritable démonstration offensive contre la Bulgarie (6:1), malheureusement en pure perte.

Les rois du premier tour
Fernando Torres, Pedro et Cesc Fabregas n'étaient même pas encore nés la dernière fois que l'Espagne a organisé le tournoi, en 1982. Une fois de plus, supporters et médias attendent beaucoup d'une équipe qui ne compte pourtant qu'une seule demi-finale à son actif, en 1950. José Santamaria, vétéran de la Coupe du Monde de la FIFA 1962 au Chili, peine à convaincre et son équipe en laisse plus d'un sceptique. Le doute ne tarde pas à s'installer dans le camp espagnol. La défaite face à l'Irlande du Nord met rapidement un terme aux derniers espoirs d'une sélection incapable de franchir le premier tour.

En 1986, le monde n'a d'yeux que pour Emilio Butragueño et Míchel, les deux stars du Real Madrid. Mais après avoir écrasé le Danemark 5:1, la *Roja *perd une nouvelle fois le fil de son jeu. Malgré d'incontestables qualités individuelles, elle s'incline aux tirs au but en quart de finale devant la Belgique d'Enzo Scifo. Italie 1990 confirme la tendance : l'Espagne brille au premier tour mais quitte le tournoi dès les huitièmes de finale, sortie par une équipe de Yougoslavie emmenée par Dragan Stojkovic.

Toutes les théories ont été avancées pour tenter d'expliquer l'incapacité de l'Espagne à justifier sa réputation sur la scène mondiale. On a ainsi évoqué des clans et des tensions nées de la forte rivalité qui oppose les joueurs du Real Madrid à ceux du FC Barcelone. Le fort sentiment d'appartenance régionale, qui constitue l'une des caractéristiques de la vie publique espagnole, a sans doute aussi joué un rôle. Peut-être faut-il voir dans ces échecs la marque de la malchance ou d'un mental vacillant.

Quelles que soient les véritables causes de cette série noire, la *Roja *version 2010 semble avoir été épargnée. Modestes, talentueux et dotés d'un sang-froid extraordinaire, même dans les situations les plus difficiles, les Espagnols ont apparemment trouvé la solution de l'énigme. "Nous avons prouvé que nous étions capables de nous sublimer dans les moments importants", confirme Villa. De toute évidence, il n'y a pas de place dans l'esprit de l'attaquant pour le long et douloureux passé de l'Espagne en Coupe du Monde de la FIFA.

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